‹ Abrégé de théologie dogmatique et moraleChapitre 297 sur 459 · LES VICES · texte numérisé non relu

LES VICES

une ivresse formelle, excepté dans le cas, où ce serait nécessaire, pour lui faire éviter un crime plus grand, auquel il serait déterminé, un homicide par exemple. Il n'est pas permis non plus de s'enivrer directement soi-même, pour subir une opération chirurgique ; mais dans ce cas, on ne regarde pas comme une ivresse coupable, le sommeil procuré par l'opium, l'éther, etc.

afin d'apaiser les douleurs. Il est permis toutefois, pour se guérir d'une maladie, de boire comme remède^ du vin généreux, lors même que l'ivresse devrait en résulter. Voirn° 1832. Quand l'ivresse n'est que matérielle dans un autre, il faut aussi une raison grave pour qu'il soit permis de la procurer ; on ne peut non plus sans raison grave fournir à quelqu'u n l'occasion de s'enivrer. Mais dans ces deux derniers cas, une raison sérieuse excuse plus facilement. Y. no2463.

En pratique il faut exiger des ivrognes, qu'ils fuient les compagnies et les lieux où Hs s'enivrent d'ordinaire, qu'ils ne boivent jamais sans manger, et (fu'ils s'habituent à mettre de l'eau dans leur vin.

'■2Ï61. II. Les rkjetons de la gourmandise et de l'ivresse sont : l'obscurcissement de l'esprit, la joie insensée, la roluhUité des paroles, les hou/fonneries, les discours déshonnêtes et l'impureté.

2168. III. Les remèdes sont la fuite des occasions, la soustraction fréquente de quelques mets ou hois.'^ons agréables; la considération des exemples de N.-S.

qui a eu soif sur sa croix, et la prière avant les repas.

Art. III. — De la luxure.

2169. Sa NATURE. C'est l'appétit déréglé des plaisirshonteux.

La luxure est mortelle de tout son genre, quand elle est directement voulue; si elle n'est voulue qu'indirectement, v. n" 1832 et suiv.

2170. II. Ses rejetons sont ; 1» ducôté de l'intelligenreA )\'aL\eug\ementi\eVesprit, 2) la précipitation, 3) l'inconsidération, 4) l'inconstance ; 2° du côté de laiiolonté,i) l'amourdesoi. 2) la haine de Dieu, o) l'affection pour la vie présente, 4) l'horreurde la vie future.

2171. III. Remèdes: la fuite des occasions et de l'oisiveté. Il est à remarquer que les tentations contre la pureté ne doivent pas être combattues de front, c'est-à-dire en faisant attention à elles, et en les regardant en face pour les vaincre ; mais plutôt en faisant diversion, en travaillant, en se distrayant et en ne reslant pas seul en face de soi-même. Il en est souvent de même des tentations de gourmandise.

Autres remèdes : la prière fréquente et surtout la dévotion cnverslaSte Vierge, la fréquentation des sacrements, surtout du sacrement de pénitence sans changer facilement de confesseur, la vigilance sur ses yeuxel la tempérance.

Art. IV. — De l'avarice.

2172. Sa nature. C'est un amour désordonné des richesses. De son genre, elle est vénielle; par accident elle devient grave, si à cause d'elle on transgresse gravement la loi de Dieu.

2173. H. Ses rejetons, sont: \o l'inquiétude de l'esprit, 2" l'endurcissement du cœur, ;>" la violence, 4° la perfidie qui ne respecte pas la parole donnée et qui prend le nom de tromperie si on emploie la ruse, et de parjure si on se sert du serment pour tromper, o" la trahison, ou d'un secret, ou d'une personne, ou d'une chose, par exemple si un soldat indique à l'ennemi le moyen d'entrer dans une place.

2174. III. Lesremèdes sont l'aumône faite fréquemment, la méditation de la vanité des biens de ce monde, et des exemples de J.-C.

Art. V. — De la paresse.

2175. Sa nature. La paresse strictement dite dont nous parlerons au n° 2255 est mortelle de son genre. Prise dans un sens plus large, la paresse est une certaine lâcheté à accomplir les devoirs de son état, à cause de la peine qui y est attachée ; elle est grave par accident, si elle fait négliger des devoirs sérieux.

2176. II. Ses rejetons sont ; le désespoir, la pusillanimité, la torpeur

LES VICKS

à faire ce qui est commandé, la rancune contre ceux qui nous excitent aux choses spirituelles, la nui lice qui déteste les choses spirituelles, qui s'attriste de la vie. de la connaissance de N.-S., du bien qui se fait, ou qui est ordonné, et la diraijation dr l'esprit.

2177. m, l.i:s REMÈDES sont la méditation de la brièveté de la vie, de la récompense éternelle, des travaux de J.-C. et des suints. Les exercices spirituels qui renouvellent la ferveur, ont aussi une grande portée, car la tiédeur est très funeste à la vie chrétienne.

Art. VI. — De l'envie.

2178. Sa nature. L'envie c'est la tristesse que nous concevons du bien d'un autre, en tant que ce bien diminue le nôtre propre. Ce n'est donc pas de l'envie de s'attrister du bien d'un autre, parce que cet autre est noire ennemi, mais c'est de la haine. Ce n'est pas de l'envie non plus de s'attrister des biens d'un autre, parce qu'il est indigne de les posséder, ou parce qu'on craint qu'il ne s'en serve pour nuire, ou parce que les biens qu'un autre possède ne peuvent pas être possédés par celui qui les désire, pourvu qu'on s'attriste non des biens de l'autre, mais de la privation de ces biens. Dans ce dernier cas, c'est de l'émulation, qui est permise, si elle se tient dans de justes limites.

Si on s'attriste parce qu'on craint que son propre bien ne devienne celui d'un autre, sans s'attrisler du bien de l'autre, c'est la jalousie, qui dans cerlaines limites n'est pas un péché. L'essence de l'envie est donc dans la tristesse du bien du prochain^ en tant qu'il appartient à un autre, et en tant qu'il élève le prochain au dessus de lenvieux. L'envie est mortelle de non genre, si le bien dont on s'allriste est grave, et si elle produit des elTels graves.

2179. II. Les rejetoxs de l'envie sont : les murmures en secret, la détraction en public, la joie dans les adversités du prochain, l'afiliclion dans ses prospérités, et enfin la haine.

2180. III. Les uemicdes sont l'exercice de la charité, en voyant N.-S.

dans le prochain, et la méditation de la honte et de l'inutilité de l'envie.

Art. VII. — De la colère.

2181. I. Sa nature C'est le désir désordonné de la vengeance. L'habilude de la colère prend le nom d'irascibUiic. Si le désir de la vengeance est dans l'ordre, c'est-à-dire s'il vient de l'amour de la justice, ou de l'intention de corriger le coupable, il n'est pas un péché.

Il est désordonné, 1° de la part de robjet, si on cherche à se venger d'un innocent, ou à punir trop durement un coupable, ou si on poursuit la vengeance, non en tant qu'elle est juste, mais pour satisfaire un sentiment de malveillance; et pour lors elle est mortelle de son genre. 2° De la part du mode, si on est trop ému intérieurement, et trop emporté extérieurement dans les maniteslations de celte passion ; et sous ce rapport la colère est légère de son genre; et elle peut devenir mortelle par accident.

Souvent néanmoins les tnouvciTients de colère manquent de l'advertance nécessaire pour pécher mortellement.

2182. II. Les rejetons de la colère sont l'indignation, l'enflure du cœur,

3ui fait qu'on se remplit l'esprit d'idées e vengeance et des moyens de se venger, les clameurs, les blasphèmes, la contumélie, ou les outrages, les rixes.

2183. III. Les remèdes sont la méditation de la douceur de N.-S. dans sa passion, le silence, quand la colère bouillonne, l'exercice de l'humilité.

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