TRAITÉ I. DES LOIS GÉNÉRALES DIVINES, OU DU DEGALOGUE
2185. Parmi les lois générales divines, les unes sont naturelles comme le décalogue ; les autres sont positives, comme celles qui regardent les sacrements, (nous en avons traité du n» 75Ù, au n» 1698), et comme celles qui regardent les vertus théologales :
ces dernières trouvent leur place dans ce traité du décalogue, car elles se rapportent au premier précepte.
Si lous voulez entrer dans la vie, a dit N.-S., obaervez les conimandemenls. Ces commandements, bien que Dieu les ait donnés d'une manière positive, et par une révélation formelle à son peuple, sur la montagne du Sinaï, appartiennent tous à la loi naturelle, excepté la circonstance du jour du Sabbat. Ils sont au nombre de dix, (jue la Ste Ecri-
ture formule ainsi : Voas n'aurez point devant moi de dieux étrangers. — Vous ne jwendrez pas en vain le nom du Seigneur, votre Dieu. — Souvenez-vous de sanctifier le Sabbat. — Honorez votre père et votre mère. — Vous ne tuerez pas. — Vous ne commettrez point d'adultère.— Vous ne commettrez point de vol. — Vous ne ferez point de faux témoignage contre votre prochain.
— Vous ne désirerez point la maison, ni la femme de votre pruchain. Ex. XX, 3, et suiv.
Voilà le Code de tous )e plus court et le plus complet; car il comprend tous les droits et lous les devoirs.
218(). Le droit est une facuilé, un pouvoir inorai, que l'être intelligent a sur ce qui lui appartient, ou sur ce qui lui est dû en quelque manière. Si ce qui lui est dû, lui est dû par justice.
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c'est le droit >ityict : dans les autres cas, le droit n'est que moral, et ne peut pas être striclemenlexigé. Le pauvre n'a qu'un droit moral à l'aumône du riche; mais il a un droit strict à l'égard de son débiteur. Le droit n'est donc pas la force physique, qui peut être injuste aussi bien que les actes qu'elle opère. Aussi la proposition suivante est-elle condamnée dans le Syllabus : Le druit consiiite duna un fait matériel: et toua les devoirs des hommes sont un vain nom, et tous les faits hninains ont force de droit. Le droit est un pouvoir moral, que la force physique ne peut, ni entraver, ni atteindre, et qui ne peut résider que dans l'être inlelligenl. Les animaux n'ont donc aucun droit et l'homme n'a à leur égard aucun devoir proprement dit.
2187. Le devoir est, en effet, corrélatif au droit. Le droit ne peut être dans quelqu'un, sans que le devoir soit dans quelqu'autre, et réciproquement; et le devoir est un acte libre imposé, ou défendu par une loi à un être intelligent, à l'égard d'un autre être intelligent. Si le droit est strict, le devoir correspondant s' ai\)pel\e juridiquement moral ; dans les autres cas, il se nomme simplement moral. Bien que le droit et le devoir existent en même temps, cependant le droit a la priorité, car il est la racine du devoir.
2188. Parmi les devoirs et les préceptes qui les imposent, il y en a qui sont appelés négaUfs, parcequ'ilsdéfendent une chose, Vous ne tuerez pas, par ex. : ils ordonnent l'omission de l'acte défendu. Les autres sont appelés affirmatifs, et ils ordonnent de poser un acte : Honorez votre père.
Les préceples iiégalifs du dccalogue défendant ce qui est inlrin.«équement mauvais obligent toujours el pour loujours, c'està-dire à clia(iiie inslantde la vie; car aucune circonstance ne peut, dans aucun temps, rendre bien ce qui est mal. Les préceptes aflirmalifs obligent aussi loujours ; mais pas pour loujours, pas à tout instant ; maisseuleinentdans le temps et les circonstances voulus.
2180. Le décalogue se divise
en deu.v tables : la première table comprend trois préceples, qui, réunis renferment tous les devoirs naturels de l'homme envers Dieu ; le premier précepte ordonnant la religion envers Dieu renferme les deux autres ; mais à cause de la sainteté du nom adorable de Dieu, le Seigneur a fait un précepte spécial qui ordonne de le respecter; et le troisième précepte a été donné à cause de la nécessité du culte extérieur.
Les sept préceptes de la seconde table comprennent tous les devoirs naturels de l'homme à l'égard de ses semblables. Les préceptes de la première table se rapportent à l'amour de Dieu ; et tous ceux de la seconde, à l'amour du prochain : car c'est de ces deux commandements que dépendent toute la loi et les prophètes, selon le mot de N.-S.
(Mat. XXII, 40).
Nous consacrerons à chacun des dix préceptes un chapitre particulier.