IX
Art. II. — De l'essence physique de Dieu.
282. L'essence physique de Dieu c'est l'ensemble réel de toutes les perfections qui conviennent à sa nature, et qui sont vraiment en elle. Dieu a toutes les perfectians et d'une manière infime, de telle sorte qu'il est infini en tout. C'est philosophiquement certain d'après ce que
nous avons dit au no 280; et théolo.niquement c'est rfg/bi.Pr.l) par l'Écriture : Sa grandeur n'a point de (in. (Ps. CXLIV. 3.) Il est grand et n'a point de fin, il est élevé et immense. (Baruch. III.
25.) Il n'a besoin de personne, puisqu'il donne à tous avec abondance. (Act. XVII. 25.) — 2) par le concile du Vatican : « La sainte Eglise croit... qu'il y a un seul vrai Dieu, vivant. Créateur et Seigneur du Ciel et de la terre, tout-puissant, éternel, immense, incompréhensible, infini dans son intelligence et sa volonlé, et dans toute perfection, qui est une intelligence spirituelle, immuable. ))(C. DeiFilius.
Ch.I).
283. Il faut remarquer que l'homme se fait l'idée de l'infini, par le fini, qui tombe sous ses sens, en écartant par abstraction toute limite du fini. Il n'a donc aucune valeur le raisonnement suivant de Descartes : J'ai l'idée de l'infini, que le fini ne peut me donner ; donc celte idée est innée en moi. Et ce raisonnement faux ruine la preuve la plus claire et la plus- solide de l'existence de Dieu, qui se tire des choses créées. V. n» 269.
284. Par là même que Dieu a des perfections inlinies, il faut en conclure qu'il a toutes celles que nous remarquons dans les Créatures. Notons toutefois qu'entre les perfections, il en est que les philosophes appellent simplement simples, c'est-à-dire sans mélange d'imperfection, comme la bonté ; d'autres sont appelées perfections secundum quid, c'est-à-dire sous un point de vue, parce qu'elles sont mélangées à quelque imperfection, comme le corps, ou le raisonnement qui suppose une imperfection de l'intelligence. Dieu a toutes les perfections simples formellemenl, c'est-à-dire dans toute l'étendue de leur définition, mais d'une manière infiniment plus parfaite et plus éminente ([ue les Créatures. Quant aux perfections secundum quid, il ne les a pas selon le sens de leur définition, mais il les a vi)tuellement puisqu'il les donne aux créatures, et il lea
DIEU
a éminemment, c'est-à-dire d'une manière plus sublime : s'il ne raisonne pas, il voit tout. De là il faut conclure qu'il y a deux voies pour connaître Dieu. Lune s'appelle voie d'affirmation, car par elle nous attribuons à Dieu toutes les perfections des créatures ( t à un degré incomparablement plus sublime; l'autre se nomme voie de négation, car par elle nous écartons de lui toute imperfection.
285. Puisque Dieu a d'une manière infinie toutes les perfections possibles, il en faut conclure que nous devons l'aimer par-dessus tout, si nous avons le gotît du bien et du beau.
La grandeur de Dieu estsansfin, dit saint Augustin : que votre louange soit aussi sans fin.
Mais il est temps d'entrer dans plus de détails en parlant des attributs divins.