‹ Abrégé de théologie dogmatique et moraleChapitre 54 sur 459 · I III. Les Attributs · texte numérisé non relu

I III. Les Attributs

SONT-ILS distincts DE L'ESSENCE DIVINE, ET SONT-ILS DISTINCTS LES UNS DES AUTRES ?

Pour résoudre cette question, il faut remarquer qu'il y a deux sortes de distinction, l'une réelle, qui est vraiment dans les choses, et l'autre logique qui n'est que dans l'esprit. La distinction réelle se subdivise en deux : l'une s'appelle réelle majeure ou plus que modale ; c'est celle qui existe entre deux choses dont ni l'une ni l'autre n'est le mode de l'autre, par ex. : dans les choses créées, entre une substance, et une autre, entre Pierre et Paul, par exemple, ou dans l'homme, entre le corps et l'àme, et en Dieu, entre les Personnes divines^ L'autre s'appelle réelle mineure, c'est celle qui existe entre la substance et son mode, ou entre divers modes de la même substance, par exemple, entre la dimension du doigt et sa courbure. La distinction logique est aussi de deux sortes, l'une est dans l'esprit, mais a son fondement dans Jes choses : par ex. : dans l'àme, qui est simple, la raison trouve la vie végétative, la vie sensitive et la vie intellectuelle ; et en effet l'àme a une vertu capable de produire cette triple vie. Cette distinction s'appelle virtuelle ou de raison raisonnée ; l'autre n'est que dans l'esprit et n'a aucun fondement dans les choses ;par ex. : si ma raison distingue entre Céphas et Pierre. Cette distinction est purement nominale, et s'appelle de raison raisonnante ; on ne peut supposer aucune espèce de distinction qui ne soit comprise dans celles que nous venons d'énuméïer. Cela posé, établissons les propositions suivantes.

290. P. I. Contre Gilbert de la Poirée : Tous les allribuis, divins, soil absolus, soit relatifs ne se distinguent pas réelleniciit de l'essence diriue. C'est de foi définie par le IV*^ Concile de

SES ATTRIBUTS

Latran contre l'abbé Joachim, qui adinellait une distinction réelle entre les Personnes divines et la substance divine. — Pr. L'essence et les attributs, d'après ce que nous avons dit,* sont infinis ; s'ils se distinguent réellement, il y a donc plusieurs infinis, ce qui' répugne. Si les attributs se distinguent de l'essence, comme l'accident de la substance, (V. n^ -iO.), Dieu est donc composé de substance et d'accidents ; et l'absolue simplicité de Dieu, dont nous parlerons au n° 296, est détruite.

291. P. II. Les altribuls de Dieu absolus et lesrelalifs ad extra, ne se (listing ucnl.pasréellenient entre eu.L\ C'est certain de par les mèntMîS preuves que la proposition précédente ; et cela appartient à la foi. Nous ne parlons pas ici des attributs relatifs ad inlra qui feront la matière du Traité de la Trinité.

2U2. P. III. Tous les attributs absolus et relatifs même ad intra se distinguent virtuellement de Vessence divine. C'est certain, quoi qu'en aient pensé les Anoméens" et les Nominaux qui n'admettaient qu'une distinction purement nominale. Pr. 1.) Ça et là l'Ecriture sainte et tous les Tliéologiens parlent de l'essence divine, puis des divers attributs de cette essence, en se servant de termes qui ne sont pas synonymes, et ce n'est pas en se jouant ; donc il y a une distinction entre l'essence et les attributs. 2.) On appelle virtuelle la distinction qui a son fondement dans les choses, or l'essence didivine équivaut et au-delà à ce qui dans les créatures nous apparaît comme distinct ; et dans les choses créées nous distinguons les attributs de l'essence, donc l'essence divine nous fournit un fondement pour la distin-

guer des attributs,

293. P. IV. Les attributs absolus et les relatifs ad exlra sont virtuellement distincts entre eux.

(Nous parlerons au n" 352 des attributs relatifs ad intra). C'est certain de par les mêmes arguments que la proposition précédente. Dans l'unité de l'essence divine, il y a toutes les perfections que la raison perçoit comme distinctes dans les créatures, et qu'elle distingue en Dieu, dont elle ne peut embrasser la vertu infinie dans une seule pensée.

Art. II. Des attributs de Dieu en particulier.

294. § I. Des attributs en repos ET I DE CEUX QUI NOUS PA- RAISSENT EN QUELQUE SORTE PLUS PRÉS DE l'essence DIVINE. —

Tout être est un, vrai, bon et beau. Un être est un, quand il n'est pas divisé en lui-même, car s'il l'était, il ne serait plus un être, mais deux êtres. Un être est vrai en tant qu'il peut être connu par l'intelligence ; il est bon en tant qu'il est l'objet de l'appétit, qui porte vers lui; il est beau, si clans son unité, il laisse resplendir un ordre qui charme celui qui le connaît, lors même que ce dernier ne désirerait pas le posséder. Or Dieu est l'être simplement dit, subsistant par lui-même, excluant tout nonêtre; donc il est souverainement un, vrai, bon, beau; mais entrons dans le détail.

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