‹ Abrégé de théologie dogmatique et moraleChapitre 55 sur 459 · De l'unité de Dieu · texte numérisé non relu

De l'unité de Dieu

De ce que nous venons de dire, il suit que Dieu est un en ce sens qu'iln'estpasdivisé en lui-môme; et en ce sens même un être composé, comme l'homme, est un. L'unité peut être prise dans d'autres sens 1) en tant qu'elle exclut toute composition; et 2) en ce sens qu'elle exclut la pluralité d'êtres de même nature.

DIEU

296. 1). P. I. Dieu est absolument simple. C'est de foi de par le IV^ Concile de Lalran :

« L'essencedeDieu est une, c'est une substance, ou une nature»

tout à (ait simple. » Pr. 1) Dieu est un esprit. (Jean IV. 24.) 2.) La simplicité est la négation de composition ; or, en Dieu, il n'y a aucune composition. En efTet, dans tout composé quelle que soif sa nature, il y a toujours des composants. Le composé est plus parfait que chacun des composants, donc ceux-ci ne sont pas infiniment parfaits ; car s'ils l'étaient, ils n'auraient pas besoin de s'unir à autre chose pour former un être plus parfait ; donc le composé n'est pas infini, car deux choses finies, unies entre elles, peuvent étendre leurs limites, mais non les enlever. Donc il faut exclure de Dieu qui est un être infini toute composition,

297 /aj D'abord \a. composition physique qui résulte de l'union de plusieurs parties physiques intégrantes, comme les membres d'un corps, ou essentielles comme l'àme et le corps dans l'homme.

Donc Dieu n'est pas corps ni matière ; ni même il n'a point de corps comme l'ont voulu les anthropomorphites, et s'il est représenté quelquefois avec des pieds et des mains, etc., ce n'est que pour nous manifester sa vertu par un signe sensible. (V. n. 282.)

"298. Donc il n'est pas la forme du corps, ni du monde, faisant avec le monde un composé ; donc il est invisible à nos yeux de chair, et par conséquent les apparitions de Dieu ont été faites par le ministère des Anges, et si elles ont eu lieu quelquefois sans leur ministère. Dieu s'est servi de la représentation qu'il a voulue ; mais celte représentation ne lui était point naturelle. Bien plus, Dieu est invisible pour l'intelligence, si elle n'est éclairée de la lumière de la gloire.

299. (h) 11 n'y a point non plus en Dieu de composition métaphysique, qui se fait par la réunion de la puissance et de l'acte, ou de l'essence et de l'existence, ou de la substance et de l'accident; la puissance, c'est la capacité qu'a un être de recevoir, ou de faire quelque chose, sans qu'il le reçoive, ou le fasse actuellement ; et l'acte,

c'est l'exercice qui perfectionne la puissance ainsi entendue. L'homme qui ferme les yeux, a la puissance de voir sans voir actuellement. Pendant qu'il a la puissance sans l'exercer, il est par ce côié-là imparfait; donc en Dieu qui est infiniment parfait, il ne peut y avoirde puissance ainsi entendue; donc Dieu est un acte pur. Il n'y a point en lui de distinction réelle entre l'essence et l'existence comme nous l'avons prouvé au n» 280, ni aucune composition de substance et d'accident; supposer qu'un accident s'ajoute à sa substance, ce serait dire qu'il manque quelque chose à la substance divine qui est infinie.

Il n'y a en Dieu que sa divine essence. 300. (c) Il n'y a pas non plus en lui de composition logique, qui se fait par l'union du genre et de la différence propre. Le genre, c'est ce en quoi un être ressemble par nature à d'autres êtres, par ex. : en l'homme, l'animalité est ce en quoi il ressemble à la brute , la différence, ce en quoi un être diffère des autres êtres avec lesquels il a un genre commun. La raison est la différence qui distingue l'homme de la brute. L'espèce, c'est la réunion du genre et de la différence propre ; c'est par elle qu'on définit UM être. Cette définition: L homme est un animal raisonnable, dit bien ce qu'est l'espèce humaine. Mais Dieu est au-dessus de lout genre et de toute espèce ; il n'entre dans aucune catégorie. Donc il n'y a rien en Dieu que Dieu ou l'essence divine. Au contraire tout être créé se compose de puissance et d'acte, de genre et de diflêrence; donc les créatures n'ont jamais une absolue simplicité, pas même les Anges.

0 Dieu, esprit souverainement parfait, c'est en esprit et en vérité que nous devons vous adorer ! (Jean. IV. 24.)

301. P. IL Le Panthéisme est une docirine réprouvée. C'est de foi ; et cela ressort clairement de ce que nous venons de dire de l'absolue simplicité de Dieu, n° 296. Le Panthéisme a trois formes: 1). VEmanalisme, qui fait sortir de la substance de Dieu d'autres personnes, ou individus, ayant tous une commune nature divine: c'est l'erreur des Indiens et des Néoplatoniciens: 2°) le Formalisme qui admettant l'unité de substance, mais aussi la pluralité des personnes ou des individus, veut que tous les êtres autres que la subs-

SES ATTRIBUTS

tance divine, qui est unique, ne soient que des formes ou des modes de cette substance : c'est l'erreur de Spinosa; 3°) le panthéisme idéaliste, ou allemand, qui se tonde sur ce principe : nos idées ne se distinguent pas des choses qu'elles représentent ; ce qui pense est la même chose que ce (pii est pensé. Par là est ruinée la dislinclion entre le sujet qui pense et l'objet de la pensée. Il n'y a donc rien en dehors de l'être idéal, ou universel et indéfini, qui se termine par les genres et les espèces. Ces trois foames du Panthéisme ont été l'objet des foudres du Concile du Vatican :

302. « Si quelqu'un dit qu'une seule et même substance, ou essence, est celle de Dieu et de toutes choses, qu'il soit analhème. »

303. « Si quelqu'un dit que les choses finies, soit corporelles, soif spirituelles, ou au moins les spiiHfuelles, ont émané de la divine substance, ou que la divine essence par ses manifestations ou évolutions, devient toutes choses, ou enfin que Dieu est l'être universel et indéfini qui, en se déterminant, constitue l'ensemble des choses qui se divi sent en genres, en espèces, ou en individus, qu'il soit analhème. » (V. de Deo. c. 3 et 4.)

30-i. Rien de plus absurde que le Panthéisme. Contrairement au sens commuli, il ose soutenir qu'il n'y a qu'une substance ; il nie la simplicité de Dieu ; dans la même substance il met des attributs contradictoires, le bien et le mal, il renverse toute religion et par là-môme toute société et foute vertu.

305. 2) L'unité exclut la pluralité et indique qu'un être est unique.

(a) Il n'y a qu'un seul Dieu, en dehors duquel il n'y en a point

d'autres. C'est rfe /oi d'après tous les symboles. Pr. 1.) Voyez que je suis le seul Dieu et qu'il n'y en a pas d'autre que moi. (Deul.

XXXII. 39.) 2) par la raison, comme on le verra par ce qui suit.

80(i. (a) Il faut donc réprouver le dualisme, soit celui des philosophes qui supposaient la matière éternelle comme Dieu, soit celui des Manichéens ([ui admettaient deux principes, l'un bon, l'autre mauvais.

Si kl matière est éternelle indépendamment de Dieu, elle est a se, c'est l'être absolu, elle a des perfections infinies, d'après ce que nous avons dit n" 280, ce qui est aussi absurde que faux.

On affirme gratuitement l'existence de deux principes. On argumente juste en concluant des êtres contingents à l'existence d'un èti'e nécessaire ; mais un être nécessaire suflît pour expliquer tous les contingents. Si on suppose deux principes, ou tous deux sont finis, et pour lors ils ne sont Dieu ni l'un ni l'autre; ou l'un est fini et l'autre infini, et ce dernier dans l'hypothcsc est seul Dieu, ou tous deux sont infinis et l'un n'a pas ce par quoi l'autre se distingue de lui, il lui manque quelque chose, il n'est donc pas infini.

;!07. Donc, à plus forte raison, le polythéisme est absurde. S'il ne peut y avoir deux êtres infinis, comment y en aurait-il des centaines. Ayant le bonheur de croire en un seul Dieu, bannissons toute idole de notre cœur. Nul ne peut servir deux maîtres.

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