De la Vérité de Dieu
— Dieu est vrai. C'est de foi d'après le texte du Concile du Vatican cité au n^ !273. Pr. 1) La vie éternelle c'est de vous connaitre., vous seul vrai Dieu. (Jean XVII, 3). 2) par la raison:
Il y a trois sortes de vérités(a) l'unemetaphijsique qiii est latonformité d'une chose avec l'intellect divin. Or l'essence divine non seulement est conforme à l'intellect de Dieu, mais à cause de l'absolue simplicité de Dieu, elle nefaitqu'un avec l'intelligence divine. Donc elle est la plus grande vérité métaphysique.
(b) 11 y "a la vérité lorpque, qui est la conformité de l'intellect avec la chose connue; or Dieu connaît son essence, et tous les autres êtres ; et son intellect est son essence môme, comme nous l'avons dit; il ne peut donc pas lui être plus parfaitement conforme. Et quant aux autres êtres, la connaissance que
DIEU
Dieu lin a esl la cause de ces êtres, qui ne sont que parce que Dieu les connaît. J.a connaissance :1e Dieu est donc la mesure de ces êtres, qui n'ont d"êlre et de vérité que ce que Dieu leur en connaît, et Jeur en 'Jonne en les connaissant. Dieu est donc la souveraine vérité logique, cause de toute vérité ; c'est lui qui rend toute intelligence capable d'avoir la vérité logique. 11 est la cause efficiente de tous les êtres qui, en dehors de lui, peuvent être connus, et il les rend vrais métaphysiquement par là-même qu'il les connaît et les produit ; et les choses sont la mesure de l'intelligence créée qui, pour juger avec vérité, doit se conformer à elles en les connaissant telles qu'elles sont.
309. (c) Il y a la vérité morale qui est la conformité des paroles et des actes avec la pensée ; à cette vérité est opposé le mensonge, et entendue dans ce sens, la vérité s'appelle véracité.
I,a véracilé'est un allrihut npéralif de Dieu ; néanmoins alin d'achever cette question, nous la plaçons ici et nous établissons la proposition suivante :
P. Dieu est infiniment réridiqiie, soit en révélant des vérités, soit en promettant des biens.
C'est de foi au moins divine.
Pr. Dieu est fidèle dans toutes ses paroles. (Ps. CXLIV. 13).
// est impossible que Dieu mente.
(Heb. VI, 18.) D'où il faut conclure que la révélation donne la certitude métaphysique, qui consiste en ce que la contradictoire d'une proposition révélée ne peut absolument pas être vraie, tandis que la proposition révélée est nécessairement vraie, car il est absolument impossible que Dieu mente, et qu'il se trompe, comme nous le verrons en parlant de la science de Dieu.
310. 30 De la Bonté de Dieu. — La bonté se prend en plusieurs sens.
\) 11 y a d'abord la bonté naturelle qui cunsisle dans l'excellence d'un être. Or Dieu est en lui-même sourcrainement bon. C'est de foi ; car c'est la doctrine manifeste de l'Eglise. Pr.l.) Personne n'est bon que Dieu seul.
(Luc. XVIII, 19;. i>) par la raison :
Tout être, en tant qu'être, est bon; or Dieu est l'être absolu, le souverain Etre, il est donc le souverain bien,
souverainement enviable. Ah ! pourquoi faut-il qu'on ne le comprenne pas et qu'on aime de misérables créatures?
311. 2; Il y a la bonté morale, ou la sainteté, qui en Dieu est la volonté immuable d'agir toujours d'une manière conforme à ses perfections, en haïssant le mal et en aimant le bien. Mais qu'on remarque bien que Dieu n'a point de loi qui régisse sa volonté. La sainteté de Dieu, c'est Dieu lui-même qui donne les lois de la sainteté, mais qui n'a point de loi au-dessus de lui. La sainteté de Dieu est, il est vrai, un attribut opératif, comme la bonté deDieu par rapport aux créatures, mais nous en traitons ici, afin de n'avoir pas à revenir sur la bonté.
P. Dieu est infiniment saint.
C'est de foi au moins divine.
Pr. 1) Vous n'êtes pas un Dieu voulant l'iniquité. (Ps. V. 5.) Dieu est sans iniquité, juste et droit. (Deut. XXXV. 4).
312. 2; par la raison. Le mal, c'est la privation d'une perfection qu'on doit avoir, car la privation d'une perfection qu'on ne doit pas avoir, n'est pas proprement un mal. Ainsi ce n'est pas un mal pour la pierre de n'avoir point d'yeux. Il y a deux sortes de perfection : l'une physique, l'autre mo»ale ; il y a donc deux sortes de maux : le mal physique, par ex. la privation d'un bras chez un homme ; et le mal moral qui est, dans un acte, la privation de conformité avec la loi divine. Or Dieu ne peut aimer per se le mal en lui-même, ni le mal physique, ni le mal moral; car l'un et l'autre, n'étant pas un être, ni un bien, mais une privation, ne sont pas enviables. Dieu ne peut non plus vouloir le mal moral par accident, c'est-à-dire pour atteindre un autre bien ; celui en efl'et, qui veut un mal moral, pour atteindre un autre bien, aime ce dernier bien plus (lue le b^en moral, dont il se |irive par le mal i|u'il fuit, en vue (raltcindrcle bien qu'il poursuit. Or le bien moral tend à la lin dernière de l'être intelligent, fin (|ui est Dieu lui-même. Le l)icn moral, en clVct, c'est la conformité d'un acte avec la loi qui dirige l'homme vers Dieu ; cl il n'est aucun bien ((u'on i)uissc préférer à Dieu. Si les créatures le font, elles s'écartent de la voie et s'égarent ; mais un tel écart ne peut se supposer en Dieu.
313. Mais Dieu peut vouloir per accidens le mal physique ; car cette sorte de mal peut être, pour un être intelligent, un moyen de tendre à sa fin dernière, en lui faisant exercer la patience,
SES ATTRIBUTS
en rall'erniissanl dans la vertu, en lui faisant expier ses fautes. Le mal physique sert (lu reste à l'ordre de l'univers, ordre que Dieit a eu en vue en créant. De môme que l'inégalité des conditions sert au bien de la société, de môme la diversité des êtres, dontles uns sont corruptibles, les autres incorruptibles, met dans l'univers une variété admirable, qui manifeste la toutepuissance de Dieu. D'ailleurs lu cori'uption d'un être enijendrc un autre être cl rien ne se détruit.
HIV. D'après ce quanous avons dit, Dieu ne fait pas le mal moral ; bien plus il le défend et le punit. Ce mal vient donc de la liberté humaine, et certes, il vaut mieux que l'être intelligent ait une liberté capable de faillir, que s'il n'avait point de liberté. Enfin la sagesse de Dieu tire le bien du mal : les pécheurs donnent parfois le jour à des saints, ou bien ils perfectionnent la vertu des saints, par les épreuves qu'ils leur font subir; les |)ersé('ntions envoient au Ciel des martyrs ; l'heureuse faute d'Adam nous a valu la rédemption de Jésus-Christ. C'est ainsi que nous trouvons la raison du mal, tout en mettant absolument à couvert la sainteté et la providence de Dieu.
Soyons saints comme Dieu est saint; comme lui, ayons en horreur le mal, et faisons le bien. Conformons nos actes à la loi divine. V. no 400 et 408.
;iio. ;îj. La bonté relative ; c'est la bénignité, la bienfaisance de Dieu. On la délinit la volonté constante de Dieu de faire le bien à ses créatures. Si elle accorde des faveurs à ceux qui ne les méritent pas, elle prend le nom de (jrdce, et si elle vient au secours du malheur, on l'appelle miséricorde.*
P. Dieu est souverainement bon à l'égard de ses créai ures.
C'est de foi. Voit les preuves du n» 310. Nous avons tous reçu de sa plénikide. (Jean I. 16 j Ses miséricordes sont nu-dessiis de toutes ses œuvres. (Ps. CXLIV. 9.) Tout ce qu'il y a de perfections, de grâces, etc., dans les créatures vient de Dieu. Soyons donc reconnaissants envers lui. f