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DE LA CRÉATION

383. Pris dans un sens large, le mot création signifie une production quelconque, une œuvre

blEU CUEATEUH

d'art, un pot'ine par exemple; dans un sens slricl, la création est la production faite de rien d'une substance complète. Tout être peut produire des accidents, (|uel(|ues êtres peuvent produire des substances complètes tirées d'autres substances, connne il arrive dans la génération ; mais ce n'est pas là une création.

Dans la génération, en elTet, une nouvelle forme est produite, il est vrai, maib c'est d'une matière préexistante.

Nous avons à dire ici : 1. l'existence ; II, le temps; 111, la lin de la création.

Article 1. — De l'existence de la création.

884. Cette vérité inconnue des anciens qui n'avaient pas les lumières delà révélation, peut être démontrée, soit par la raison, soit par la loi.

P. Dieu a créé de rien tous les éires disiincts' de lui. C'est de foi d'après tous les symboles ; et le Concile du Vatican dit :

« Si quelqu'un ne conlesse pas que le monde et toutes les choses, soit spirituelles, soit matérielles, qu'il contient, n'ont pas été.

dans toute leur substance, produites de rien par Dieu, qu'il soit analhème. » {De Deo, can.

5). Pr. 1) Dieu a fuit ces choses de rieu. [IL Mac. Yll, :28) 2) par la raison :

Ou le mon'de est éternel et indépendant de Dieu, ou il a commencé. S'il est éternel, c'est quant ù la matière seulement, comme l'ont voulu Epicure et d'autres, tel que Platon qui accorde à Dieu la disposition de la matière ; ou bien c'est quant à la matière et quant à la forme à la fois, comme l'enseignait Aristote, et dans ces deux hypothèses la matière est a se, éternelle, et par conséquent, immuable et infinie, ce qui répugne; v. no* 279 et suiv., 296 et suiv. iJ06-.S19. Si le monde n'est pas éternel, indépendamment de Dieu, il a donc été fait. Est-ce par lui-même ? Le rien ne peut rien faire. Est-ce par l'un dos deux principes, comme l'ont

voulu les Manichéens? Mais l'existence de ces deux principes est absurde; v.

n» aOtà. Est-ce par un autre que Dieu '? Mais alors cet être serait infini, car, comme il y a une distance infinie entre le néant et l'être, la création suppose une vertu infinie. Aussi quoi qu'en aient dit les Gnostiques qui veulent que le monde ail été créé par les Eons, sorte d'émanalion de la Divinité, Dieu ne peut pas, pour créer, se servir du ministère des créatui'cs. Pour qu'on emploie un instrument, il faut qu'il ait une certaine vertu, au moins pour préparer quelque chose, sans cela il ne servirait de rien à celui qui l'emploie : or, qu8 peut-on préparer dans le néant?

Il ne reste donc plus que deux hypothèses : ou que le monde est émané de Dieu, et l'émanation répugne à la simplicité de Dieu et est contraire à la foi, v. nos 09(} et suiv.; ou il a été créé ; et c'est là la vérité catholique.

Que Dieu est puissant ! En travaillant à notre sanctification ou à celle des autres, ne nous décourageons pas; mais espérons en celui qui peut avec des pierres laire des enfants d'Abraham.

Art. II. — Du temps de la création.

385. Il est certain que le monde ne peut pas être éternel d'une éternité simultanée, laquelle étant infinie ne peut appartenir qu'à Dieu; v. n" 319.

Il est certain aussi qu'il ne peut être indépendant de Dieu. Mais une création éternelle ab œlerno est-elle possible? Quelques-uns l'affirment avec St Thomas ; les autres le nient avec St Bonaventure ; mais quoiqu'il en soit de la question de possibilité, le fait n'est pas douteux.

P. Dieu a créé le monde dans le temps. C'est de foi, d'après le Concile du Vatican : « Dieu dès le commencement du temps a fait de rien la créature. » Pr.

Au commencement. Dieu a créé le ciel et la terre. Gen. I, 1.

Sans parler des preuves de la durée limitée du monde, que les savants trouvent dans la terre

DTEU CREATEUR

elle- même, il convenait que Dieu fit bien voir que le monde avait une cause de son existence; et c'est ce qui ressort bien plus clairement par la création dans le temps.

.■!8(i. Avanl le monde il n'y avait donc point de temps ; et ce n'est que par l'imagination qu'on peut se représenter des siècles s'écoulant avant l'existence du monde. Qu'est-ce en efiet que le temps, sinon un accident des choses changeantes, qui vont se succédant les unes aux autres; et l'accident ne peut suhsister sans la substance à laquelle il adhère? Avant le monde, il n'y avait donc que l'éternité. Tout s'écoule excepté Dieu ; donc, ne donnons pas notre cœur aux choses créées.

;!S7. D'après les .Saintes Ecritures, Dieu a créé le monde en six jours. Les auteurs sont partagés sur ce qu'il faut entendre par ces six jours. Les uns disent que ces six jours doivent être pris dans un sens allégorique, et indiquent la distinction des divers êtres et l'oi'dre successif de leur création, quia été faite en un seul et uiéme momen l ; un bien plus grand nombre pensent (|uc ces six jours sont des jours de ;ii heures, comme ceux que nous avons; enfin d'autres entendent par le mot jour des périodes de longue durée.

;^88. Dieu s'est reposé le septième joui", car depuis le sixième il n'a point créé d'espèces nouvelles, bien qu'il crée tous les jours des individus, c'està-dire des âmes humaines; et c'est en ce sens qu'on peut dire qu'il n'y a rien de nouveau sous le .soleil.

Art. m. — De la fin de la Création.

389. Pourquoi Dieu a-t-il VOULU CRÉER? Celle queslion en comprend deux :

I. Quelle a été e.\ Dieu la RAISON DE CRÉER ? Cerlaiiiemeiit rien d'extérieur n'a pu déterminer Dieu à créer, puisqu'avant la création, il n'y avait rien en dehors de lui ; et Dieu qui est le premier agent ne peut être nii'i par un autre que lui; autrement il ne serait pins le premier agent. Dieu.etc'esld'aprèsleConcile du Vatican une vérité de foi :

(( Dieu, par sa bonté alaitla créature de rien. » (]e n'est que par sa bonté intrinsèque que Dieu peut

agirai/ c.rira. Tout être imparfait est poussé à» agir, afin d'acquérir quelque chose ; mais Dieu qui se sullit pleinement à luimême, n'agit extérieurement que ponr donner. Qu'on remarque cepeiulaiit (jne Dieu, comme nous l'avons dit au n» 332, agit librement, et c'est ce qui ressortira aussi de la question suivante.

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