VI. h
En les combattant avec énergie, on les domine; mais jamais,' en ce monde, on n'arrive à les éteindre complètement. Soutenir le contraire serait tomber dans l'erreur des quiétistes.
I II. De L'ArrÉTiT intelligent ou DE LA VOLONTÉ ; et 1 de la volonté elle-même; et II de la liberlé de celle volonté.
507.1. La voloxté est l'appétit raisonnable du bien, perçu par l'intelligence, qui est la faculté la plus noble de l'homme. La volonté est donc unepui.ssance inorganique et spirituelle. Son objet est le bien raisonnable et universel, qui convient à l'homme. De même que l'objet de l'intelligence est le vrai universel, de même, le bien universel est l'objet de la volonté, car le bien et le vrai ne sont autre chose que l'être considéré sous un point de vue dilVérenl. V. no 38. La volonté ne peut pas ne pas vouloir le bien ; et quand elle veut le mal, elle le considère comme un bien ; et en efl'et, tout être a en réalité quei^iue chose de bien. Par conséquent l'inclination par laquelle nous tendons vers le bien universel, ou vers le bonheur parfait n'est pas libre. Mais de même que le vrai universel embrasse tout être. Dieu et les créatures, ainsi le bien universel comprend tous les êtres, la lin de l'homme, et les moyens de l'atteindre, Dieu et les créatures. Et l'homme peut vouloir Dieu, ou les êtres créés. Avant de connaître Dieu, il peut connaître le vrai et peut tendre par sa volonté au bien, au bonheui' en général. Bien que Dieu soit en lui-même le seul bien parfait, capable de faire la pleine béatitude de l'homme, dont il est la fin dernière, l'homme ne le connaît pas parfaitement en cette vie ; en sorte qu'il peut se faire que l'homme ne le considère pas comme le bien parfait et complet, mais comme un bien particulier; le service de Dieu, en etVet, exige un certain elVort, une certaine peine que nous redoutons.
Nous ]iouvons donc nous tromper à ce sujet en ne regardant pas le service de Dieu comme le bien parfait jinur nous, tout en tendant néces.sairement à la béatitude parfaite. Delà la liberté. (V. S. S. E. Idêulogie, n"« 8(i. 87;.
nQH. II. I)i; i.A i.iitKiniv hk la vo-
l'homme, son AME
iiivïK. — La liberté est la puissance i|ii'a la volonté de choisir entre plu- Mcurscboses. Or, la volonté peut être iinpéchée dans son exercice, d'abord par une cause extrinsèque à l'houime; it si elle en est atlranchie, elle a la liberté qu'on appelle de coac'ion. La rouction ou la contrainte peut empêcher l'acte extérieur, ([ue la volonté commande; elle peut retenir mon bras, i|aandje veux frapper; mais elle ne jieul ni'empècher de vouloir frapper.
Si quelqu'un m'empêchait de vouloir, par là-mème je ne voudrais pas ; et si je veux, donc personne ne m'empêche.
La volonté peut être empêchée par une lorce intrinsèque; et si elle en est atl'ranchie, elle a la liberté qu'on appelle de nécessité el qui est à proprement parler la liberté. Elle se subdivise en trois, (a) La liberté de contrariété, qui est la faculté de choisir entre deux choses contraires, comme entre l'amour et la haine, ou entre le bien et le mal. Celle faculté, loin d'être de l'essence de la liberté, en est plutôt un défaut, comme le raisonnement n'est pas de l'essence de l'esprit, mais plutôt une imperfeclion. Aussi ni Dieu, ni les bienheureux n'ont-ils cette sorte de liberté ; mais elle est naturelle à tout être intelligent, créé, tant qu'il est dans la voie, c'est-à-dire tant qu'il n'est pas parvenu à sa fin.