CHAPITRE IV LES POISSONS
Les animaux que nous avons étudiés jusqu'ici se tiennent ordinairement sur le sol ou dans les airs. Mais les eaux de la mer, des lacs, des fleuves et des rivières ont aussi leurs habitants: ce sont les poissons.
Les poissons sont conformés pour s adapter aux conditions dans lesquelles ils vivent. En général, leurs formes sont Rate et leur coloration est agréable, parfois même elle est riche. Mais, surtout, leur corps allongé et effilé aux deux extrémités facilite beaucoup leur progression en avant ou en arrière. Leurs membres sont des nageoires, dont l’une, qui est la queue, sert à les
usser en avant, les autres servant.plutôt à les diriger. Le corps des poissons est reconvert d’écailles.
Les vertèbres et les arêtes constituent leur système
osseux. Ils ont le sang froid. Leur cœur, à deux cavités,
recouverte d’écailles, *-
correspond à l’une des moitiés du cœur des mammifères et des oiseaux. Ils n'ont pas dé poumons. Ce qui remplace ces organes, ce sont les branchies, lames cr er et charnues placées de chaque côté de la tête. Tout le sang eee par ces branchies et s'y puritie au contact de l'air
issous dans l'eau qui, entrant par la bouche, sort par les ouïes en baignant les branchics,
Pour monter ou descendre dans l'eau, les poissons n'ont qu’à gonfler ou à comprimer leur vessie natatoire, qui est une sorte de sac rempli d'air.
Ils se no par des œufs, qu'ils pondent-6rdiuairement dans les eaux peu profondes. nombre de ces œufs, pour certaines espèces, est prodigieux. Il périt en effet beaucoup de ces œufs et de petits poissons fraichement éclos. Grâce à la richesse de 8 les survivants suffisent ordinair-ment pour maintenir le peuplement des eaux. Il y a pourtant des espèces, comme le Saumon, la Truite, ete., qui disparaîtraient si les uvernements ne maintenaient des établissements dits de pisciculture, où l’on fait éclore des œufs en grande quantité et où l’on prend soin des jeunes, pour regarnir à mesure les rivières et autres cours d'eau. Nous avons un établissement de ce genre à Tadoussac pour le Saumon, et à Roberval pour la Ouananiche’ .
Nous tirons grande utilité des diverses sortes de poissons. Quelques espèces nous fournissent des produits industriels, huile, colle, ete. ; mais c'est principalement dans l'alimentation que les poissons jouent un rôle immense, chez tous les peuples. On peut aussi mentionner les agréments de la pêche à la ligne, très appréciés par beaucoup de gens.
10 Nos principaux poissons
La province de Québec, baignée par l'océan, traversée
r l’un des grands fleuves de l’univers, et toute parsemée
10 lacs et de rivières, est l’un des pays les plus riches en
poissons de valeur. Nous dirons un mot des espèces les plus intéressantes.
e eee eee ee ee
102 ZOOLOGIE ACHIGAN.—Le Mi
2 partout dans nos rivières, mais toujours dans les eaux
, ni beaucoup plus bas que le cap Tourmente.
ALOSE.—Jadis abondant dans jusqu'à Montreal ou un peu plus haut, ce beau
8 poisson y est devenu rare. Habitant de la mer, il entre dans je
Fig. 83, —L'A jose, fleuve au intemps, ur Y venir frayer. L'Alose, lor e de 20 à 90 pes — un mets très délicat. Elle Ne prend guère à la ligne.
ANGUILLE.— Poisson bien connu, de 2 ou 3 pieds de
le fleuve Saint-Laurent Jusqu'au essus de Montréal. On le prend
Paul et Saint-Joachim. Dune digestion un peu lourde, sa chair a bon À ps Ce poisson est d’une grande vitalité, et fait même des Parcours sur terre. On sait aujourd'hui que ! Anguille dépose généralement ses œufs dans la mer. BaR.—Ce poisson, excellent pour la table, atteint jusqu'à 3 ou 4 pieds de longueur. II vit dans la il remonte les fleuves et rivières pour frayer, O beaucoup dans le Saint-Laurent, surtout un peu en dessous de Pile d'Orléans.
BROCHET.— Poisson d'un ou deux pieds de longueur, qui habite dans les eaux douces du pays. II a de réputation comme mets de choix ; mais, à l’état de vie,
croptère, communément . appelé gan, est l’un de nos excellents poissons de table. Sa longueur varie de 10 à 15 pouces. On le prend un
+ Corps. Ils sont abon
il passe pour un t et un brigand, à raison de sa force et de sa voracité. II a la bouche armée d’une dentition formidable.
CAPELAN.— C'est un joli poisson, long de 6 à 8 uces, et dont la chair a beaucou 2. saveur. II ne vient le lon des côtes que durant l'été, à l'époque de la pêche à la Morue; c'est d'ailleurs le mellonr appât pour cette
ie.
CARPE. — En réalité, nous n'avons pas en ce pays la véritable Carpe, si commune en Europe. C'est le Moxostome doré que nous a pelons ici de ce nom. Le printemps, il abonde, 2 de Québee, dans le fleuve et les rivières. Sa chair a bon goût, mais on lui reproche de porter des arêtes en nombre excessif.
RÉ.—Nom ire du Sandre, poisson de 10 à 18 2 qui est abon dans nos lacs, dans le Sainturent et ses tributaires. Sa chair est un mets de choix.
N.— Poisson aux formes élé ntes, l'Eperlan est encore d’un goût exquis pour la table. II existe en troupes nombreuses le long des côtes du golfe et dans le fleuve Saint-Laurent jusqu'à Québec.et au-dessus, II se trouve aussi au lac Kinogami, près du lac Saint-Jean,
ien qu’il ny puisse venir de la mer.
EON.— La bouche de ces pre est dépourvue de dents. Ils sont bien reconnaissables par les cinq rangées longitudinales de as LR osseuses qui leur recouvrent le
ts dans le fleuve Saint-Laurent, Jusque vers la tin de l'été où ils retournent à la mer. Leur
Fig. 84. —L'Esturgeon. |
longueur varie de 5 à 10 pieds. Mais en d'autres pays, on en prend de 15 à 18 pieds et d’un poids de plus de 1000 livres. La chair de l'Esturgeon, que l’on ne consomme ici que fraîche, est délicate. De ses Œufs, préparés
dans la saumure, on fait le caviar’, si goûté surtout des Russes, De sa vessie natatoire, on tire la colle de poisson, utilisée pour clarifier les vins, etc. — AN.—C'est l Hulibut des gens de langue anglaise. D'une longueur de 3 à 6 pieds, ce poisson, Ésbitant des mers septentrionales, pénètre dans le golfe Saint-Laurent, où on le pêche à la igne. Frais ou salé, il fournit un aliment recherché.
HARENG.— Voilà un poisson très 3 au point de contenir, sinon plusieurs millions d'œufs, comme on a dit, au moins 25 ou 30 mille. Habitant des mers, il vient au printemps, et en bandes immenses, longer les côtes
tout pays, d'une rande consommation.
LAMPROIE — Ressemblunt assez à l’Anguille, la Lam- 2 na que des nageoires dorsalen Sa uche est en orme danneau. Ses branchies sont au fond de trous
Fig. 86.—Le Lamproie, disposés en ligne en arrière des Jeux et semblables à ceux d'une flûte, Manquant de vessie natatoire, elle ne
bectétts HU, 2 à
peut se soutenir dans l’eau qu'en nageant ou en se fixarit Le che aux corps qu'elle rencontre. L'automne, es Lamproies s’en vont à la mer.
MAQUEREAU.— C'est l'un de nos poissons de grande pêche, et l'on en tire grand parti dans l'alimentation. Ses
Fig. 87.—Le Maquereau.
bandes nombreuses viennent frayer, le printemps, dans les baies de la Gaspésie et du Labrador. On 1 pêche ordinairement à la seine.
MASKINONGÉ.— C'est une espèce de Brochet, partieulière au Canada. Sa taille varie de 2 à 4 pieds. Sa chair est plus délicate que celle du Broehet. On le trouve partout dans les grands lacs et les rivières de la Province. Sa bouche est fortement armée, comme celle du Brochet, et sa voracité n’est moindre.
MORUE.— Avec le Hareng, c'est la Morue qui fait le
principal objet de la pêche, dans notre pays. Sa fécondité est prodigieuse, puisqu’une femelle peut donner plusieurs
Fig. 88.—La Morue.
millions d'œufs. Comme aliment, on utilise partout la Morue fraiche, salée, séchée ou fumée. Sur les banes de
très aplati et ressemblant un peu à une raquette. Les
x sont en dessus ; la bouche et les branchies sont sur a surface ventrale. La Raie pond des sortes de capsules de forme 3 et contenant des œufs. Après l'éclosion, les petits s'y développent en sûreté, jusqu'au moment où ils s'en E rer: + Ce curieux poisson, qui n’est pas utili nous, est long de 2 à 5 pieds. a *
REQUIN.—Ce poisson, nommé aussi Squaie, fréquente le golfe et nos côtes de l'Atlantique. II atteint une longueur de 3, 10 ou 15 pieds. Sa bouche, placée en des-
Fig. 90.—Le Requin.
sous de la tête, est armée de dents. L'un de nos Requins.
le plus grand, est appelé vulgairement Maruiche. . Le
Chien de mer, plus petit, cause beaucoup d'ennui et de
dom à nos uus de Morue. Les uins sont
— par . leur marche 8 férocité
: leur extrême voracité. Ce sont des animaux redoutaes.
Saum. — est le roi de nos poissons, la beauté de sa forme et de sa coloration, la qualité À de sa chair, et les émotions de sa capture, qui exige de l'adresse et de la patience. II vit dans la mer, d'où il revient le
intemps pour frayer dans le haut des tributaires du
euve. remontant ces rivières, il saute jusqu’à 10 ou 12 pieds pour franchir les chutes et rapides qui lui barrent le 5 :
THON.—Poisson de mer, long de 3 à 8 pieds. Sa chair, qui M a celle des mammifères, est fort employée dans l'alimentation. Voyageant souvent en bandes nombreuses, il abonde surtout sur les côtes de la Gaspésie.
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