‹ Abrégé des œuvres de ProudhonChapitre 125 sur 170 · ASSOCIATIONS OUVRIÈRES · texte numérisé non relu

ASSOCIATIONS OUVRIÈRES

Les associations ouvrières sont les foyers de production, nouveau principe, nouveau modèle, qui doivent remplacer la société anonyme actuelle, où l'on ne sait qui est le plus indignement exploité, du travailleur ou de l'actionnaire.

Le principe qui a prévalu à la place du salariat et de la maîtrise, et après un essai passager du communisme, est la participation, c'est-à-dire la mutualité des services, venant compléter la force de division et la force de collectivité. Il y a mutualité, en effet, quand dans une industrie, tous les travailleurs, au lieu de travailler pour un entrepreneur qui les paye et garde leur produit, sont censés travailler les uns pour les autres, et concourent ainsi à un produit commun dont ils partagent le bénéfice.

Or, étendez aux associations travailleuses prises pour unités, le principe de mutualité qui unit les ouvriers de chaque groupe, vous aurez une société qui aurait toutes les garanties possibles de liberté et de droit. La probité, l'honneur, les mœurs, ont fui le monde bourgeois et ne se retrouveront que dans les mutualités.

En Angleterre, les associations ont décidé qu'à l'avenir, au lieu de dépenser leurs fonds en grèves inutiles, elles les emploieraient à créer des compagnies à l'imitation des sociétés parisiennes. Vienne la secousse finale, il sera plus aisé d'organiser sur toute la face du pays le travail, qu'il ne l'a été en 1848 de former à Paris les vingt pre-' miers groupes de travailleurs. La pensée qui d'abord inspira les associations, fut naïve et illusoire. On voulait, en affranchissant le travail du patronat, faire jouir les

ouvriers des bénéfices du chef de l'établissement, mais ces bénéfices sont, dans la plupart des cas, illusoires. Dans les 4 milliards que le travail doit payer chaque année pour le maintien du régime féodal, la part des entrepreneurs n'est pas de 100 millions. La cause du paupérisme, qu'on voulait atteindre, n'estpas là. Il faut que le travail comman- .dite lui-même les entreprises : c'est là qu'est la réforme.

LOGEMENTS A BON MARCUÉ

Nous demandons que le loyer soit fixé au prix de revient. Le prix de revient, en fait d'habitations, se compose de ces trois éléments : impôt, frais d'entretien, amortissement. Dans les deux derniers se trouve le bénéfice de l'entrepreneur. Toute réforme doit être générale et n'exclure personne.

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