LES CONFESSIONS D'UN RÉVOLUTIONNAIRE
était juste. Le capital qui s'était posé comme principe avait montré que, loin d'être principe, il est produit, et que la propriété, pas plus que le droit divin, ou le sabre, n'est la force motrice de la société. La preuve était faite; ce n'était pas le capital, l'agio, l'usure, le parasitisme, le monopole que le législateur de 1830 avait voulu dire, c'était le travail. Le principe de juillet n'était pas plus capable de créer l'ordre que la liberté. Il fallait arriver jusqu'au prolétariat. La Révolution de février a donc été logiquement, justement, la révolution des travailleurs. Gomment la bourgeoisie de 1789 et de 1830, qui ne s'était élevée au pouvoir que par le travail et l'économie, a-t-elle pu voir dans la république du travail une menace à ses intérêts ?
La Révolution de février s'imposait aux intelligences. Quoique prise à l'improviste, et pleine d'inquiétude sur l'esprit et les tendances de la République, elle convenait qu'il fallait réformer le gouvernement. — L'avènement de la République n'éprouva pas plus de contradiction que l'avènement de Louis-Philippe, tant on commençait à avoir l'intelligence des temps et des révolutions.
Je réclame ici toute l'attention de mes lecteurs, car, si la leçon ne nous profite pas, il est inutile de nous occuper de la chose publique.