LES CONFESSIONS D'QN RÉVOLUTIONNAIRE
de Paris était de cet avis. — Le peuple, quand il est livré à son seul instinct, voit toujours plus juste que lorsqu'il est conduit par la politique de ses meneurs.
Louis Blanc voulait bien la dictature du gouvernement iprovisoire, mais quels seraient les dictateurs? Pendant la manifestation du 17 mars, les préoccupations qui agitent 'Louis Blanc, c'est la crainte du désordre; cette manifesta- ,tion n'était que la contre-manifestation des bonnets à poil pour obtenir l'ajournement des élections. Mais une (fois au pouvoir, les hommes se ressemblent tous, et cependant jusqu'alors le Paris de la révolution avait été admi- ^rable de majesté tranquille. — « L'ordre, toujours l'ordre, .c'est-à-dire l'obéissance; sans elle vous n'aurez pas la îrévolution, » disait Louis Blanc.
[I Louis Blanc fut donc, au 17 mars, un homme de gouver-
'nement, un conservateur. — Louis Blanc, Ledru-RoUin,
^Lamartine amusent le peuple par des discours. — Sobrier,
iGabet, Barbés et d'autres prennent parti pour le gouver-
inement provisoire contre Flotte, Habert, Blanqui et con-
;sorts. — Un homme s'élance contre Louis Blanc et, lui
jsaisissant le bras : «Tu es donc un traître, toi aussi! » lui
dit-il. Les membres du gouvernement se montrent au
balcon de l'Hôlel-de- Ville, et la comédie finit par un
défilé.
Le 17 mars commença cette longue réaction qui va du socialisme au jacobinisme, au doctrinarisme, au jésui- 'isme, et qui n'est pas près de finir. Elle a commencé au ^.ein du gouvernement provisoire par Louis Blanc; je ne l'en accuse pas. La cause de la réaction, elle est à tous .:eax qui auraient voulu réaliser la révolution par voie gouvernementale au lieu de donner congé au gouvernement provisoire par l'établissement du contrat politique et économique, par la ratification du suffrage universel.