‹ Abrégé des œuvres de ProudhonChapitre 25 sur 170 · MAI. — RÉACTION. — BASTIDE. — MARRAST · texte numérisé non relu

MAI. — RÉACTION. — BASTIDE. — MARRAST

L'idée d'une puissance souveraine, initiatrice et modératrice, constituée sous le nom de gouvernement, Etat ou autorité, au-dessus de la nation, pour la diriger, la gouverner, lui dicter des lois, lui prescrire des règlements, lui imposer des jugements et des pensées; cette idée-là, dis-je, n'est autre que le principe même du despotisme que nous combattons en vain dans les dynasties et les rois. C'est la concentration hiérarchique de toutes les facultés politiques et sociales en une seule et indivisible ' fonction", qui est le gouvernement; que ce gouvernement soit représenté par un principe héréditaire, ou bien par; un seul ou plusieurs mandataires amovibles et électifs.

Toutes les erreurs, tous les mécomptes de la démocratie proviennent de ce que le peuple, ou plutôt les chefs des insurrections, après avoir brisé le trône et chassé la dynastie, ont cru révolutionner la société parce qu'ils révolutionnaient le personnel monarchique, et ils conservaient la royauté tout organisée, seulement ils la rapportaient, non plus au droit divin, mais à la souveraineté du peuple. Il est rigoureusement vrai de dire que la démocratie, pour n'avoir pas su définir son propre principe, n'a été jusqu'ici qu'une défection envers la royauté, une caricature ou contre-façon de royauté.

LES CONFESSIONS d'un RÉVOLUTIONNAIRE 23

La manifestation du 15 mai, pour le rétablissement de la Pologne, amène une nouvelle réaction. Je m'étais prononcé contre cette manifestation et cependant je fus désigné à l'Hôtel-de-Ville pour faire partie du nouveau gouvernement. J'ignore à qui je fus redevable de ce périlleux honneur; peut-être à mon infortuné compatriote et ami, le capitaine Laviron, qui est allé consommer à Rome son martyre.

La réaction se déroulait avec la régularité d'une horloge. — Le 17 mars, elle avait commencé contre Blanqui an règne de Louis Blanc. — Le 16 avril, elle avait continué contre Louis Blanc aux coups de tambour de Ledru- Rollin. — Le 15 mai, elle se poursuit contre Ledru-Rollin, Flocon et les hommes de la réforme par Bastide, Marrast, Garnier-Pagès, Marie, Arago, Duel erc, qui formaient la majorité du gouvernement provisoire. — Ceux-ci vont céder immédiatement la place aux républicains du lendemain ; après ceux-ci les doctrinaires ; encore un tour de roue et les absolutistes catholiques reprennent le pouvoir. Ceci 86 renouvellera autant de fois que le peuple choisira des représentants qui demanderont le progrès au pouvoir au lieu de le demander à la liberté (c'est-à-dire l'organisation de la commune autonome, de la cité, de l'arrondissement avec la fédération française pour constituer la République sociale une et indivisible).

Au 15 mai 1848 commence pour la révolution de Février l'ère des vengeances politiques : Blanqui, Barbés etc., sont condamnés.

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