LA DOUANE
Pour protéger le commerce et l'industrie, on a créé la douane. Sans parler de l'utilité ou de l'inutilité de la douane, je ne veux pas savoir pour le moment si c'est la mutualité des échanges entre gouvernements qui sera la loi. Gomment la douane, qui devrait ressortir exclusivement de l'autorité des Chambres de commerce, est-elleencore une dépendance de l'Etat? Nous avons quarante mille douaniers coûtant 26 millions par an, pour percevoir 110 millions de taxe. Or, qui peut mieux savoir que l'industrie elle-même en quoi et de combien elle a besoin d'être protégée, quels produits méritent prime et encouragement ? — Tant que la douane restera aux mains de l'autorité, le système protectionniste sera défectueux.
Nous avons aussi le ministère de l'agriculture et du commerce, cel ui de l'instrirclion publique, celui des travaux publics, et, pour solder tout cela, le ministère des finances. Notre prétendue séparation des pouvoirs n'est donc que le cumul de tous les pouvoirs; notre centralisation, qu'une absorption. Les agriculteurs, organisés par leurs comices ou syndicats, ne pourraient-ils donc gérer leurs intérêts généraux sans passer par la main de l'Etat? les commerçants, fabricants, manufacturiers, industriels de toute espèce, ayant dans les Chambres de commerce
LES CONFESSIONS d'uN RÉVOLUTIONNA.IRE 33
leurs cadres, ne pourraient-ils organiser une a.dmiaistration
centrale ?
Il en est de même pour les travaux publics, entièrement
placés dans les mains de l'Etat, pour qu'il puisse trafiquer ( des mines, des canaux, des chemins de fer, jouer à la I Bourse, spéculer sur les actions, passer à des amis des ' baux — de 99 ans — sous la direction d'entrepreneurs, * spéculateurs, agioteurs, corrupteurs, concussionnaires, : vivant de la fortune publique, de l'exploitation des artii sans et des manouvriers, et des sottises de l'Etat.