‹ Abrégé des œuvres de ProudhonChapitre 31 sur 170 · ÉTAT MILITAIRE · texte numérisé non relu

ÉTAT MILITAIRE

L'armée est la chose propre du gouvernement. Elle appartient bien moins au pays qu'à l'Etat. C'est le pouvoir qui nomme les chefs ; ce n'est pas la nation qui, s'armant spontanément pour sa gloire^ dispose de la force publique. Là encore, Tordre social est compromis. Par prudence, le Président de la République ne peut commander l'armée en personne, dans la crainte d'un coup d'Etat. Prudents législateurs, en vérité! Qu'importe qu'il ne la commande pas en personne, si c'est lui qui donne les commandements, qui nomme aux grades, qui donne les croix? s'il a des généraux qui commandent pour lui? — C'est

aux citoyens à désigner hiérarchiquement les chefs militaires, les simples soldats nommant aux grades inférieurs, les officiers nommant aux supérieurs. Ainsi organisée, l'armée conserve ses sentiments civiques. Ce n'est plus une nation dans la nation, une patrie dans la patrie : c'est la nation elle-même centralisée dans sa force et sa jeunesse, indépendamment du pouvoir qui peut requérir la force publique au nom de la loi. — Quant au cas de guerre, l'armée ne doit obéissance qu'à la représentation nationale et aux chefs qu'elle désigne.

Voilà la constitution démocratique en ce qui concerne le culte, la justice et l'armée.

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