LA JUSTICE DANS LA RÉVOLUTION ET DANS L ÉGLISE
ommes et libres ? Que l'homme pense de Dieu et de 'autre vie ce qu'il voudra; avant tout il est né pour la ustice, et son bonheur, sa récompense est dans sa fidélité à la loi.
Le peuple français, en ratifiant le 2 Décembre, a manelqué à l'honneur, et, comme il faut que justice se fasse, rlla dégradation a frappé le coupable et la justice s'en suivra.
i; La Révolution et la Religion se sont toujours corromi pues l'une par l'autre, et la corruption envahit maintenant le corps social. Il faut les séparer, et remettre au corps populaire le soin d'organiser la justice dans la jsociété.
I D'après la Religion, la justice est surnaturelle; d'après
la Révolution, la justice naît directement de la cons-
jcience. La justice est en nous comme l'amour, comme les
motions du beau, de l'utile, du vrai; comme toutes nos
puissances et facultés. Nous n'avons pas besoin, pour
jobtenir le règne de la justice, de faire intervenir la Divi-
jnité, pas plus qu'on ne songe à rapporter à Dieu l'amour,
ll'ambition. La justice est humaine, tout humaine, rien
i qu'humaine : c'est lui faire tort que de la rapporter à un
principe supérieur ou antérieur à l'humanité.
Quant aux personnes, la justice n'a rien à attendre de la religion. Le christianisme n'a pas encore donné sa solution.
(Proudhon peut dire comme Jésus-Christ : « Je suis venu, non pas pour détruire la loi, mais pour l'accomplir ». En effet, que prêche Jésus-Christ? la justice et la fraternité : il condamne, comme l'attestent l'Evangile, les Pères de l'Eglise et les Conciles, l'exploitation de l'homme par l'homme, sous le nom d'usure, de prêt à intérêt, en un mot, de productivité du capital ; et Proudhon donne la solution sociale par l'organisation du crédit gratuit à tous, au prix de revient.
Pour aboutir à l'égalité et à la fraternité, les premiers chrétiens ont cru devoir s'organiser en communauté pour
arriver à la sanction du précepte de Jésus-Christ ; mais ils ont échoué, parce que la communauté générale ne peut donner le principe de justice qui était prescrit. Par l'organisation du crédit gratuit, Proudhon donne la propriété individuelle à tous les producteurs et la liberté à tous les citoyens.)