‹ Abrégé des œuvres de ProudhonChapitre 97 sur 170 · ÉVOLUTION ÉCONOMIQUE — LA DIVISION DU TRAVAIL · texte numérisé non relu

ÉVOLUTION ÉCONOMIQUE — LA DIVISION DU TRAVAIL

La division du travail, hors de laquelle point de progrès, point de richesse, subalternise l'ouvrier, rend l'intelligence inutile, la richesse nuisible et l'égalité impossible.

Tous les économistes ont surtout insisté sur les avantages de la division du travail en glissant sur les inconvénients. J.-B. Say dit : « Un homme qui ne fait pendant toute sa vie qu'une opération la fait mieux et plus promptement qu'un autre homme; mais en même temps, il devient moins capable de toute autre occupation. La séparation des travaux est un habile emploi des forces de l'homme, elle accroît prodigieusement les produits de la société. La division est cause de la multiplication des richesses et de l'habileté des travailleurs ; mais c'est aussi la décadence de l'esprit et la source de la misère, deux effets diamétralement opposés. »

Suivant les économistes, l'homme déchu travaille en brute et doit être traité en brute ; à mesure que la division du travail reçoit de nouvelles applications, l'ouvrier devient plus faible et plus dépendant. L'art fait des progrès, l'artisan rétrograde.

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