‹ Abrégé des œuvres de ProudhonChapitre 98 sur 170 · IMPUISSANCE DES PALLIATIFS · texte numérisé non relu

IMPUISSANCE DES PALLIATIFS

La participation de? ouvriers aux bénéfices, de M. Blanqui?

Mais cette parlicipation ne donnerait pas plus de Ofr. 15 par jour à l'ouvrier ; cela vaut-il la peine de jouer la fortune publique et d'exproprier les entrepreneurs?

M. Passy a fait le relevé sur une filature en Normandie, et il a trouvé que les salaires sont aussi élevés pour les ouvriers que s'ils étaient associés à l'entrepreneur. Ce résultat était facile à prévoir.

Là participation ne peut donner grand résultat.

La solidarité dans le travail n'ajouterait pas une obole à la richesse commune. Le bénéfice, tant envié et souvent très problématique des maîtres, est loin de couvrir la difTérence des salaires effectifs aux salaires demandés. Or, la parlicipation ne donnant pas de résultat, nous avons pour conclusion que la misère est un effet du travail aussi bien que de la possession. On dit à cela ; doublez le salaire. Mais qu'est-ce que le salaire? C'est le prix de revient du vin, du blé, etc. L'augmentation des salaires serait suivie d'une augmentation générale des denrées.

Organisons Tinslruction, dit-on. Mais quand vous aurez cent mille capacités déplus, qu'en ferez-vous?FereZ-vous débuter l'élève de l'école polytechnique comme surnuméraire, rat-de-cave, etc. Il mourra peut-être cantonnier de deuxième classe ou caporal dans un régiment.

A quoi bon des écoles d'agriculture et de commerce si vos étudiants ne possèdent ni établissements, ni capitaux. Vous n'avez que trois mille emplois chaque année pour cinquante mille capacités, et vous parlez encore de créer des écoles.

Dans la communauté primitive, la misère est la condition universelle. Le travail est la guerre déclarée à cette misère. Le travail s'organise d'abord par la division, ensuite par les machines, par la concurrence, etc. Oui, mais cette organisation de travail augmente la misère des uns et fait cesser la misère des autres. Voilà comment la question du paupérisme doit être posée, et comment lious avons entrepris de la résoudre.

CONTRADICTIONS ÉCONOMIQUES — l'^'' VOLUME 211

La cause, la cause première qui retient fatalement les quatre cinquièmes du genre humain dans l'opprobre, où est-elle? D'où vient donc que le bien-être et la politesse n'ont pu devenir le patrimoine de tous? — Les vices du peuple ne sont pas aussi grands que ceux de la haute classe.

Ne serait-ce pas que le progrès lui-même est un privilège, et qu'à rhomnie qui ne possède rien, ni char ni monture, force est de patauger éternellement dans la boue ? Il est souvent si bas tombé que l'ambition même s'est éteinte dans son cœur; moins les hommes ont de lumières et de Ressources, moins ils éprouvent le besoin d'acquérir. Le bien-être sans éducation abrutit le peuple et le rend insolent.

Dans le système actuel des sociétés, le prolétariat ne peut arriver au bien-être par l'éducation, ni à l'éducation par le bien-être. Le progrès pour la masse des travailleurs est toujours le livre fermé des sept sceaux.

Les économistes et les socialistes communistes n'ont rien expliqué sur la division du travail. Nous donnerons notre conclusion appuyée sur l'expérience.

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