‹ Abrégé du Voyage du jeune Anacharsis en Grèce (volume 2)Chapitre 4 sur 82 · HOMERE · texte numérisé non relu

HOMERE

[ Vers l'an 900 avant J. C .] Homère florissait environ quatre siècles après la guerre de Troie. Ou avait déjà

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TU paraître OrpTiée, Linus, Musée, et quantité d'autres poètes dont les ouvrages sont perdus. Déjà venait d'entrer dans la carrière Hésiode , qui , dans un style plein de douceur et d'harmonie , décrivit les généalogies des dieux , les travaux de la campagne , et d'autres objets qu'il sut rendre intéressans.

Homère , dans son Iliade et son Odyssée , surpnssa tous les poètes , et même ceux qui ont écrit après lui. Dans le premier de ces poèmes , il a décrit quelques circonstances de la guerre de Troie 5 dans le second, le retour d'Ulysse dans ses états.

Pendant le siège de Troie , Achille, insulté par Agamemnon , se retira dans son camp. Pendant son absence ^ Hector, h la tête des Troyens , remporte plusieurs avantages sur les Grecs, les poursuit vers leurs vaisseaux , et , dans un combat , fait mordre la poussière à Patrocle : Achille, jusqu'alors inflexible aux prières des chefs de l'armée, revoie au combat, venge la mort de son ami par celle du général troyen , ordonne ses fvmérailies , et vend au malheureux Priam le corps de son fils Hector. Ces faits , arrivés dans l'espace d'un petit nombre de jours , forment le sujet de l'Iliade.. Homère, en le traitant, s'assujélit à l'ordre historique; mais, pour donner plus d'éclat à son récit, il supposa que , depuis le commencement de la guerre, les dieux s'étaient partagés entre les Grecs et les Troyens j et, pour le rendre plus intéressant , il mit les personnes en «tctioD.

Dix ans s'étaient écoulés depuis qu'Ulysse avait quitté les rivages d'IIium. D'injustes ravisseurs dissipaient ses biens , et voulaient contraindre son épouse désolée à contracter un second hymen , et à faire un choix qu'elle ne pouvait plus différer. C'est à ce moment que s'ouvre la scène de l'Odyssée : Télémaque, fils d'Ulysse, va

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tians le conliacnt de la Grèce interroger Neslor cl Ménélas sur le sort de son père. Pendant son séjour à Lacédénione , Ulysse part de l'ile de Caljpso , et une tempêlc le jette dans l'ile des Phéaciens , voisine d'Ithaque. Jl y raconte au prince qui régnait dans cette île , les prodiges qu'il a vus , les maux qu'il a soufTerls , et en obtient du secours pour retourner dans ses ctaîs. Il arrive , il se fait reconnaître à son fils, et prend avec lui des mesures pour se venger de. leurs ennemis communs. L'action de TOdysscc ne dure que quarante jours.

L'Iliade et l'Odyssée était nt à peine connues dans la Grèce , lorsque Lycurguc parut en lonic. Ce législateur, découvrant des leçons de sagesse où le vulgaire ne voyait que d'agréables fictions, copia les deux poëmes, et en enrichit sa patrie. De là , ils passèrent chez les Grecs : on vit alors des chanteurs connus sous le nom de rhapsodes , en détacher des fragmens et parcourir la Grèce ravie de les entendre. Comme cette coutume tendait à détruire le tissu des poëmes, Solon prescrivit à plusieurs rhapsodes de suivre , dans leurs récits , l'ordre qu'avait observé l'auteur. Après lui, Pisistrate et Hipparque son fds , remarquant plusieurs altérations introduites dans les poèmes par l'ignorance ou l'enthousiasme de ceux qui les chantaient ou les interprétaient publiquement, en firent rétablir le texte dans sa pureté par d'habiles gram- Kiairicus.

La gloire d'Homère s'est accrue à proportion qu'on a mieux connu ses ouvrages, et qu'on s'est trouvé plus en état de les apprécier. Plusieurs villes se sont disputé l'honneur de lui avoir donné le jour ; d'autres lui ont consacré des temples ; ses vers retentissent dans toute la Grèce, et font l'ornement de ses brillantes fêtes. C'est là qn^ les meilleurs auteurs ont puisé la plus grande partie des beautés qu'ils ont semées dans leurs écrits ; c'est

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là que le sculpteor Phidias et le peintre tuphraiior ont appris à représenler dignement le niailre des dieux.

Que ceux qui peuvent résister aux beautés d'Homère s'appesantissent sur ses défauts ; car, pourquoi le dissimuler ? il se repose souvent , et quelquefois il sommeille ; mais son repos est comme celui de l'aigle , qui , après avoir parcouru dans les airs ses vastes domaines , tombe, accablé de fatigue, sur une haute montagne ; et son sommeil ressemblée celui de Jupiter qui, suivant Homère luimême ^ se réveille en lançant le tonnerre.

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