CHAPITRE XLII
Idées ^ëaérales sur la législation de Lycurgue.
J'ÉTAIS depuis quelques jôUts à Sparte»
èl personne ne s'étonnait de m'y voir. Je fus introduit auprès des deux princes qui occupaient le trône : c'étaient Cléoraède, i3etit-fils dé ce roi Cléombrote , qui périt à la bataille de Leuctres ; et Arcliidamus , fils d'Agésilas. Le premier aimait la pais j lô second ne respirait que la guerre , e t j ouïssait d'un grand crédit. Je connus cet Anihlcidas qui , trente ans auparavant, avait ménagé un traité entre la Grèce et la Perse, Mais, de tous les Spartiates, Damonax, chez qtii je logeais, me parut le plus communicatif et le plus éclairé.
Un jour que je l'accablais de questions, il me dit : « Juger de nos lois par nos mœurs actuelles, c'est juger de la beauté d'un édifice par un amas de ruines. — k Eh bien, répondis -je, plaçons-nous au temps où ces lois étaient en vigueur; croyeî-vouS qu'il soit facile de justifier les réglemens extraordinaires et bizarres qu'elles contiennent? » — » Respectez, me dit-il, l'ouvrage d'un génie dont les vues sont tou-