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CHAPITRE PREMIER

Des ustensiles et vases employés ordinairement dans les laboratoires de chimie et de pharmacie, ainsi que de leurs usages.

Avant de commencer l'étude de la chimie , nous avons pensé qu'il importait, à ceux qui se livrent à cette science, de connaître la description des ustensiles qui composent le laboratoire du chimiste et du pharmacien, ainsi que leurs usages. Cette idée de faire ainsi précéder l'histoire de la chimie par cette description, nous paraît plus propre à l'instruction des personnes qui veulent s'adonner à cette science, et plus avantageuse pour faciliter l'étude à MM. lès élèves.

Comme nous traitons dans ce chapitre de ce qui est le plus généralement employé dans les opérations de chimie et de pharmacie, nous avons cru devoir suivre Tordre alphabétique; par ce moyen, on pourra consulter ce chapitre particulier à tout moment, sans beaucoup de difficultés pour les recherches.

ALAMBIC. ( Fojr. Planche I , fig. i . )

Appareil qui sert à la distillation des liquides, soit pour en séparer les parties les plus volatiles, soit pour priver ces liquides des substances fixes qu'ils contiennent. Il est ordinairement fabriqué en cuivre rouge et en étain. Cet appareil est composé dè trois pièces distinctes, sâVoir* : fri£. À. Une chaudière en cuivre ëtamé, destinée à renfermer les matières à distiller ; on les introduit par une ouverture tubulée et latérale ( a ) , que Ton tient bouchée avec une rondelle de liège. Fig. B. Cette partie de l'alambic est une espèce de couvercle creux en étain j on lui à donné1 le nom de chapiteau. Il porte latéralement un tuyau conique un peu incliné , qui va se rendre dans un autre conduit faisant partie de la pièce O.

Fig. C. NGrand seau en cuivre désigné sous le lioni de réfrigérant , contenant intérieurement un tuyau en étain contourné sur lui-même en forme de tire-bouchon ou de serpent, ce qui lui a fait donner le nom de serpentin. D'un côté, il s'adapte au tuyau latéral du chapiteau ; de l'autre, il donne îssuC au prbduit de la distillation, èn se joignant àu tube recourbé D qui va se rendre dans un flacon de verre. ' '

Fig. F. Tubé de cui vre mobile placé au milieu du serpentin, terminé supérieurement en forme d'entonnoir, et frrférietiremërit évasé et percé de trous } il est destiné à verser de refrufroide £6ûr refroidir le serpentin. £m donne encore ail réfrigérant une autre ferme. (Fcty. planche I , 5g. i bis. ) Cette disposition se trouve exécutée aujourd'hui darisiés nouveaux àl^mbics qu'on fabrique.

i/orsqufln veut opérer une distillation dans un alambic , on le dispose sur un fourneau établi Cti briques à cet effet, comme nous l'avons figuré sur la pl. I , fig. i. Oh. verse le liquide à distiller par la tubulure de la chaudière , jusqu'à ce qu elle en contienne les 4/5 de la ca-

parité, et ensuite on ferme avec an bouchon l'ouverture. Toutes les jointures des vases doivent être aussi fermées, en y appliquant des bandelettes de linge enduites de colle de farina. Après avoir rempli d'eau froide le seau de cuivre qui renferme le serpentin , Ton fait peu à peu du feu sous la chaudière , de manière à entretenir une ébul* lition continue. On peut faire usage de toute espèce de combustible pour chauffer la chaudière ; mais ou emploie ordinairement du bois , ou , ce qui est plus économique, du charbon de terre ou du coke.

Le liquide ne tarde pas à bouillir et a se vaporiser. Les vapeurs formées venant à passer dans le serpentin re« frotdi par le contact de l'eau froide qui l'entoure , se condensent en liquide, et le produit qui résulte de cet te condensation est reçu en D, dans un vase de verre disposé convenabl ornent.

Par suite de la distiUatiou , l'eau contenue dans le ré* f ri gérant ne tarde pas à s'échauffer beaucoup. Si on ne la remplaçait pas par de Teau froide à mesure que sa tem* pérature s'élève, l'opération se ralentirait, puisque alors une portion de vapeurs pourrait s'échapper sans avoir été condensée et serait perdue. On substitue de l'eau froide à l'eau qui s'est échauffée , en se servant du tube F çjue nous avons décrit plus haut. On la verse par Teuton* noir; elle gagne alors la partie inférieure du réfrigérant, et déplace l'eau chaude qui est spécifiquement plus lé* gère : cette dernière peut être retirée au furet à mesure que l'eau froide entre dans le tube, en ouvrant le robinet G placé à la partie supérieure du réfrigérant.

Lorsque les localités permettent d'entretenir un courant d'eau froide dans le serpentin, il est préférable de mettre l'entonnoir en communication avec un conduit qui apporte l'eau froide , et de tenir le robinet assez ou> vert pendant l'opération pour que le serpentin soit tou-»» jours couvert d'eau, ce qu'il est facile de faire en régula-

risant la quantité d'eau froide qui arrive, et celle de l'eau chaude qui sort du réfrigérant.

La distillation de l'eau, du vin, de Feau-de-vie, de l'esprit de vin, peut être faite de cette manière. Dans les laboratoires , on fait usage de l'alambic que nous avons décrit} mais dans les arts, on emploie des appareils distillatoires d'une autre forme , et qui sont plus économiques sous plusieurs rapports.

Il est quelquefois nécessaire de ne pas exposer les matières végétales , dont on veut séparer les parties les plus volatiles , à un degré de chaleur supérieur à celui de l'eau bouillante , ce qui ne manquerait pas d'arriver si elles avaient directement l'action du feu , et quoiqu'elles fus* sent placées au milieu de l'eau. Dans ce cas , la matière pourrait adhérer au fond de la chaudière , et absorber beaucoup de calorique 5 sa température alors s'élèverait au-dessus de 100 degrés, et plusieurs des principes qu'elle renferme pourraient s'altérer par suite de cette augmentation de chaleur. On obvie à cet inconvénient dans les laboratoires de pharmacie, surtout pour la distillation des fleurs et de toutes les substances végétales aromatiques, en les isolant du fond de la chaudière au moyen d'un diaphragme en étain , percé de trous , sur lequel on dispose les fleurs à une certaine distance de l'eau bouillante. La vapeur de 1 eau , en passant à travers , entraîne avec elle leprincipe volatil odorant, et va se condenser avec lui dans le serpentin. C'est ainsi qu'on prépare les eaux distillées aromatiques que Ton trouve dans les officines.

On se sert encore d'un vase cylindrique en étain muni de deux anses, et qu'on place dans la chaudière de, l'alambic. Ce vase est connu sous le nom de bain-marie. Comme il ne remplit pas toute la capacité de la chaudière en cuivre , on peut mettre encore dans celle-ci une certaine quantité d'eau : celle-ci , entourant le bain et venant h s'echauûer, communiquera une partie de son

calorique aux matières qui y sont contenues , sans toutefois élever leur température à plus de 100 degrés, puisque la température de l'eau elle-même , qui sert d'intermédiaire , ne peut passer ce terme. Ces deux modes de distillation sont fréquemment usités dans les laboratoires : on connaît le premier par le nom de distillation à feu nu, et le second par celui de distillation par inter* mède de Veau bouillante ou au bain-marie.

On peut distiller dans les alambics faits en cuivre, en étain , tous les liquides qui n'ont pas d'action sur ces métaux. On en fabrique , dans le commerce, en platine , pour la distillation de Vacide sulfurique. /

Alambic de verre. ( Planche I, 6g. 2.) Cet alambic, qui était autrefois très-employé, se compose de deux parties. La pièce A fait l'office de chaudière ; c'est dans celle-ci qu'on met le liquide à distiller 5 on la recouvre avec un chapiteau de verre qui est terminé par une rigole qui se rend dans le bec C.

Ce chapiteau porte quelquefois supérieurement une ouverture que l'on bouche, et par laquelle on peut in-* troduirc la matière à distiller. Comme la cucurbite est inégalement épaisse , et que le verre avec lequel elle est fabriquée ne p*eut supporter les variations subites de température sans se briser on chaulfe ordinairement ces alambics en les plaçant au milieu d'une terrine ou chaudière de fonte remplie de sable fin , dont on élève peu à peu la température. On peut voir la disposition de l'appareil sur la fig. n° a. Les vapeurs qui se forment dans la cucurbite À viennent se condenser contre les parois du chapiteau B, et le liquide vient se rassembler par le bec C dans un récipient que l'on place au-dessous.

A la place de cet alambic , ou emploie aujourd'hui des cornues de verre munies d'alonges et de récipiens de la même nature, comme nous l'expliquerons plus bas.

Cette méthode présente bien plus d'avantages -, elle &

6 abrégé élêmh*tàihe

laissé tomber un peu dans Foubli ces anciens alambics de verre avec lesquels on ne pouvait faire que des distillations très-lentes.

ALONGE. (Planche I, fig. 3.)

On donne ce nom à une espèce de cône tronqué , renflé vers son milieu , qui est destiné à éloigner le récipient du feu , et en même temps à faire parcourir à la vapeur un plus grand espace, pour en condenser une partie sur son passage et l'empêcher d'arriver en trop grande quantité dans le récipient. Ces alonges peuvent être de différentes natures; on emploie ordinairement celles qui sont fabriquées en verre, quelquefois celles de grès ou de cuivre; leur forme est plus ou moins cylindrique ; souvent elles sont recourbées à leurs

extrémités, (Fig. 3, n°2.)

BALLON. (Planche I, fig. 40

> Vase de verre rond comme l'indique son nom, terminé par un col cylindrique plus ou moins long. Ce vase est souvent muni de plusieurs ouvertures , ( voy. fig. a, 3 et 4) ; leur grandeur est variable. Lorsqu'ils sont pourvus d une tubulure latéralement , ils servent de récipiens pour les distillations à la cornue ; quand ils en manquent , on les emploie pour faire réagir les liquides sur les solides , et leur usage est assez fréquent dans les pharmacies pour opérer des digestions et des macérations. On les chauffe le plus souvent sur un bain de sable , ou à feu nu , en les plaçant sur un triangle de fer, disposé à une certaine distance des charbons ardens. Comme leurs parois sont pour l'ordinaire également épaisses, on peut les chauffer ainsi sans accident.

BA5LL0N à robinet. (Planche I, fig. 5.)

C'est un ballon ordinaire, de la capacité de 6 à 8 litres, dont le col est muni d une virole sur laquelle se visse un robinet de cuivre. On peut faire le vide dans ce ballon, et introduire ensuite un gaz quelconque pour en prendre la densité. Il est employé surtout pour cette opération dans les cabinets de physique. Les chimistes s'en servent quelquefois dans leurs laboratoires pour d autres usagetç on peut voir la forme du robinet adaptf au ballon sur la figure 6.

Cet instrument, pour la description et la construction duquel nous renvoyons aux ouvrages de physique, doit toujours faire partie du laboratoire de chimie. Il est destiné à faire connaître à chaque moment la pression de ^atmosphère. Son utilité est de la plus grande importance dans les expériences sur les gaz ou fluides élastiques, puisque lepluspçtif changement dépression de l'atmosphère en apporte un sensible dans leur volume^, qu'on peut calculer d'après là loi de Mariqttè. <3ej>hvsicien a prouvé que le volume d'un gaz était en raison inverse dè la pression à laquelle il était soumis1 5 ce que l'on peut exprimé!* plus simplement , en disant que Pi la pression de l'air vient à augmenter, le volume du gaz doit diminuer 5 et le contraire aura lieu pour ce der*nier , si la pression de l'air devient plus faible.

Ce changement est tel, que pour une pression double, le volume du gaz est réduit a la moitié, pour tUae pression triple au tiers ^ pour une pression quadruple au quart de son volume primitif. C'est par la hauteur du mercure dans le tube barométrique que Fon connaît la pression de lair.

A fa surface des eaux de la mer, sa hauteur moyenne

est de (ora.,76), ou environ 28 pouces. En conséquence de ce que nous ayons dit plus haut, il est facile, connaissant le volume d'un gaz à une certaine pression, de savoir ce qu'il serait à une autre pression : pour cela il suffit d'établir une règle de trois inverse. Le quatrième terme que Ton obtiendra donnera la solution du problème.

Supposons 1 litre de gaz mesuré à une pression de ora*,77 ; on désire connaître quel serait son volume à om*,76. Il faut poser ainsi la règle :

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