i litre
Cette opération se réduit à multiplier un litre par oBI-,77, et à diviser le produit par om,,76 : on aura x=^ iMNor, volume du gaz si la pression atmosphérique était à om'ij6. On apercevrait le contraire si le volume du gaz avait été mesuré à une pression de om',']5 , et si Ton voulait connaître son volume à om,,76. L'opération d'ajrithmétique serait la même :
i 76 : 75 :: 1 litre : x =
En la pratiquant comme ci-dessus, on trouverait x = 0^,98 centilitres.
Dans toutes^leurs expériences , les chimistes ramènent toujours le volume des gaz sur lesquels ils opèrent à celui qu'ils auraient à une pression de 0^,76. Mais .comme ces corps sont très-dilatables par le calorique, il faut encore tenir compte de la température au moment où on les mesure , et rapporter leur volume à celui qu'ils auraient à la température de o. Nous parlerons de cette correction lorsque nous décrirons le thermomètre et son usage. ! ;
On fait ordinairement usage dans les laboratoires du baromètre à cuvette ou de celui à syphon , perfectionné par M. Gay-Lussac. Les divisions en millimètres sont tra-
céessur une planche de cuivre annexée au tube, et à l'aide d'un petit vernier mobile on peut connaître les fractions de parties. Mais pour les expériences qui demandent une grande exactitude, on emploie celui construit par M. Forlîn, et dans lequel on peut rendre à volonté constant le niveau du mercure dans la cuvette ; par cette disposition, la hauteur du métal dans le tube donne exactement la mesure de la pression de l'air. {V'oyez l'ouvrage de physique de Biot. )
BASSINE. ( Planche I , fig. 8. )
Vase en cuivre, en plomb, en étain ou en argent, plus ou moins concave , muni de deux anses, et destiné à l'évaporation des liquides ou à toute opération dans laquelle on se propose défaire réagir certaines substances entre elles, à l'aide de la chaleur. Leur grandeur varie comme leur forme. On leur donne souvent une forme ovoïde. (Fig. S bis, ) Les plus employées sont en cuivre rouge.
Quelques-unes sont étamées dans l'intérieur. Les bassines en argent sont seulement employées dans le cas ou le liquide qu'on fait évaporer a de Faction sur le enivre ou Té tain.
; BOCAL. (Planche I, fig. 9. )
Vase cylindrique à large ouverture, dont on se sert pour la conservation des substances solides minérales, végétales ou animales. II y en a de deux sortes -, les uns sont à col droit A , les autres à col renversé B. On les tient fermés, soit avec un bouchon de liège, soit avec unmorceau de parchemin -, et comme on le pratique dans les boutiques , on les recouvre d'une petite boite ronde en carton ou en fer-blanc peints, qui fait l'office de couvercle.
10 Abrégé élémehtàjke
CAPSULE;. (Planche I, fig. iq.) , •
Vase présentant la forme d'une demi-sphère creuse , destiné à faire évaporer ou concentrer les liquides. Ces ustensiles sont de métal , de verre ou de porcelaine. Ils sont très-employés dans beaucoup d'opérations chimiques et pharmaceutiques. Les capsules de platine dont on fait un grand usage dans les laboratoires et dans les arts , jouissent, indépendamment de l'inaltérabilité par le feu, de la propriété de ne pas être attaqués par un assez grand nombre de corps , ce qui en rend l'emploi trèspréciçu*, Malheureusement, ce métal est encore rare iansje commerce, et surtout d'un prix assez élevé.
CHALUMEAU. (Planche I, fig. n.)
Tube creux, recourbéà Tune de ses extrémités, et renr fié en une boule qui est elle-même terminée p^r un petit tube conique dont l'ouverture est très-étroite. On le construit ordinairement en cuivre jaune. On peut, à l'ftîfte de çet instrument, diriger un courant d'air sur la flamme d'une bougie, et exposer sur son jet un petit fragment de matière } enfin produire sur elle une très-forte chaleur, capable de fondre même des substances réfraçtaires. Cet instrument est employé surtout par les minéralogistes et les chimistes pour l'essai des minéraux. Il est alors composé de quatre parties : i° d'un petit tuyau d'iyoîre B, aplati et légèrement évasé; 2° d'un tube de cuivre cylindrique dont Tune des extrémités reçoit à frottement le petit tuyau d'ivoire; 3° d'une cavité cylindrique ou oblongue appelée réservoir B ; 4° d'un 'ajutage conique C, qui peut s'y visser, et qui doit être ' terminé par un métal infusibîe, tel queleplatine. Quand on se sert du chalumeau , on met dans la bouche l'extrémité B , qui est en ivoire, et on dirige l'autre extrémité Ç sur la flamme d'une bougie ou d'une lampe , afin que
DB CHIMTE. II
l'air que Ton insuffle par le tube porte le jet'qui est produit sur le corps soumis à Pexpérience. ( Fig. i a. ) Ce dernier est ordinairement placé dans une petite cavité, creusée surun morceau de charbon de bois, ou dans une petite cuiller de platine. Lorsqu'il s'agit de faire réagir la substance que Ton chauffe au chalumeau avec des flux oufondans, on doit employer pour support de très-petites coupelles, faites avec un mélange de kaolin et de terre à pipe, que l'on place elles-mêmes suruncharbon pendant la calcination. Cette méthode, qui présente des avantages réels pour les essais minéralogiques au chalumeau, est due au respectable M. Lebaillif, connu de la plupart des, savans, autant par les rapports scientifiques qu'amicaux qu'il entretient avec eux.
CLOCHE. (Planche If fig. *3.)
. Cylindre creux ou manchon de verre ou de cristal , ouvert d'un côté et fermé de l'autre. La portion fermée est arrondie et terminée par un bouton de verre au moyen duquel on peut la saisir. Ces cloches 6ont employées à recueillir les gaz, sous l'eau ou le mercure-, les faire passer d'une cloche dans une autre, et à mesurer leur yoiume ; quelques-unes sont percées de deux ouvertures latérales et destinées à d'autres usages. Fig. 3, 6.
• CLOCHE GRADUEE. (Planche I , fig, 1 3, c.)
Cloche sur les parois de laquelle on a gravé, avec un diamant, une division en un certain nombre de parties égales. Pour la faire, on verse dans la cloche une mesure connue d'eau et de mercure , et l'on note chaque fois à quelle hauteur le liquide s'est arrêté; ensuite l'on subdivise chacune de ces parties en parties fractionnaires. Il est essentiel d'opérer à la même température, et d'éviter le contact de tout ce qui pourrait l'élever , car lés capacités des vases venant à augmenter par la' dilatation, ainsi
que le volume des liquides dont on fait usage pour le jaujage, il y aurait plusieurs causes d'erreurs. Gomme il n'est pas facile de travailler toujours à la même température, on peut corriger cet effet par le calcul.
Le but qu'on se propose, en mesurant les gaz dans ces cloches , étant de connaître exactement leur volume , il y a plusieurs soins indispensables à prendre pour l'évaluer.
D'abord, il est essentiel que le liquide contenu dans la cloche soit mis au niveau du liquide de la cuve, ce qu'on peut faire en abaissant la cloche doucement, et lisant dans cette position à quel trait de la division le volume du gaz correspond. L'on conçoit que, si l'on n'établissait pas ainsi l'équilibre, le volume du gaz serait plus grand qu'il ne l'est réellement, puisqu'il serait soumis à la pression de l'atmosphère, moins une pression égale à la colonne du liquide au - dessus du niveau extérieur de la cuve où l'on fait l'expérience. A mesure que Ton abaisse la cloche, l'on voit le volume diminuer ; il ne faudrait pas l'enfoncer jusqu'au-dessous du niveau, car l'on commettrait encore une erreur par la compression où le gaz se trouverait alors exposé. On doit donc chercher à établir aussi bien que possible le niveau du liquide dans la cloche et la cuve. Comme il ne serait pas facile de maintenir ainsi verticalement une grande cloche avec la main , et d'examiner la division , si l'on était seul , on la fixe dans une pince en bois , où par un léger frottement, on peut la faire descendre et monter , et la rendre fixe au moyen de la pression d'une vis. On peut voir un exemple de cette disposition sur la planche II , fig. 22. Ce petit appareil imaginé par M. Gay-Lussac, pour l'analyse des gaz, est fait en bois. Nous en donnerons la description qui est facile à comprendre , lorsque nous ferons celle du tube gradué , pour lequel cet appareil est surtout employé ; niais on conçoit qu'en lui donnant de grandes dimen-
PB CHIMIE» l3
sions , il serait d'une grande utilité dans la circonstance où Ton opérerait avec une cloche de plusieurs litres de capacité.
'En prenant rigoureusement la hauteur verticale de la colonne du liquide dans la cloche, à partir du niveau du liquide delà cuve, on pourrait aussi calculer le volume rée* du gaz qu'elle contient, et obtenir le même résultat que si Ton avait établi les deux niveaux. Les calculs seulement doivent diflérer si le liquide est du mercure ou de l'eau , puisque ces deux liquides ont des densités différentes. Donnons , par un exemple , quelques éclaircissemens sur cette méthode. Si Von suppose une cloche de verre de la capacité d'un litre, à moitié remplie d'un gaz et reposant sur une cuve à mercure, il sera facile, dans la position où se trouve la cloche, de connaître le volume du gaz ; pour cela il suffira de mesurer la hauteur verticale du mercure dans la cloche, et de soustraire le nombre qui exprime cette hauteur de celui -que donne, au moment où Ton expérimente, la pression de l'air.
Admettons que le volume du gaz dans la cloche soit de 100 parties , que la hauteur du mercure dans le baromètre soit de om'^6'y que celle du mercure qui est au-dessous du gaz dans la cloche soit de o™*^; parconséquent le gaz sera soumis dans la cloche à une pression égale à om',76 moins om',07, c'est-à-dire à o™*,^; or en multipliant 100, volume de gaz par om'96g, et divisant le produit par om ,*]6 , on aura à cette pression , son volume égal à 90, 7/10 :
on,,76 : o"',67 : : 100 :*x=90, 7.
Si l'on opérait avec une cloche sous l'eau, il faudrait alors soustraire om.,o7 de rom.,368, puisque l'eau est i3 fois et demie environ moins pesante que le mercure , et que , d'après les règles d'hydrostatique , pour que Téquilibre ait lieu entre deux Hquides ditferens,
l4 ABRÉGÉ ÉLÉMENTAIRE
leur hauteur verticale doit être en raison inverse de leur densité. Ainsi , une colonne d'eau de io%36$ fait équilibre à une colonne de mercure de om',76.
CLOCHE RECOURBÉE. (Planche I, fig. i3.)
Cette espèce de cloche est construite avec un tube de verre creux fermé et un peu recourbé à Tune de ses extrémités. Elle est employée dans tin grand nombre d'expériences sur le mercure pour calciner certaines substances dans un volume déterminé de gaz. On porte ces substances dans la partie courbe à l'aide d'une petite pince en fer qui s'ouvre avec facilité ; on les place dans une petite cuiller de platine lorsqu'on cherche à recueillir le résultat , et on chauffe le tube avec la flamme d'une lampe à esprit de vin.
CLOCHE à robinet.
C'est une cloche ordinaire de verre ou de cristal , ouverte supérieurement et garnie , comme le ballon à robinet, d'une virole en cuivre et d'un robinet de même métal. Elle est fréquemment employée dans les laboratoires pour faire passer les gaz , soit dans un ballon de verre ou des vessies également munies de robinet. Pour y parvenir, on fait le vide dans le ballon avec une machine pueumati que, on le visse ensuite sur le robinet de la cloche remplie de gaz, on ouvre les deu x- robinets , et Ton voit le liquide remonter dans la cloche à mesure que le gaz pénètre dans le ballon $ en même temps on entend un sifflement. On juge que le ballon est rempli, quand on ne remarque plus l'ascension de l'eau dans la cloche , alors on la descend doucement jusque l'établissement du niveau du liquide intérieur, et l'on ferme dans çet état les deux robinets. Si l'on voulait remplir une vessie , on en exprimerait l'air par la pression et en-
DE CHIMIE. l5
suite la succion; du reste , on s'y prendrait comme pour remplir le ballon de verre.
CORNUE. (Planche I,fig. i^)
Vase distillatoire, pyriforme, dont le col assez long, est recourbe et tait tin angle avec la partie renflée. H y a trois parties distinctes dans une cornue : i° la partie recourbée (à) porte le nom de col $ a* la partie supérieure (b) est appelée voûte , et la partie inférieure (c) est désignée sous le nom de panse ou ventre. Quelquesunes sont tubulées à la partie supérieure, et peuvent être tenues fermées avec un bouchon de cristal Ou de liège. On les connaît sous le nom de cornues tabulées. On les fait en verre , en terre cuite , en porcelaine , en pla> tine, en argent, en fonte et en plomb. Celles qui sont construites en métal sont formées de trois parties qui peuvent s'ajuster à frottement les unes dans les autres (voyez fig. i5). Elles servent pour distiller les matières qui peuvent attaquer Je verre ou le grès. Indépendamment de leur usage comme appareil distillatoire, elles sont employées pour exposer certaines substances à l'action d'une forte chaleur et obtenir les fluides élastiques qui se dégàgent pendant cette calcination. Mais pour cette opération on se sert de cornues de grès ou de porcelaine, et afin d'empêcher qu'elles ne se brisent par le plus petit changement brusque de température , on les recouvre d'une couche de terre argileuse mélangée de sable , et qu'on laisse bien sécher. L'ouverture étroite du col permet d'y ajouter un bouchon de liège traversé par un tube de verre recourbé, de manière à pouvoir recevoir les gaz sous des cloches remplies d'eau ou de mercure. Dans la distillation qu'on fait avec une cornue, on ajuste à son col une alonge de verre qui va se rendre dans un ballon tubulé qu'on a soin d'entourer d'eau froide, ou de linges mouillés, pour condenser les vapeurs qui y arri-
l6 ABRÉGÉ ÉLÉMENTAIRE
vent (voyez fig. 16). Nous aurons occasion de voir cet appareil, par la suite, employé dans beaucoup d'opérations chimiques et pharmaceutiques.
CREUSET. (Planche I, fig. i5.)
Vase de forme conique et quelquefois triangulaire T dans lequel on soumet les corps à Faction de calorique , dans l'intention de les fondre ou de les combiner entre eux. Les creusets qu'on emploie dans les laboratoires sont faits de terre ou de métal. On doit, pour la confection des creusets de terre, faire usage de mélanges terreux infusibles , tels que de l'argile et du sable purs , c'est-à-dire, privés autant que possible de terre calcaire qui déterminerait plus ou moins rapidement leur fusion; pendant long- temps les creusets d'Allemagne seuls ont joui d'une réputation méritée par leur qualité réfractaire, aujourd'hui elle existe encore, mais quelques fabricans français sont parvenus à les imiter dans ces derniers temps , et à livrer aux arts des creusets aussi bons que ceux que nous tirions de chez nos voisins. Quand on expose un creuset à l'action du feu dans un fourneau , on le place à une certaine distance de la grille sur un morceau de brique , ou un support en terre infusible d'un pouce à deux d'élévation ; on le recouvre de son couvercle qui doit être de la même nature que la substance du creuset, et on l'entoure de charbons allumés de manière à le tenir rouge dans toute sa hauteur aussi long-temps que cela est nécessaire. Si le creuset doit éprouver une haute température , comme cela arrive lorsqu'on le chauffe à un feu de forge alimenté par un soumet, on lute avec un peu de terre infusible le couvercle avec le creuset et celui-ci avec le support, afin d'empêcher qu'il ne se renverse pendant l'opération. Les creusets de métal sont en argent ou en platine , quelquefois mais rarement en or. Leur forme est cy-
lindrique, ils sont d'un fréquent usage dans le laboratoire, surtout pour les recherches scientifiques, principalement les creusets de platine qui joignent à leur inaltérabilité et leur infusibilité à la chaleur de nos fourneaux, de n'être point attaqués par un grand nombre de substances. Pour la réduction de certaines mines ou oxides métalliques, on remplit les creusets de terre d'un mélange de charbon pulvérisé et d'une petite quantité d'argile détrempée dans l'eau. Lorsque ce mélange a été introduit avec pression dans le creuset, et qu'il est sec, on pratique au milieu de cette masse solide une petite cavité d'un pouce à un pouce et demi de profondeur, sur 4 à 5 lignes de largeur. C'est dans cette cavité qu'on met la mine réduite en poudre. Les creusets ainsi préparés sont connus sous le nom de Creusets brasques.
CUILLER à projection. (Planche I, fig. 17.)
Demi-sphère creuse en fer, attachée à l'extrémité d'une longue tige de même métal , employée pour chauffer certaines substances , ou les projeter dans des creusets de terre rougis au feu.
CUVE pneumatique à l'eau ou hydro-pneumatique.
(Planche I, fig. 18.)
Caisse rectangulaire en bois, doublée de plomb et remplie en partie d'eau , dont on se sert pour recueillir et transvaser les gaz. Elle est supportée par quatre pieds en bois. Un robinet est placé au bas de Tune des parois pour vider l'eau qu'elle renferme, lorsqu'elle est devenue malpropre par suite des opérations qu'on a faites.' Une tablette en métal, percée de trous, glisse à volonté dans deux rainures métalliques, adaptées aux deux parois internes opposées. C'est sur cette tablette qu'on place les cloches remplies d'eau pour recueillir les gaz ; on engage dessous les trous l'extrémité des tubes re-
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courbés qui les conduisent à leur sortie des appareils. Un des trous de la tablette correspond à un entonnoir très-évasé, placé dessous (fig. 19 ) 5 c'est à l'aide de cet entonnoir qu'on peut transvaser le gaz d'une cloche dans une autre , en engageant l'ouverture de la cloche qui en contient sous l'ouverture de l'entonnoir, et disposant audessus une cloche remplie d'eau.
Cuve à mercure, ou hydrargiro-pneumatique. Cette cuve est ordinairement un bloc rectangulaire , de pierre ou de marbre , creusé intérieurement et destiné à contenir du mercure -, elle est pourvue d'une petite tablette comme la cuve à eau qui entre dans deux rainures faites dans les parois de la pierre ou du marbre. Une échancrure est pratiquée à la paroi supérieure de la cuve ; elle est garnie d'une glace , au moyen de laquelle on peut observer la hauteur du "mercure dans les tubes gradués qut servent à mesurer les gaz ; et afin de pouvoir établir le niveau entre le mercure renfermé dans le tube gradué et celui de la cuve , on a creusé dans l'épaisseur de la pierre ou du marbre , un trou destiné à recevoir le tube , ce qui permet de l'enfoncer autant que cela est nécessaire. Mais il est préférable pour ces expériences de faire usage du petit appareil imaginé par M. Gay- Lussac, et dont nous donnerons la description à l'article Tube gradué.
ELECTROPHORE. (Planche I, fig. 20.)
Instrument de physique qui sert à développer instantanément de l'électricité pour l'inflammation des gaz dans^reudiomètre. Il est composé d'un gâteau derésine A qu'on frotte avec une peau de chat, et sur lequel on pose un disque métallique B isolé par un manche de verre C pour le soulever. Lorsqu'on veut charger ce plateau d'électricité, on frotte la résine avec la peau de chat bien sèche, on place le disque mé-
tallique dessus , et on touche avec un doigt la partie supérieure du disque. En retirant alors le doigt, et soulevant ensuite le disque, on peut en tirer une étincelle électrique. (Voyez pour la théorie de cet instrument , les ouvrages de physique. )
ENTONNOIR. (PL-mche I, fig. ai.)
Vase creux conique, terminé par une douille plus ou moins longue; la plupart sont en verre, quelquefois
aussi ils sont en métal (cuivre, ou fer blanc). On s'en sert pour transvaser les gaz et les liquides ou pour filtrer. Bans ce dernier cas , on dispose dans leur intérieur une feuille de papier gris ou blauc non collé , pliée en forme d'éventail, et connue dans les laboratoires sous le nom de filtre , à cause de son usage. Quand on veut opérer une filtratîon avec des entonnoirs, on les pose sur un support comme la figure ai le représente, et on met dessous des flacons ou des terrines pour recevoir le liquide filtré. La grandeur des entonnoirs est très-variable; ceux qui sont employés pour transvaser les gaz sur le mer* cure, sont plus petits que les autres, et ont une forme particulière, comme on peut le voir sur la figure À.
ÉPROUVETTES. (Planche II, fig. 1.)
Petites cloches, de forme cylindrique, longues , faites en verre ou en cristal , quelquefois munies d'un pied, et employées poUr l'essai des gaz èt constater leurs principales propriétés , soit en les mettant en contact avec un corps enflammé, ou avec certains réactifs qui démontrent îéur nature. On emploie souvent celles qui ont un pied, pour laisser déposer les substances qui sont en suspension dans les liquides et les examiner.
ETUVE.
Gë& un lieu dont k température ast.plus âevéç q»e
celle de l'air ambiant et qui sert à opérer une évaporation lente des liquides faciles a altérer par le feu, ou la dessiccation des substances solides, sans les exposer aune chaleur capable de les décomposer. Les étuves que Ton emploie dans hs arts , sont des chambres plus ou moins grandes, échauffées par des poêles de fonte, et dans lesquelles on peut entretenir une chaleur constante de 5o à 60 degrés. On range , sur des tablettes disposées en étages , les substances à dessécher. Dans les laboratoires, on se sert d'un pelit appareil échauffé par la chaleur qui se dégage, de la flamme d'un quinquet. Cet appareil, imaginé par M. d'Àrcet, consiste dans une boite rectangulaire, plus haute que large , faite en bois de chêne ou de sapin, et munie, au devant, d'une porte, à l'instar d'une armoire. ( Voyez planche II, fig. 2.)
Cette boîte est percée , au bas , d'un trou circulaire dans lequel on fait passer un tuyau de tôle, terminé en champignon A. C'est dans ce tuyau qu'on fait passer la cheminée de verre d'un quinquet à une branche B. Il existe , à'différentes hauteurs, des trous CCC, d'un pouce de diamètre, que l'on peut tenir bouchés ou débouchés , suivant que l'on désire augmenter ou diminuer la chaleur de l'étuve, et on met les matières à évaporer ou à dessécher sur dès grillages en' laiton DDD , soutenus à une certaine distance les uns au-dessus des autres, par des tasseaux en bois. Cet appareil doit être plaeé vçrtica7
4ement contre un mur. Comme sa grandeur n'excède pas f pied de profondeur sur 3 ou 4 pieds de hauteur, on
-peut le suspendre à un des coins du laboratoire.
Étuve à vapeur. Cette étuve consiste en plusieurs boi-
-tes cylindriques de fer-blanc, dont les fonds se trouvent échauffés par de U vapeur d'eau qui les touche. On place les substances à dessécher dans les boîtes par couches minces et sur des carrés de papier. L'avantage que présente cette étuve est de ne jamais donner une tonipéra-
ture plus élevée que 100 degrés, puisque la vapeur d'eau, à la pressiou ordinaire de l'atmosphère , a constamment cette température. Elle est employée quelquefois dans les recherches scientifiques.
EUDIOMÈTRE. ( Planche II , fig. 3. )
Instrument dont on se sert dans les laboratoires de chimie, pour analyser les gaz , en les mêlant, soit avec de l'oxigène ou de l'hydrogène , et déterminant leur inflammation par une étincelle électrique. Il est formé par un tube de verre très-épais , fermé supérieurement par une virole en cuivre A ou en fer , à travers laquelle passe une tige de métal 6, terminée par une boule à la partie supérieure, et recourbée à sajpartie inférieure C. Cette tige est mastiquée , avec de la résine ou de la cire à cacheter , dans un tube de verre qui l'isole des parties métalliques environnantes. L'eudiomètre porte à sa partie inférieure une garniture de métal , qui s'ouvre à charnière et dans laquelle on a disposé une soupape pour laisser un passage au liquide, lors de la combinaison des gaz, et que leur condensation a lieu par l'étincelle électrique.
La figure 3, pl. II, représente un eudiomètre fermé etun autre ouvert, tel qu'il doit l'être lorsqu'on est prêt à y introduire les gaz , avec un petit entonnoir de verre. L'eudiomètre que l'on emploie pour les expériences sur l'eau est fait en laiton. Les garnitures doivent être en fer doux, quand l'eudiomètre doit servir pour la cuve à mercure, à cause de l'action de ce métal sur le laiton.
Quand on veut se servir de l'eudiomètre, on le rcrar plit d'eau ou de mercure, ensuite on mesure les gaz dans un tube gradué et on les fait passer successivement, à Faite d'un petit entonnoir dans l'eudiomètre. On ferme Finstrument , on essuie bien la garniture supérieure avec du papier Joseph , et on la met en communication avec le sol, par une chaîne métallique , ou eu la touchant sim-
22 ÀBUÉGE -ÉLÉMENTAIRE
plement avec le doigt. Alors on approche de la boule 6 le disque de l'électrophore chargé d'électricité , ou une bouteille de Leyde; il y a aussitôt production d'une vive lumière avec une légère secousse dues à la combinaison et à la condensation des gaz. On fait alors passer le résidu de la combustion dans le tube gradué , pour noter de quelle quantité a été l'absorption.
L'eudiomètre à mercure n'est point muni d'une soupape , comme celui à eau. Ou le ferme avec un Obturateur qui peut se visser à la partie inférieure.
On emploie encore dans les laboratoires , d'autres appareils pour l'analyse de certains gaz j nous en parlerons par la suite dans cet ouvrage.