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CHAPITRE IV

L'histoire des corps inorganiques, comprenant l'élude des corps simples et des combinaisons qu'ils peuvent for-» mer entre eux, doit naturellement précéder l'exposé des substances tirées du règne organique. Ces dernières, à la vérité, bien différentes des première» sous un grand nombre de rapports, ne sont néanmoins qu'une associa-

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tion des mêmes élémens qu'on rencontre abondamment dans le règne minéral , association à laquelle la nature si puissante a donné, avec des formes nouvelles et variables , des propriétés qui tiennent moins à la composition des corps qu'aux fins pour lesquelles ils ont été créés. G'est à l'accomplissement de certains phénomènes, déterminés par l'ensemble de ces propriétés'particulières , que Ton doit attribuer l'exercice des fonctions qui caractérisent essentiellement la vie des corps organisés.

Nous diviserons donc l'étude de tous les corps naturels comme ils ont été classés, c'est-à-dire en trois règnes. Dans la première partie de cet ouvrage nous traiterons des substances qui font partie du règne minéral, et dans la seconde des différons principes qui, par leur union, composent les végétaux et les animaux.

Avant de commencer l'étude de chacun des corps simples renfermés dans les deux sections que nous avons rapportées plus haut , nous croyons devoir examiner deux corps qui sont très-répandus , l'air et l'eau, dont les propriétés et la composition doivent être connues pour l'explication d'une infinité de phénomènes qui se produisent ordinairement , et qui ne pourrraient être compris si on ignorait leur véritable nature. Si la marche que nous adopterons dans nos descriptions n'est pas aussi méthodique que beaucoup d'autres, elle a,, nous le pensons, l'avantage d'être plus à la portée des élèves. D'ailleurs, cette méthode, qui nous parait bonne sous bien des rapports, a été suivie par plusieurs chimistes distingués dans les leçons, qu'ils professaient, et nous nous sommes fait un devoir de suivre la route qui nous avait été tracée par l'illustre professeur qui nous a précédé dans Tenseignement qui nous est aujourdj^ui confié.

' De faw atmosphérique.

On a donné le nom d'air à ce fluide particulier qui

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entourô de toutes parts notre globe, et qui forme autour de lui une couche de quinze à seize lieues. Ce fluide, transparent, invisible, jouit d'une grande élasticité qui peut être démontrée par plusieurs expériences. Sa pesanteur, niée d'abord par les anciens , a été reconnue par Galilée , Toriceili et Pascal. On peut s'en assurer en pesant un flacon rempli d'air, comprimé, ou en mettant en communication avec l'atmosphère un ballon dans lequel on a d'abord fait le vide. On remarque, en fixant le bain Ion sur le plateau d'une balance, qu'il pèse davantage lorsque l'air atmosphérique y a pénétré et en a rempli toute la capacité.

La pression qu'exerce l'atmosphère sur tous les corps à la surface de la terre n'est cependant pas sensible pour nos organes, qui l'éprouvent également dans tous les sens au dehors comme à l'intérieur, ce qui nous empêchecTen ressentir les effets, qui sont d'ailleurs très-marqués , et qu'on peut rendre manifestes dans beaucoup de circonstances. L'ascension des liquides dans les tubes, où l'on fait le vide au moyen de pompes , est une preuve de cette pression , qu'il est permis d'estimer depuis la découverte importante de Toriceili. La hauteur du mercure dans le tube barométrique, soumise aux variations de la pression atmosphérique, en est devenue la mesure exacte. On a reconnu que cette pression moyenne peut faire équilibre, au niveau des eaux de la mer , à une colonne de mercure deo™*, 76, ou environ 28 pouces de hauteur. L'atmosphère étant formée de molécules pesantes et formant une couche épaisse autour de la terre , on conçoit que la couche dair qui touche sa surface doit supporter tout le poids des couches qui sont au-dessus d'elle, et que cette pression doit aller en diminuant à mesure qu'on s'élève dans les régions supérieures. C'est encore à l'aide dubaro- ' mètre qu'on peut vérifier tous ces résultats.

L'air atmosphérique , essentiellement nécessaire à la

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vie de tous les animaux, avait été regardé pendant longtemps comme un élément ou un corps simple. C'est aux travaux de plusieurs savans , entrepris vers la fin du. dix-huitième siècle, qu'on doit la connaissance de ses parties constituantes,. et principalement aux expériences de Schèele et de Lavoisier.

. L'air est formé de gaz oxigène et de gaz azote dans le rapport de 21 à 79 -, indépendamment de ces deux principes , il renferme de la vapeur d'eau dont la quantité est très- variable suivant sa température , ainsi que du gazacide carbonique dont la proportion peut augmenter suivant une foule de circonstances.

La présence de la vapeur d'eau dans l'air, les changemens d'état qu'elle peut éprouver sont les causes de plusieurs phénomènes météoriques, tels que la formation, des nuajjfc , de la pluie , de la neige , de la rosée et de la gelée blanche. Plusieurs expériences sont propres à mettre en évidence l'existence de la vapeur d'eau dans l'air. Lorsqu'on place dans un flacon de verre un mélange de: glace pilée et de sel gris ordinaire , on remarque que les. parois externes se recouvrent en peu de temps, par suite du refroidissement des couches d'air qui les touchent , de petits cristaux blancs d'eau congelée. Plusieurs substances très-avides d'eau, exposées à l'air, s'huinectentbientôt et se liquéfient par suite del'absorption de la vapeur. C'est cequel'on peut démontreren laissant à l'air libre, lorsqu'il paraît sec en apparence , des fragmens de chlorure de calcium fondu , de la potasse caustique , ou plusieurs sels- Toutes ces substances se couvrent d'humidité en peu de* temps, et finissent par devenir liquides si le contact est. suffisamment prolongé. C'est d'après ces propriétés que* plusieurs d'entre elles sont employées pour dessécher les gaz dans beaucoup d'expériences , comme nous le verrons par la suite.

Le gaz acide carbonique forme une petite fraction, de

l'air qui ne s'élève, d'après les expérience tic M.' l'héodore de Salissure , qu a de lair atmosphérique

pur , tel que celui qui peut exister au milieu dune plaine. La respiration et la combustion étant des' sources constantes de production de ce gaz , on conçoit facilement que sa quantité doit augmenter dans les lieux' du se trouvent réunis un plus grand nombre de pcrson-J nés ou d'animaux [qui respireront le même air, et où la mibustion des matières organiques altérera plus our moins la composition de ce fluide. •• ■>

Plusieurs oxides métalliques jouissant de la propriété de se combiner immédiatement avec l'acide carbonique gazeux, sont mis en usage pour démontrer sa présence dans Tair. lorsqu'on abandonne dans son milieu une solution de protoxide de calcium (eau de chaux) on remarque qu'il se formé bientôt à la surface de éette so^i lution , qui était parfaitement limpide , une pellicule* blanchâtre , qui par l'agitation se brise et se précipite au fond du vasei Si la solution reste expdsée a lair* * on voit qu'il s'en forme une nouvelle , et ainsi de suite jusqu'à'ce qu'il n'y ait plus de chaux en solution. Cette1 pellicule est le résultat de la! combinaison de l'adde car-' boàkme atmosphérique avec la chaux. Son poids peut' faire connaître la quantité d'acide carbonique renfermé dans une quantité connue d'air.; ' .-,»,.•

C'est d1 après ce principe qu'est fondé» son évaluât î oh directe» Mais au lieu d'eau de chaux , on emploie uner solution de protoxide de barium (eau devante ) jquj se. comporte de la même' manière. L'expérience jae fait £nu versant une certaine quantité de cette solution dans un . vaste ballon de verre , muni d'un robinet, dont la ca-t, pacité est connue ; en agitant pour absorber tout l'acide carbonique, l'eau de baritc se trouble, et il s'y produit un précipité blanc insoluble de sous-carbonate de barite. On répète la même opération en introduisant de

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nouvelles quantités d'air, après avoir faille vide 4ans Je bal ln n pour extrajre les portions d'air qui ont été priy ces 4 acide carbonique, et par ce inoyen ou peut mettgfi en contact avec leau de barjte une assez grande quantité d'air. Eu tenant compte de la température et (Je, la pression auxquelles on a expérimenté, on peu*, par le poids, du carbonate de parité obtenu, dont h qqmjjqsjtion élémentaire est 4'ail}eurs, par^itemenÊ connue , calculer avec une grande exactitude Ja proportion,

d'acide carbonique contenu dans Ta,ir. : , . :,

I 3$. Théodore de §aussure a o^terminépar ce proqéfié les quantités moyennes 4« ceiJ i aci4fi, répandues, dans, r^mpsp^re. observions qu'U a foites dan%un^; praVte de? Çbambeisy, à ^rpis quarts., de feue; de Qm^t indiquent que cette, quantité m oy cime, sur 10,000 parties d'aiç , es* égale h 5 w plus esactemcnjt à 4^, J^e, maximum 4* ce gaz es; 6,2^ le.minimum est, 3,7. ,f méme^auteu* a remarqué que la ^nti|é: moyenne; 4e gai» ajîide carbonique augmentai* en M et dimûn|ai^: en. J^r^er,» I") apiAs le, u imc moyen d une ti entame d oIj- Wftg}iqn*, l^qua^ité d'açi4£ çft^qnîque, 4es mojs ^} décembre,, de janvier, ^^^^.«lifmf^îqiidii j^ur^ est a celle des mois de iuin. juillet et août dans le ran-

8Prt4l^!lp<èi{Si7v;iuij ' i * . . i» :jî:.. . , ,.:iUii" .

Un des résultats les plus remarquables obtenus par M. Théodore de Saussure "y est la différence des quantités de igaq acide carbonique renfermé dans. l'air, par uH temps, calme , pendant le jour et pendant la nuit, \5oici un. extrait du tableau des expériences qu'il a faites le

mémo Jour en arase uampagne , à midi et à onxe du soir t . '4«iM'i

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