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CHAPITRE VIII

Iode.

Ses combinaisons avec Toxigene , Vhydrogene , le chlore, le brome, Viode , le carbone et Thydrogène deuto-carboné.

L'iode , dont l'histoire doit suivre celle du chlore et du brome , par l'analogie qu'il présente avec ces deux corps , a été découvert accidentellement en 1 81 1 , par M. Courtois , salpétrier , à Paris. Ses propriétés , reconnues en partie par M.. Clément , furent soumises à un examen plus détaillé par MM. Gay-Lussac et Davy. C'est à ces deux chimistes qtlfe l'on doit la connaissance exacte des propriétés singulières de ce corps , regardé comme simple, et auquel M. Gay-Lussac a proposé de donner le nom d'iode 5 mot dérivé de tw^ç , violet , à cause de la vapeur violette qu'il répand lorqu'on le chauffe.

Sa présence a d'abord été signalée dans la soude de varecks et Ja cendre de plusieurs autres plantes marines , telles que certains fucus et ulva , où il existe à l'état de combinaison avec le potassium. Depuis on l'a trouvé, mais en petite quantité, dans les eaux de la mer, et dans celles de quelques sources salées du Piémont. Plusieurs productions animales , telles que les éponges , les enveloppes de quelques crustacés, en ont offert aussi de trèspetites quantités. M. Vauquelin vient de découvrir récemment ce corps dans le règne minéral. Il l'a rencontré uni a l'argent ( iodure d'argent) dans une mine d'argent des environs de Mexico.

Extraction. L'iode se retire des eaux mères de la

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soude de varecks où il existe en plus grande quantité que partout ailleurs. Cette soude, que Ton fabrique en Normandie , sur les bords de la mer , par la combustion de ces plantes , renferme une grande quantité de chlorure de sodium (sel marin) , du sulfate de soude et de potasse , et une petite quantité de carbonate de soude et d'iodure de potassium. Si après avoir lessivé cette soude et filtré la solution pour la séparer des substances insolubles, on la fait concentrer, la plus grande partie du sel marin cristallise } il reste alors un liquide coloré en jaune brunâtre, qui, isolé de tousles cristaux de sel qu il peut fournir par évaporation , ne contient plus alors que lHodure de potassium uni à quelques portions de sel marin. C'est à ce liquide coloré , dans lequel les cristaux se sont formés , qu'on donne le nom d'eau mère de la soude de varechs.

Pour en extraire l'iode , on mêle ce liquide avec son poids d'acide sulfurique concentré dans une cornue de verre, munie d'une alonge et d'un ballon , et on chauffe peu à peu. Dès que le mélange de l'acide et du liquide est opéré, il se manifeste des vapeurs blanches et ensuite des vapeurs violettes abondantes. Les premières sont {lues à la petite portion de chlorure de sodium qui accompagnait l'iodure , et qui produit de l'acide hydrochlorique avec l'acide sulfurique -, les secondes , formées par la vapeur d'iode , proviennent de la décomposition, de l'iodure de potassium par l'acide sulfurique. La réaction de cet acide sur l'iodure de potassium est la même que celle qu'il exerce sur le chlorure de sodium {voyez Acide hydrochlorique ). Mais ici l'effet est compliqué ; à mesure que l'acide hydriodique est produit par la décomposition de l'eau et de l'iodure de potassium , l'acide hydriodique est décomposé par l'excès d'acide sulfurique , d'où résulte de l'eau , du gaz acide sulfureux et de l'iode. Les vapeurs de ce dernier se condensent en partie,

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dans le col de la cornue et dans l'alonge, sous la forme de paillettes noires et cristallines. L'oxidede potassium, formé pendant l'opération , reste à l'état de sulfate de potasse au fond de la cornue.

Suivant M. Wollaston , en ajoutant au mélange d'eau mère de soude de varecks et d'acide sulfurique une certaine quantité de peroxide de manganèse , on favorise beaucoup la décomposition de l'acide hydriodique dégagé 5 dans ce cas , cet oxide métallique agit comme dans l'extraction du chlore.

Lorsque l'opération est terminée , on recueille avec soin l'iode qui est condensé dans l'alonge et on le lave d'abord avec une petite quantité d'eau froide , pour enlever l'acide hydrochlorique dont il est mouillé ; puis , après l'avoir bien desséché , en le pressant entre des feuilles de papier joseph , xm le distille sur du chlorure de calcium fondu pour le priver d'eau. Cette dernière opération estseulement pratiquée dans les laboratoires ; on le livre au commerce après l'avoir lavé et séché sur du papier.

Propriétés. L'iode est solide à la température ordinaire, d'un noir bleuâtre avec éclat métallique ; il est ordinairement en petites lames de différentes dimensions et peut affecter des formes régulières rhomboïdales ou octaèdriques ; son odeur est désagréable et ressemble un peu. à celle du chlore ; sa saveur est âcre et chaude. Mis en contact avec les tissus organiques , il les tache en jaune foncé , et cette couleur disparaît au bout de quelque temps. Il agit sur les matières colorantes , comme le chlore, mais avec moins d'intensité. Sa densité , d'après M. Gay-Lussac , est de 4?948«

Exposé à l'action du calorique, l'iode fond à la température de -f- 107°, se volatilise à 4" 1770 et se transforme en une très-belle vapeur violette , qui repasse peu à peu à 1 état solide , en cristallisant sur les parois des

vases qui la contiennent. La densité de cette vapour , déduite des composés dans lesquels Tiode entre comme principe constituant , est , suivant M. Gay-Lùssac , de 8,618. L'air et l'oxigène n'ont aucune action sur l'iode , ni à froid ni à chaud.

L'eau se colore en jaune orangé , par suite de son contact avec l'iode , et en acquiert l'odeur particulière 5 cette solution ne renferme que d'iode ; exposée à l'action de la lumière , elle se décolore peu à peu , perd son odeur et devient acide par suite de la décomposition de l'eau qui transforme l'iode en acides iodique et hydriodique. À la température de -J- 100% l'eau en se vaporisant entraîne totalement l'iode en vapeurs sans l'altérer; ces denx vapeurs mélangées n'exercent aucune action l'une sur l'autre à une chaleur rouge ; ce qui prouve qu'à cette température , l'iode ne peut décomposer l'eau comme le fait le chlore.

L'alcool et l'éther sulfurique dissolvent l'iode avec la plus grande facilité, même à froid, et se colorent en jaune brun très-foncé. Les solutions aqueuses et alcooliques d'iode, mises en contact avec celle d'amidon , donnent instantanément une belle couleur bleue , qui est le résultat de la combinaison de l'iode et de l'amidon. Ce caractère fournit un très-bon réactif pour reconnaître les plus petites quantités d'iode libre, car lorsqu'il est combiné à d'autres corps, il n'y a point de coloration avec la solution d'amidon. Suivant M. Stromeyer, 4t>/ - d'iode dissous dans l'eau est rendu sensible par la couleur bleue que la solution d'amidon y développe,

# Iode et oxigène (acide iodique).

Ces deux corps ne peuvent s'unir directement à aucune température ; mais lorsque l'iode rencontre le gaz oxigène naissant , il s'y combine et se convertit en acide

iodique 5 sous ce rapport l'iode a la plus grande analogie avec le cblore et le brome.

En agissant sur les oxides métalliques dissous dans l'eau , la même transformation a lieu , c'est-à-dire qu'il en résulte un iodure et une iodate. Mais ce moyen ne permet pas d'extraire l'acide iodique à l'état de pureté.

On prépare dans les laboratoires cet acide en mettant en contact, à la température ordinaire, l'iode avec le protoxide de cblore. Ce dernier est décomposé -, ses deux élémens, l'oxigène et le cblore, se portent cbacun sur une partie de l'iode , d'où résulte tout à la fois de l'acide iodique et du cblorure d'iode. Pour exécuter cette préparation , on dégage , d'un petit matras de verre ou d'une petite fiole , du protoxide de cblore qu'on fait passer dans un tube borizontal renfermantdes fragmensde cblorure de calcium pour le dessécber. Ce tube vient ensuite se rendre dans un petit ballon de verre où l'on a placé l'iode en poudre (voyez III, fig. 21).

Dès que le contact a lieu entre le gaz et l'iode, la réaction commence avec dégagement de calorique, et l'on obtient une masse solide d'un jaune rougeàtre , formée d'acide iodique et de cblorure d'iode. En exposant ce mélange à une douce chaleur, et dirigeant un courant d'air sec dans le ballon, le cblorure d'iode est volatilisé, et l'acide iodique reste au fond du ballon , sous la forme d'une masse blanche solide.

Propriétés, L acide iodique, ainsi préparé , est blanc, demi -transparent, incolore, inodore, et dune saveur très-aigre ; soumis à une température de -f- 200% il fond et se décompose entièrement en donnant des vapeurs d'iode et du gaz oxigène. Mis en contact avec l'air, il absorbe peu à peu l'humidité qui s'y trouve, et se résout en liquide. L'eau, par cette raison, le dissout avec la plus grande facilité : cette solution incolore peut être concentrée et amenée en consistance sirupeuse par l'éva-

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poration ; elle rougit fortement la teinture de tournesol , et finit par la décolorer peu à peu.

Tous les corps combustibles simples ou composés qui ont beaucoup d'affinité* pour l'oxigène , décomposent l'acide iodique j c'est ainsi qu'agissent le carbone , le phosphore, le soufre , surtout à l'aide de la chaleur. Les composés non saturés d'oxigène le décomposent même à la température ordinaire $ tels sont les acides sulfureux, phosphoreux , qui passent à l'état d'acide sulfurique et phosphorique, et mettent l'iode en liberté.

Cetacide esteomposé, d'après les analyses de MM. Davy et Gay-Lussac , de :

Iode. . . . 75,81 Oxigène . . oJ\, ig

IOO,00

Cet acide n'existe point dans la nature 5 il se produit dans la réaction de l'eau sur certains composés d iode, ou dans celle de ce corps sur les oxides métalliques. C'est le seul composé d'iode et d'oxigène qui soit connu j il a été observé et étudié en même temps par MM. Gay-Lussac et Davy.

Iode et hydrogène, ( Acide hydriodique. )

L'hydrogène sec ou humide est sans action sur l'iode, à la température ordinaire 5 mais si l'on expose un mélange de vapeurs d'iode et de gaz hydrogène à une chaleur rouge, dans un tube de porcelaine, ils s'unissent en partie, et il se produit une certaine quantité d'acide hydriodique gazeux.

Ce composé, qui ressemble à l'acide hydrochlorique, par un grand nombre de ses propriétés , se prépare plus aisément en faisant agir l'eau sur un des iodures de phospliore, ou en mettant eu contact l'eau , l'iode et le phosphore. Dans le premier cas, après avoir combiné dans un

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tube recourbé une partie de phosphore et huit parties d'iode , on humecte avec de l'eau le composé , et on chauffe doucement 5 il se dégage abondamment du gaz hydriodique que Ton peut recueillir sur le mercure. Dans cette opération , l'eau est décomposée , l'oxigène se porte sur le phosphore pour former de l'acide phosphoreux , et l'hydrogène sur l'iode pour constituer le gaz hydriodique.

Mais en raison de l'action de ce gaz sur le mercure , on emploie l'appareil suivant ( voyez planche III , fig. 22 ), on met au fond d'un tube, bouché à l'une de ses extrémités, et long de 4 à 5 pouces sur un demi-pouce de diamètre , une petite couche d'iode *, on recouvre celle-ci d'une couche de verre pilé et humecté, sur laquelle on place quelques petits morceaux de phosphore , et on achève de remplir ainsi le tube par des couches alternatives de ces différens corps; lorsque le tube est presque plein , on adapte à son ouverture un bouchon à travers lequel passe un tube recourbé qui va plonger au fond d'un flacon sec.

En chauffant peu à peu , l'iode se vaporise et entraîne l'eau qu'il trouve sur son passage -, dès que ces deux corps sont en contact avec le phosphore, il en résulte de l'iodurc de phosphore qui décompose tout à coup l'eau comme dans l'expérience précédente. Le gaz hydriodique dégagé déplace l'air du flacon, en raison de sa densité, et le remplit entièrement.

Propriétés. L'acide hydriodique est un gaz incolore , d'une odeur piquante, analogue à celle du gaz hydrochlorique; exposé à l'air, il répand des vapeurs blanches acides-, sa densité est de 4>443* H éteint les corps en combustion et rougit fortement la teinture de tournesol.

Une chaleur rouge le décompose en partie ; lorsqu'il est mêlé à l'oxigène, la décomposition est complète 5 il y a formation d'eau , et l'iode est mis en liberté.

L'air n'a aucune action sur ce gaz à Ja température

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ordi»aïjpe^ illui cède l'eau qu'il contient, d'où proviennent les vapeUrs qu'il répand dans l'atmosphère ; à une température rouge il agit comme l'oxigène.

L'eau, en raison de sa grande affinité pour ce gaz, l'absorbe rapidement et en dissout une grande quantité-, lorsqu'elle en est saturée, elle répand des fumées à l'air, comme l'acide hydrochlorique liquide. Cette solution 4'acide hydriodique se colore peu à peu par son exposi* tjon à l'air , et prend une teinte jaune orangé de plus* en plus foncée, par suite de la décomposition d'une partie» de l'acide hydriodique. L'iode, qui est ttis à nu , ne se preV cipite pas, il reste dissous dans la portion d'acide non décomposée. . .

Le chlore gazeux, par son affinité pour l'hydrogène , décompose sur-le-champ le gaz hydriodique -, l'iode est précipité en belles vapeurs violettes qui se condensent peu à peu.- Le volume du gaz hydrochlorique formé est le même que celui du gaz hydriodique , d'où il suit que, la vapeur d'iode forme la moitié du gaz hydriodique. On, arrive à la même conclusion en chauffant une certaine quantité de ce gaz avec du potassium , du fer ou du zinc 5 l'iode s'unit à oes métaux, et l'hydrogènè dégagé occupe précisément la moitiédu volume du gaz. „

La solution aqueuse deichlore décompose aussi celle de l'acide hydriodique en s'emparant de l'hydrogène : mai*, l'iode ne se^récipite qu'autant que tout l'acide hydriodique a été décomposé* Le brômeagitde la même manière* 1 ce qui prouve que ce corpsa^lus d'affinité pour l'hydrogène que n en à l'iode. :h:-.j ,

: Plusieura des acides minéraux oxigénés aU&ont l'acide; hydriodique } tèls sont les acides sulfurique et nitrique, concentrés; ils s'emparent deâ'hydrog$ne par une partie de leur oxigènd et e&pjr&ipitentr l'iode en poudrtf.fcrnne, wdacée.LaplupaBt des dissolutions métalliques! dout leso&rides i&isà réductibles >ftï jee* %ejde sont précipitées «

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l'état' dUpdures insolubles et sous différentes couleurs ; tels, sont les sels de plomb, de protoxidé de mercure* de deutoxide de mercure et d'argent, qui préoipitent les premiers en jaune doré, les seconds en jaune serin, les troisièmes en rouges coquelicot , et les quatrièmes en Uanb jaunâtre

i: La composition du gaz hydriodique est facile à (kiire des volumes d'hydrogène et de vapeur d'iode qui' frunis dans cet acide ; Ton trouve qu'il est formé j e le gaz hydrochlorique , d'un demi-volume de gaz hydrogène : et d'un demi-volume de vapeur d'iode sans condensation ou en poids de :

loue 99>22

• • Hydrogène. • o,7B

Cet acide a été observé par M. Clément ; mais c'estJ k MijGay-Lùssàc que l'on doit la connaissance de sacom- ^ poshionet de ses propriétés. . ' -;

■ Iode et chlore. ( Chlorures d'iode. )

' L'iode et lé chlore se combinent directement en deux \ proportions. On peut obtenir ces composés en mettant ■ de l'iode au fond d'une éprouvette, et y faisant rendre du gaz chlore sec. La combinaison s'effectue avec dégagement de calorique. Il se produit d?abôrd itniprotochlo* l rure d'iode liquide , d'une couleur rouge brune 5 ùn ex- > cès de chlore convertit celui-ci j&i perchlorure qui est> solide, cristallisé et d'un blanc jaunâtre. Ces deux composes sonttres^volatils , d'une odeur forte et très-irritante 5 mis en contact avec l'eau -, ils s'y- dissolvent entièrement : le^ premier colore l'eau en jaune orangé foncé , et de se* coud donne une solution incolore. ;Ces solutions reagis- > sent et - décolorent 'ensuite le tournesol v traitées par, les oxidœ métallique* , elle* se transforment en chlorures et

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en iodates de ces bases. La solution du protochlorure donne en outre de l'iode. Le perchlorure d'iode, dont la découverte est due aux recherches de MM. Davy et Gay- Lussac sur l'iode, avait été désigné , par ce premier chi-? miste , sous le nom d'acide chloroio digue , parce qu'il ie considérait comme un acide particulier ; mais M. Gay- Lussac a fait voir que ses propriétés acides étaient dues à sa décomposition et sa transformation en acides iodîque et hydrochlorique sous l'influence des bases.

Iode et brômei ( Bromures d'iode. )

En faisant agir à la température ordinaire l'iode et le brôme en certaines proportions , on obtient , suivant M. Balard , deux composés : un solide , contenant moins de brôme et susceptible de se réduire par l'action delà chaleur en vapeurs brunes rougeâtres, qui se condensent en cristaux aiguillés de la même couleur.

Uu excès de brôme transforme ces cristaux en un composé liquide d'un rouge brun très-foncé, qui parait être un perbrômure d'iode. Ce composé est soluble entièrement dans l'eau qu'il colore, et à laquelle il communi-i que la faculté de décolorer la teinture de tournesol. Les alcalis versés dans cette solution la décomposent en produisant des brômures et des iodates. ( Annales de chimie , tome xxxii , page 372. )

Iode et carbone, ( Iodures de carbone. )

Le carbone n'a point d'action sur l'iode à aucune température ; on peut cependant , d'après l'observation de M. Sérullas, obtenir deux composés distincts d'iode et de carbone. Ces deux composés, à proportions définies, sont un protoiodure dé carbone et un periodure de carbone.

Le premier se forme en mêlant à une solution alcooliT que d'iode une solution /alcoolique de pousse caustique*

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jusqu'à ce que la couleur de la solution d'iode corilmencé a disparaître : il se produit dé l'îodure de potassium qui reste dissous , de l'iodate dé potassé et du përiodtire de carbone qui se précipitent ensemble. On sépare ce dernier par une quantité convenable d'alcool , et par l'éva-

poration ménagée de ce liquide on recueille leperiodurè de carbone qui cristallise en paillettes jaunâtres.

Ce periodure de carbone est solide, cristallisé , d'une ' odeur aromatique forte et safranee; il est Cômposé, suivant M. Sérullas , de :

Iode 9^57^

Carbone. . . 6,a5

Le protoiodure de carbone se prépare en distillant Un mélange exact de parties égales de deutochlorure de mercure et de periodure de carbone, et recevant la valeur qui s'en dégage dans un petit ballon.

Ce protoiodure est liquide, plus lourd que l'eau; son oderur est étbérée et pénétrante ; sa saveur est sucrée. Chauffé dans la flamme de l'alcool, il produit d'abondantes vapeurs violettes en se décomposant. Conservé sous l'eau, sesélémensse séparent très-lentement. M. Sérullas a trouvé pouf sa composition ( Annales de chimie et de physique , tome xxxix , page a3i ) :

Iode. . . . 4 99>52 Carbone. • . oo,48

; Io4e & hydrogene deutQcçirboné . .

( Hydrocarbure d'iode. )

L'iode, comme le chlore, s'unit à l'hydrogène deuto— carboné , et forme un composé ternaire qui a été découvert et examiné par M. Faraday; Ga le prépare en «ex-

posant à Faction de la lumière solaire de Fiode dans un flacon rempli de gaz hydrogène dcutocarboné sec : il se sublime , sur les parois du flacon , des aiguilles blanches, brillantes, qui sont le résultat de la combinaison de Fiode et deFhydTOgène dcutocarboné.

Propriétés. L'hydrocarbure d iode, ainsi préparé, est solide, cristallisé; son odeur est aromatique-, sa saveur est sucrée. Exposé à une douce chaleur , il se volatilise sans altération \ une température élevée le décompose en charbon , en iode et en acide hydriodiquc. 11 est insoluble dans Feau, mais très-soluble dans Falcool et Féther sulfurique.

Action de liode sur T économie animale.

L'iode, à haute dose, est w'iu'neux; il résulte des expériences de M. Orfila , qu'à la dose d'un gros et demi , il détermine promptement la mort en ulcérant la membrane interne de l'estomac.

Usage médical. Depuis les observations curieuses de M» Coindet, médecin de Genève, Fiode a été employé avec les plus grands succès dans le traitement du goitre. On l'administre à petite dose, soit à l'état de liberté, soit combiné aux métaux ou à l'état d'iodure. 11 dissipe en peu de temps les goitres les plus volumineux ainsi que les tumeurs indolentes. Son emploi principal est mêlé à des corps gras ou à Fétat de pommade.

Ce nouvel agent thérapeutique, si piveieux aujourd'hui, a été mis en pratique depuis 1820; les premiers essais ont éû tentés* d'après la connaissance qu'on avait acquise, que toutes les préparations pharmaceutiques , telles que les charbons d'éponges et de fucus, si vantés dans le traitement de ces maladies, contenaient de petites quantités d'iode.

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