‹ Abrégé élémentaire de chimieChapitre 57 sur 96 · LL · texte numérisé non relu

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35a ' ABRÉGÉ ÉLÉMENTAIRE

Cette solution , qu'on conserve dans des flacons bouchés, est fréquemment employée comme réactif dans les laboratoires. Elle démontre la présence de l'acide sulfurique partout où il se trouve libre ou combiné, en formant un précipité blanc de sulfate de barite, insoluble1 dans tous les acides.

La composition du protoxide de barium a été déduite de l'analyse de son sulfate. Il en résulte qu'il est formé de : f - # * .

Harium. ... 100 Oxigènc ... ii>42

Cet oxide , en raison de sa causticité, est un poison violent , dont les effets peuvent être détruits sur-le-champ parles limonades acidulées par l'acide sulfurique, ou par le sulfate de magnésie qu'on administre dissous dans 1 eau.

Deuloxide de barium.

Le deutoxide de barium, qui n'existe point dans la nature, peut se préparer en chauffant le protoxide dans le gaz oxigène. L'absorption a lieu rapidement , même au-dessous de la chaleur rouge. Mais lorsqu'on désire en obtenir de grandes quantités, on doit employer l'appareil suivant. ( Voyez pl. V , fig. 5. )

On dispose dans. un fourneau long un tube de verre un peu gros en diamètre, et qu'on a eu le soin de iuter dans toute la partie qui doit etrè chauffée. Après l'avoir rempli de fragmens de protoxide de barium > on le fait communiquer d'une part avec un appareil qui laisse dégager du gaz oxigène , qu'on lave en le faisant passer dans une solution dépotasse caustique, et ensuite dans un tube contenant du chlorure de calcium pour le dessécher , et de l'autre on termine l'appareil par un tube recourbé* Kn# portant peu à pcule tube au ronge obscur, et entretenant

continuellement un courant de gaz oxigène , on ne tarde pas à transformer le protoxide en deutoxide. On reconnaît que l'opération est achevée quand l'oxigène passe sans être absorbé , et qu'il se dégage À l'extrémité opposée.

Propriétés. Le deutoxide de barium ainsi obtenu est blanc , poreux comme le protoxide $ il n'est pas aussi caustique que celui-ci. Mis en contact avec l'eau , il l'absorbe lentement sans produire de bruit et en Réchauffant à peine. La plus forte chaleur ne l'altère point. La plupart des corps combustibles non métalliques le décomposent en le ramenant à l'état de protoxide. Chauflé dans une cloche avec du gaz hydrogène, cette décomposition s'opère avec dégagement de lumière ; l'eau qui se produit reste combinée avec le protoxide et le constitue à l'état d'hydrate fusible. Le soufre , le phosphore et le carbone sont acidifiés et s'unissent ensuite avec le protoxide de barium.

Tous les acides dissous dans l'eau , mis en contact avec le deutoxide de barium , le font passer à l'état de protoxide 5 mais l'oxigène, au lieu de se dégager, reste combiné avec l'eau et la transforme en deutoxide d'hydrogène ou eau oxigénée.

La composition du deutoxide de barium peut être facilement déterminée , comme M. Thénard l'a indiqué , en chauffant un poids connu de protoxide de barium dans un excès de gaz oxigène. On connaît par le volume absorbe la quantité additionnelle d'oxigène qui s'est unie au proloxide.

Ce deutoxide parait contenir une fois plus d'oxigène que le protoxide ; par conséquent il serait formé de :

Barium. ... 100 Oxigène . . . 22,84

Eau oxigénée. ( Deutoxide d'hydrogène. )

Ce composé remarquable a été découvert en 1818,

par M. Thénard , lorsque ce chimiste s'occupait de rechercher Faction du deutoxide de barium sur les acides étendus d'eau. Il crut d'abord que cet oxide , en se dissolvant dans les acides, leur cédait une partie de son oxigène en repassant à l'état de protoxide ; mais bientôt d'autres considérations, appuyées de l'expérience, le portèrent à reconnaître que c'était réellement l'eau que contenaient ces acides qui s'oxigénait.

Le procédé à l'aide duquel on obtient cette singulière combinaison est très-compliqué ; il consiste à dissoudre peu à peu le deutoxide de barium pur dans de l'acide hydrochlorique étendu de huit à dix fois son poids d'eau distillée. L'acide hydrochlorique, en agissant sur le deutoxide , le ramène à l'état de protoxide pour s'y combiner, et l'oxigène qui en provient entre en combinaison avec les élémens de l'eau pour former du deutoxide d'hydrogène.

La dissolution du deutoxide de barium doit se faire après l'avoir préalablement délité avec un peu d'eau et réduit en poudre , on le projette peu à peu dans la liqueur acide qu'on tient refroidie en entourant de glace le vase qui la contient. Le deutoxide se dissout avec la plus grande facilité , sans effervescence , surtout par l'agitation. Lorsque la plus grande partie de l'acide se trouve saturée , on laisse tomber goutte à goutte de l'acide sulfurique pur et concentré, jusqu'à ce que tout le protoxide qui était dissous soit précipité à l'état de protosulfate. On décante ou on filtre et on redissout dans la liqueur une nouvelle quantité de deutoxide, et on précipite par l'acide sulfurique , comme la première fois , Je protoxide qui s'est formé. On répète ces opérations plusieurs fois de suite, jusqu'à ce que la liqueur soit chargée de 3o à 4o fois son volume d'oxigène, ce qu'on econnaît en en chauffant une portion dans un tube rempli de mercure.

Lorsqu'on est arrivé à ce point , on met dans la li- •queur, toujours plongée dans la glace, assez de deutoxide de barium pour sursaturer l'acide. A cette époque, il se précipite des flocons formés de silice, d'alumine, d'oxide de fer et de manganèse qui existaient dans le deutoxide, malgré les précautions prises pour sa préparation. On doit les séparer le plus promptement possible en passant la liqueur à travers une toile fine} on ajoute alors de l'eau de barite en excès , qui précipite les dernières portions de ces oxides , qu'on isole aussitôt en jetant la liqueur sur plusieurs filtres, préparés d'avance, afin d'éviter un contact trop long entre l'eau oxi gênée et ces oxides, qui la décomposent peu à peu.

Après cette première série d'opérations , la liqueur contient un ejfrssez grande quantité d'eau oxigénée et de l'eau ordinaire , tenant en solution de l'hydrochloratc de barite. On verse d'abord de l'acide sulfurique en quantité suffisante pour précipiter toute la barite; puis après avoir séparé le précipité , on projette peu à peu dans la liqueur du sulfate d'argent en poudre. Ce dernier est décomposé par l'acide hydrochlorique qui est libre ; d'où résulte du chlorure d'argent insoluble et de l'acide sulfurique, qui est substitué à sa place. 11 est essentiel qu'on mette assez de sulfate d'argent pour précipiter tout l'acide hydrochlorique, et d'un autre côté qu'on n'introduise pas un excès de sulfate d'argent; si ce cas se présentait, on précipiterait peu à peu l'oxide d'argent par quelques gouttes d'acide hydrochlorique.

A l'aide de ces différentes manipulations , la liqueur «est amenée à ne plus contenir que de l'eau oxigénée, de l'eau ordinaire et de l'acide sulfurique. On la met dans -un mortier de verre entouré de glace, et on y ajoute peu à peu de l'hydrate de barite sec et réduit en poudre , juscpi'à ce que la presque totalité de l'acide sulfurique soit «convertie en sulfate et que la liqueur ne rougisse qu'à

peine le papier de tournesol. Alors on la filtre pour séparer le sulfate de barite , et on achève la saturation en versant de l'eau de barite goutte à goutte jusqu'à ce qu'elle n'y produise plus de précipité. L'excès de barite peut être ensuite précipité par quelques gouttes d'acide sulfurique faible. Il est préférable qu'il existe plutôt un petit excès d'acide que de barite, qui tend à décomposer peu à peu l'eau oxigénée.

La liqueur qu'on obtient après toutes ces opérations est regardée comme de l'eau oxigénée, étendue d'eau ordinaire. Pour la séparer de cette dernière, on la place dans un verre, sous le récipient de la machine pneumatique, audessus, d'une capsule contenant de l'acide sulfurique concentré. Lorsque le vide est fait, l'eau pure étant plus volatile se vaporise la première, et on obtint, au bout de plusieurs jours, l'eau oxigénée pure ou le deutoxide d'hydrogène.

Propriétés. Le deutoxide d'hydrogène, à l'état de pureté, est comme l'eau ordinaire , incolore inodore ; sa saveur est un peu styptique ; sa densité est de 1,4^2. Il agit peu à peu sur la couleur du tournesol, qu'il détruit} mis en contact avec l'épidcrme, il le blanchit en produisant des picotemens. Placé sur l'extrémité de la langue, il la blanchit à l'instant en rendant la salive épaisse et écumeuse. Exposé à un refroidissement de— 3of , il conserve sa liquidité et toutes ses propriétés ; mais à l'action d'une chaleur peu élevée , il se décompose instantanément en eau ou protoxide d'hydrogène , et en gaz oxigène, qui se dégage souvent avec tant de rapidité, qu'il peut se faire une explosion. Le même phénomène se produit, mais moins tumultueusement, quand le deutoxide d'hydrogène est mêlé avec une certaine quantité d'eau ordinaire.

Lesélémensdudcutoxided'hydrogènesontsipeustabîcs, qu abandonné à lui-même , ce liquide se décompose toujours en oxigène qui se dégage et en eau ordinaire. Cette

décomposition a lieu et sous l'influence de la. lumière et à l'obscurité ; à peine peut-on le conserver plusieurs semaines sans qu'il soit en partie altéré. Les acides retardent sa décomposition, les oxides le décomposent, soit en s'appropriant une partie de son oxigène , soit en favorisant le dégagement dune partie de celui qui est contenu daus le peroxide d'hydrogène, ou en se décomposant en même temps que lui.

Des phénomènes plus ou moins remarquables sont produits par le contact de ce composé avec la plupart des corps ; le carbone et le sélénium agissent sur le deuloxide d'hydrogène à la température ordinaire ; le premier en dégage une partie de l'oxigène et le ramène à l'état de protoxide d'hydrogène ( eau ) le second passe à l'état d'acide sélénieux.

Plusieurs métaux réduits en limaille fine , tels que l'argent, le platine , l'or , le palladium , etc. , font passer rapidement le peroxide d'hydrogène à l'état de protoxide , en laissant dégager l'oxigène sans l'absorber. Les autres métaux ont une action plus ou moins lente et même nulle , à l'exception cependant du potassium , du sodium , de l'arsenic, qui absorbent une partie de Toxi-» gène et chassent l'autre avec production de lumière.

Beaucoup d'oxides métalliques hydratés mis en contact avec le deutoxide d'hydrogène le décomposent en s 'emparant d'une partie de son oxigène et le ramènent à 1 état de protoxide d'hydrogène en se convertissant euxmêmes en peroxides 5 c'est ainsi qu'agissent les protoxides de calcium, de barium , de zinc , de cuivre , de fer, d'étain, etc.

Les peroxides de manganèse et de fer hydratés agissent violemment et chassent une partie de l'oxigène de l'eau sans l'absorber.

Les oxides des métaux de la dernière section , c'est-àdire ceux qui ont peu d'affinité pour l'oxigène > exercent

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une action remarquable : en se réduisant, ils déterminent rapidement la décomposition du peroxide d'hydrogène*, en sorte que le gaz oxigènc qui se dégage provient et de l'oxide métallique et de Peau oxigénée qui est transformée en eau ordinaire.

L'action de l'oxide d'argent sur ce composé est si violente, qu'en laissant tomber une goutte de peroxide d'hydrogène sur cet oxide sec , il se produit une explosion par suite de la décomposition réciproque de l'oxide et de l'eau , qui a lieu avec dégagement de calorique et même de lumière.

Parmi les sulfures métalliques , il y en a plusieurs qui sont transformés en sulfates par l'action du peroxide d'hydrogène.

Le peroxide d'hydrogène pur donne par sa décomposition fois son yolume d'oxigène. On peut le prouver en mêlant un volume connu de ce composé avec de l'eau ordinaire, et chauffant , avec une lampe à esprit de vin , ce mélange dans un tube rempli de mercure et renversé sur la cuve , ou en y faisant passer du peroxide de manganèse qui agit de la même manière en transformant le peroxide d'hydrogène en protoxide et en gaz oxigène.

On déduit facilement la composition du peroxide d'hydrogène des résultats suivans : un centimètre cube de cet çxide, pesant i,45s grammes, donne 47 5 centimètres cubes de gaz oxigèue à o. Le poids de ce volume d'oxigène est égal à 0,680 grammes. Si l'on soustrait celui-ci de 1,45a, poids du peroxide d'hydrogène , il reste 0,77a grammes pour le protoxide d'hydrogène séparé. La quantité de ce dernier est formée de 0,680 d'oxigène et de 0,092 d'hydrogène ; d'où l'on voit aisément que le peroxide d'hydrogène est composé d'une quantité d'oxigène exactement double de celle qui existe dans l'eau ordinaire.

D'après cela, le peroxide d'hydrogène est formé en .volumes de ;

ï volume d'oxigènc . ^ ^ Oxigène 94?11

1 vol. d'hydrogène * Hydrogène 5, 89

Le peroxide d'hydrogène n'a reçu encore aucune application, ni dans les arts , ni en médecine. D'après l'action qu'il exerce immédiatement sur le sulfure noir de plomh qu'il transforme sur-le-champ en sulfate de plomb qui est blanc, M. Mérimée, peintre distingué, l'a employé avec succès pour enlever des taches noires de sulfure de plomb qui s'étaient formées sur un dessin de Raphaël. L'effet est instantané en passant légèrement sur la tache un pinceau trempé dans un mélange d'eau ordinaire et de peroxide d'hydrogène.

DhTérens essais que nous avons tentés nous ont prouvé que la solution aqueuse de chlore agissait tout aussi efficacement que l'eau oxigénée , pour faire disparaître sur le papier les taches noires de sulfure de plomb.

Barium et chlore, ( Chlorure de barium. )

Le chlore, à une température rouge, décompose le protoxide de barium , et le transforme en chlorure en chassant l'ôxigène. Ce composé peut encore être obtenu en unissant le protoxide à l'acide hydrochlorique. A une température rouge, le chlorure de barium est blanc , solide , fusible et indécomposable par îé feu 5 sa saveur est piquante et acre ; il est soluble dans deux fois son poids d'eau bouillante, et à peu près dans la même quantité d'eau froide. L'alcool à 3o° peut en dissoudre 7^ . Ce composé , en se séparant de sa solution aqueuse , cristallise en prismes à quatre pans très-larges et peu épais 5 mais il ne retient ainsi que de 1 eau interposée , qui le fait décrépiter quand on l'expose brusquement à la chaleur.

Ce chlorure était connu autrefois sous le nom de muriate de barite. Dans la nouvelle nomenclature , on lui

36o abrégé élémentaire

a donné celui à * hydrochlorate de barite\ aujourd'hui on le regarde généralement comme un chlprure avec tous les autres hydrochlorales.

Sa composition, dans cette hypothèse , est de :

Barium. ... 100 Chlore. . . . 5 1,4*

Barium et iode* (Iodurede barium.)

L'iode forme une combinaison avec le barium. On ne peut l'obtenir , comme la précédente , en faisant passer l'iode en vapeurs sur le protoxide de barium} il y a combinaison sans dégagement d'oxigène, et formation d'un iodure d'oxide de barium.

Le gaz hydriodique, mis en contact avec le protoxide de barium , est décomposé en donnant naissance à de l'eau et à de l'iodure de barium. Le même effet se produit en saturant l'acide hydriodique liquide par de l'eau de bar i te.

Propriétés. L'iodure de barium est blanc, solide , un peu déliquescent; sa saveur est légèrement piquante ; il est très-soluble dans l'eau , et cristallise en aiguilles trèsfines. Chauffé sans le contact de l'air, il n'éprouve aucune altération ; mais à vaisseaux ouverts , il est en partie décomposé par Toxigènc de l'air qui s'unit au barium et chasse la portion d'iode qui lui était combinée. Cet iodure, dans l'eau, est aussi altéré par son exposition à l'air, même à la température ordinaire; il se forme du sous-carbonate debarite, et un iodure ioduré de bar Nui qui colore l'eau en rouge orangé.

Sa composition doit être représentée par :

- Barium. . • . 100 Iode. . . . • 201,2

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