‹ Abrégé élémentaire de chimieChapitre 69 sur 96 · KO M S · texte numérisé non relu

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Le produit du traitement des mines de fer, dans les hauts fourneaux , est constamment de la fonte j c est-àdire un composé de fer , de carbone , de silicium , de phosphore , de soufre et de mangani*se ; c'est avec celleci qu'on obtient le fer, en la soumettant à une opération secondaire qui porte le nom Raffinage de la fonte.

Le but de cette opération est de brûler la plupart des substances étrangères au fer , en exposant la fonte en fusion à un courant d'air.

Cette opération s'exécutait autrefois en plaçant la fonte dans une cavité pratiquée dans un massif de brique et recouverte de charbon de bois pulvérisé et bien battu. Loisque la fonte était fondue on dirigeait de l'air à travers la masse du charbon qui la recouvrait, et par l'agitation on favorisait le renouvellement des surfaces. Par cette manipulation le carbone était pour la plus grande partie brûlé et réduit à l'état de gaz -, tandis que le silicium , le phosphore et Une portion de fer, en s'oxigénant, se combinaient pour former du laitier qu'on séparait avec des ringards. A mesure que cet affinage s'opérait , la masse devenait pâteuse etgrumeuse; on en formait des boules ou espèces de loupes qu'on soumettait ensuite sur une

enclume a l'action de forts marteaux; on rapprochait ainsi les molécules et on en expulsait les dernières portions de laitier quelles renfermaient, puis après les avoir réchauffées au rouge, on les forgeait en grosses barres, en les frappant sous un énorme marteau désigne* sous le nom de martinet. Cette opération est appelée cingler la loupe.

Aujourd'hui on a introduit dans plusieurs usines françaises une méthodeplnssimpleet plus économique qui a d'abord été mise en pratique en Angleterre. L'afflnage, suivant cette méthode , se fait avec de la houille et dans des espèces de fourneaux à réverbère, appelés fourneaux à puddler. Ces fourneaux présentent une voûte surbaissée, construite en briqué réfractaire, au-dessous • de laquelle se trouve une cavilé recouverte d'une plaque de fonte et de sable infusible. Le foyer est placé à l'une des extrémités, et séparé de la cavité par un petit mur en brique ; une longue cheminée pyramidale se trouve à l'extrémité opposée , et détermine un courant d'air rapide qu'on peut diminuer ou augmenter par ùn registre en fer , placé à la partie supérieure , et qu'on ouvre plus ou moins à volonté.

Lorsque le four est porté au rouge blanc , on y porte la fonte en gueuse sur des pelles en fer, et on ferme l'ouverture de communication par une plaque de fonte percée d'un trou. Dès que la fonte commence à fondre , ùn ouvrier la remue et la brasse continuellement avec un ringard de fer ; par suite de cette agitation et du courant d'air, le carbone brûle peu à peu, et la matière paraît en obullition ; on y jette de temps en temps un peu d'eau ou du laitier qui favorise par l'oxide de fer qu'il contient la combustion des matières étrangères. H se forme peu à peu des scories qu'on retire du fourneau, et qui contiennent de la silice, de l'oxide de fer et de l'acide phosphorique; la fonte devient d'abord plus épaisse

s( grumèle se réduit eu une espèce de poudre sèche. C'est alors que l'ouvrier divise cette masse en quatre à cinq boules qui sont saisies lune après l'autre avec des pinces et portées sous le martinet de manière^ en former une masse carrée qu'on fait passer à travers un laminoir dégrossisseur qui achève d'en expulser les dernières portions de laitier.

Les barres de fyv qu'on obtient ainsi ont six à sept pieds de longueur, sur trois à quatre pouces de largeur , et un pouce d épaisseur. On les coupe en morceaux de deux pieds de long et on les soude à une chaleur rouge blanche deux à deux dans un fourneau particulier, pour ' les faire passer de nouveau à travers les diûerens trou* d'un autre laminoir. Les barres de fer ainsi préparées , sont placées encore chaudes sur un plan et dressées à coup de maillets en bois. Dans certains pays, le fer est réduit à l'état de barre par l'action du marteau.

Dans l'opération que nous venons de décrire et qui est connue sous le nom de puddlage de la fonte , cent parties de fonte de qualité ordinaire fournissent , terme moyen, 88 à 90 de fer en barres dégrossies. D'où i on voit que la perte pour la conversion en fer est plus grande que la somme des matières étrangères que contient la fonte. Une partie de la perte est due à l'oxidalion d'une certaine quantité de fer pendant le travail, qui dure environ une heure et demie pour l'affinage de 180 kilog. de fonte.

Les changemens qui arrivent dans la fonte , pendant son puddlage , ne pouvaient être bien connus qu'en analysant des échantillons de la fonte à differens degrés (raffinage. C'est ce qui a été entrepris à la fopderie de Charenton , sous les yeux de MM. Gay-Lussae et W&on. Nous présentons ici un tableau du puddlage d'une, fonte française avec les analyses correspondantes à différentes époques de l'opération.

TABLEAU présentant les produits de Faffinage de ta fonte du creusât à différentes époques du puddtage.

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