‹ Abrégé élémentaire de chimieChapitre 73 sur 96 · NOMS · texte numérisé non relu

NOMS

Carbone

sur I OOOOO

Silicium

sur 1,00000

.Phosphore sur

M.ii)ganèsc sur 1 ,00000

Observations . 1

Acier anglais

fondu ir« qualité

o,ooo3o

o,ooo36

Des traces.

Fabriqué avec le tei de Suède,

Acier fondu de l'Jserc.

o,oo65t

Ucs traces.

Deg traces

Fabriqué avec le fer de l'Isère. H

Acier fondu \f qualité.

Des traces.

Fabrique' il avec le* fers 1 français, Il

Acier fondu %e qualité.

o^oooSj

traces.

Fabriqué II avec les feriU

français. Il

Une espèce d'acier que Ton fabrique depuis longtemps à Bombay , dans l'Inde , et qu'on désigne sous le nom d'acier indien; acier IV ootz , est surtout recherché à cause de ses qualités et du damassé qu'on développe à sa surface par les acides. D'après l'analyse qui en a été faite par M. Faraday , il paraîtrait que les propriétés de cet acier sont dues à la présence d'une certaine quantité d'aluminium qui ne se trouve pas dans les meilleurs aciers anglais. Ce chimiste est parvenu à l'imiter, en préparant d'abord un alliage d'aluminium et de fer par la calcinât ion de l'alumine avec le fer carburé , et unissant par là fusion une portion de cet alliage avec dix-huit parties d'acier de bonne qualité, il obtint par ce moyen un acier présentant tous les caractères de l'acier Wootz.

Dans le courant de l'année 1828, M. Wilson , directeur de la fonderie de Charenton, fit venir directement d'Angleterre deux échantillons d'acier Wootz ^ l'un brut et l'autre martelé. L'analyse qui en fut faite démontra effectivement que le premier renfermait une assez grande quantité d'aluminium, tandis que le second n'en renfermait plus.

Voici les résultats qui orft été obtenus :

Acier WooU brut. Acier Woote martelé et laminé.

Carbone. . . i,4<>7 • • • o^fy

- Silicium. . . 0,120 ... 0,000

Aluminium. 0,948 . . • 0,000

Fer. .... 97,5*5 . . . 99,043

L'on doit conclure, d'après ces derniers essais, que pendant le martelage à chaud et le laminage de l'acier Wootz , l'aluminium qu'il contenait primitivement en a été éliminé, soit par suite de sa combustion à l'air, soit par 3e rapprochement des molécules , et que conséquemment les propriétés de cet acier ne dépendent pas exclusivement de l'aluminium, puisqu'il n'en renferme plus quand il a été travaillé , mais qu'elles sont dues â sa grande pureté, et surtout à l'homogénéité de ses parties.

Dans le tableau que nous avons rapporté plus haut sur l'analyse comparative de quelques aciers, l'on voit combien est variable la proportion de carbone. Quelle est la quantité de ce corps combustible strictement né-» cessaire pour constituer un bon acier ? C'est ce jju'on ignore : car des échantillons d'aciers français et anglais doués des mêmes qualités en contiennent des proportions différentes. Il est plus vraisemblable, d'après, ce que l'expérience a appris, que la présence de quelques millièmes de phosphore et de silicium influent sur les mauvaises qualités de certains aciers , et que par conséquent le choix du fer 'est du plus grand intérêt dans cette fabrioation.

L'acier, quelque soit le procédé à l'aide duquel il ait été préparé, difière du fer par un ensemble de propriétés qui le rendent précieux pour les arts. Il est d'un tissu grenu très-fin ; sa ductilité et sa malléabilité sont trèsgrandes ; il est plus fusible que le fer, et susceptible de prendre un poli très-brillant. Sa densité, un peu moins grande que celle du fer , varie de 7,706 à 7,39a, suivant les proportions de carbone ^u'il renferme.

DE CfllMIE. 457

Il présente un caractère particulier qui le distingue du fer et des autres métaux : c'est d'acquérir une trèsgrande dureté y lorsqu'après l'avoir fait rougir, on le refroidit subitement en le plongeant dans l'eau froide. Cette propriété nouvelle, qu'il acquiert ainsi , peut lui être enlevée en l'exposant de nouveau à la chaleur, et le laissant refroidir tranquillement.

L'opération qui a pour but de durcir l'acier par ce moyen est connue sous le nom de trempe de ï 'acier , et l'on appelle acier trempé l'acier qui , après avoir été chauffé, a subi ce refroidissement brusque.

En acquérant par la trempe de la dureté , l'acier devient aussi plus élastique, moins dense , cassant, et par suite moins ductile et malléable. Ces dernières propriétés sont d'autant plus marquées , que l'acier a éprouvé un plus grand changement de température en se refroidissant promptement.

Les propriétés qui se sont développées dans l'acier trempé proviennent de l'arrangement particulier des molécules \ celles qui composaient la couche extérieure ayant été solidifiées tout à coup par le refroidissement subit , il en est résulté que les molécules intérieures, étant encore rouges, ont été forcées, par leur adhérence aux premières, à conserver la distance respective • où l'action du calorique les avait placées , ce qui les tient dans un véritable état de tension.

Celte tension des molécules est la cause des propriétés de l'acier trempé, car si on le fait chauffer jusqu'au degré qu'il avait avant la trempe, et qu'on l'abandonne à lui-même, en se refroidissant lentement, les molécules se replacent à leur distance naturelle, et l'acier reprend ses propriétés primitives.

Cette nouvelle opération, qu'on fait subir à l'acier dans le but de lui donner certain degré de dureté et d'élasticité, s'appelle recuire ï acier; elle se pratique ordi-

naircment en chauffant l'acier trempé plus ou moins en deçà du point où il a subi la trempe, mais sans le dépasser, car alors il reviendrait à son premier état.

Les différens degrés de trempe qu'on peut donner à l'acier s'obtiennent en portant sa température depuis le rouge brun jusqu'au rouge blanc , et le plongeant subitement dans l'eau ordinaire ou dans tout autre liquide plus ou moins froid. La nature du liquide, sa température, ont une influence marcjuée sur la dureté de la trempe ; en général elle est plus grande dans les liquides plus conducteurs du calorique que l'eau , tandis que c'est le contraire pour ceux qui sont mauvais conducteurs. C'est ainsi que la trempe de l'acier dans le mercure est différente de celle dans l'eau, et à plus forte raison de celle dans l'huile.

La capacité pour la calorique qu'ont les liquides qui servent à la trempe apporte aussi une différence dans cette opération. C'est ainsi que l'eau pure et l'eau chargée de sel ou d'acide donneront des résultats différens. C'est ce que savent très-bien les ouvriers qui ajoutent un peu de sel marin ou d'acide à l'eau dans laquelle ils trempent l'acier. v

Dans tous les cas , lorsque l'acier a été trempé fortement, on lui donne le degré de dureté désirable en le recuisant *à une douce chaleur.

On juge du degré auquel il a été recuit par les couleurs diverses qu'il prend à sa surface et qui sont le résultat d'un commencement d'oxidation. La plupart des inst rumens fabriqués en acier seraient trop cassans, si on ne les exposait à une température plus ou moins élevée pour les détremper un peu. Ce recuit différent , et qui dépend de la dureté que l'on veut conserver à l'instrument, se pratique ordinairement en chauffant la pièceà recuire sur des charbons ardens. On la maintient icijusqu a ce qu'elle prenne une teinte couleur paille pour les instrumens

DE CHIMIE. m 4^9

qui doivent avoir un tranchant vif, tels que les rasoirs , les scalpels, les canifs, etc. -, une teinte brune pour les couteaux , ciseaux , et enfin une teinte bleue pour les ol*; jets dans lesquels on recherche , avec une certaine dureté', une grande élasticité.

Les corps qui ont de l'action sur le fer pur en ont également sur l'acier; ainsi, l'air humide, l'eau aérée ne tardent pas à déterminer à sa surface une couche de rouille. L'air et le gaz oxigène exercent aussi sur lui , à une température élevée , les mêmes effets que sur le fer $ seulement, parmi les produits de la combustion de l'acier , on trouve une certaine quantité d'acide carbonique dont l'évaluation peut faire connaître rigoureusement la proportion de carbone qu'il contenait. C'est sur ce principe qu'est fondé le procédé ingénieux que MM. Gay- Lussac et Wilson ont employé pour déterminer le poids du carbone dans les aciers , les fontes et même les fers , en les brûlant par l'oxide de mercure et le gaz oxigène.

Les acides qui dissolvent le feragissentde la même manière sur l'acier, mais plus lentement. IlslarÉent toujours avec ce dernier un résidu, noirâtre abondant, formé delà plus grande partie du carbone que renfermait l'acier; aussi en raison de cette surabondance de carbone , on peut facilement distinguer l'acier dufer. Il suffit de mettre sa surface polie en contact avec une goutte d'acide nitrique étendu , on aperçoit aussitôt une tache noire sur l'acier, tandis que, sur le fer , elle est verdàtre et disparaît par le lavage à l'eau froide.

Des expériences très-curieuses, faites tant en Angleterre qu'en France; ont démontré qu'en alliant l'acier avec de petites quantités d'argent, de platine , de chrome , etc. , on ajoutait considérablement à ses qualités. L'acier ordinaire , fondu avec d'argent, fournit un alliage trèsdur, facile à forger, avec lequel on peut fabriquer divers outil» et des instrumens de la meilleure qualité.

46o ÀBRÉGÉ ÉLÉXEHTllU

Un ou deux centièmes de platine donnentle même résolut.

Les dessins qui constituent le damassé qu'on observe sur les lames tranchantes qu'on fabriquait autrefois à Damas avec de l'acier Wootz paraissent être dus à une certaine quantité de carbone qui s'en est séparée en cristallisant et qu'on met aisément à nu par des lotions d'acides affaiblis, faites à sa surface. On est parvenu à imiter cet acier damassé , en tenant l'acier en fusion pendant longtemps avec un petit excès de carbone et le laissant refroidir lentement.

Fer et chlore. ( Protochlorure. )

Le fer se combine en deux proportions avec le chlore, et forme deux composés, savoir : un protochlorure correspondant au protoxide et un deutochlorure correspondant au tritoxide.

Le protochlorure se forme en, dissolvant le fer dans l'acide hydrochlorique affaibli et en évaporant à siccite la dissolution. On obtient un résidu grisâtre , fusible A une chaleur rouge, volatil en partie, soluble dans l'eau et susceptible de s'en séparer par évaporation en donnant des cristaux d'un vert pâle. Ce protochlorure a une saveur astringente et styptique très-prononcée ; sa solution exposée à Pair se décompose'peu à peu ; elle se convertit en deutochlorure, qui reste dissous dans l'eau en la colorant en jaune et en tritoxide de fer qui se précipite en flocons de couleur d'ocre: cette décomposition s'opère par l'oxigène de l'air qui se combine avec une portion du fer du protochlorure, et le fait ainsi passer à. l'état de deutochlorure.

On peut encore préparer le pvotochlorure de fer anhydre, en faisant passer du gaz hydrochlorique sec sur des fils de fer portés au rouge dans un tube de porcelaine, et recueillant le produit volatilisé dans une alongc de verre adaptée à Tune des extrémités du tube.

Le gaz acide hydrochlorique est décomposé daus cette opération; il se forme du protochlorure dé fer qui se condense en partie dans l'alonge, et l'hydrogène mis en liberté se dégage à l'état de gaz. Le protochlorure se présente alors en paillettes blanchâtres, trés-solubles dans l'eau, et jouissant de toutes les propriétés de celui préparé par l'acide hydrochlorique liquide.

Deutocklorure de fer.

Ce composé de chlore et de fer peut être préparé directement par l'action du gaz chlore sur des fils de fer portés, au rouge ; la combinaison s'opère rapidement avec dégagement de lumière. Ce deutochlorure est d'une couleur brune avec éclatmétallique et d'une apparence cristalline ; il est déliquescent à l'air , se dissout très-facilement dans l'eau , et donne une solution jaune brunâtre extrêmement styptique. Chauffé en vases clos, il laisse dégager une partie de son chlore , se transforme en protochlorure qui se sublime en paillettes et en sous-protochlorure fixe. Lorsqu'on le calcine au contact de l'air humide , il est décomposé peu à peu par l'eau en acide hydrochlorique qui se dégage et en peroxide de fer.

Ce deutochlorure s'obtient encore en dissolvant le peroxide de fer dans l'acide hydrochlorique , et le fer dans l'acide nitrohydrochlorique 5 dans tous les cas, on doit évaporer la dissolution presque à siccité pour chasser l'excès d'acide.

Le protochlorure et le deutochlorure de fer étaient regardés autrefois comme des sels et connus sous les noms de protomwiate de fer, iritomuriate de fer.

Iode et fer. ( lodurcs de fer) , Protoiodure , Deutoio-

durel

L'iode et le fer peuvent se combiner directement, ou par l'intermède de l'eau. Dans le premier cas , on ob-

tient ce composé en chauffant le fer dans la vapeur d'iode. L'iodure qui en résulte est d'une couleur brune foncée: il se dissout facilement dans l'eau en lui communiquant sa couleur. Ce composé paraît être un periodure de fer , car en mettant sa solution én contact avec de limaille de la fer, elle se décolore par suite d'une portion de ce métal qui réagit sur le periodure , et le transforme en protoiodure incolore qui reste dissous dans l'eau.

Ce protoiodure de fer liquide sert aujourd'hui pour Ja préparation en grand de l'iodure de potassium (hydriodatede potasse). On le forme en traitant à l'aide d'une douce cbaleur , dans un ballon de verre, une partie de fer en limaille , trois parties d'iode et vingt parties d'eau distillée. On obtient d'abord une liqueur colorée en brun foncé , qui par l'agitation avec le fer qui n'a pas été dissous se décojiore peu à peu en se trànsibrmant en protoiodure. On décante la liqueur du résidu, et on y verse peu à peu une solution de sous-carbonate de potasse , jusqu'à ce qu?il ne s'y forme plus dè précipité, et oh la chauffe , en l'agitant continuellement , pour favoriser la précipitation du carbonate de fer, qu'on sépare par filtration. L'iodure de potassium qui existe dans la, liqueur filtrée peut être recueilli à l'état solide * par évaporation et cristallisation dans une étuve.

C'est d'après ce procédé qu'on prépare l'iodure de potassium potir l'usage médical.

La solution du protoiodure de fer a une saveur styptique comme celle du protochlorure ; exposée à l'air , elle se trouble , laisse précipiter du peroxide hydraté ; le chlore la' décompose sur - le - champ en s'emparanl du fer et mettant l'iode en liberté , qui se précipite en poudre brune noirâtre } mais lorsque la quantité de chloré est inférieure à celle qui est capable de décomposer tout l'iodure , la solution se colore en jaune brunâtre de plus en plus foncé.

. Fer et soufre.

Dans la nature on rencontre en abondance le fer combiné au soufre en deux proportions et sous des formes variées. Ces combinaisons naturelles sont désignées en minéralogie par les noms de pyrites martiales. L'une de ces combinaisons correspond seulement au protoxide.

Ces deux composés existent en assez grande quantité 5 l'un est connu sous le nom de protosulfure ou pyrite magnétique, l'autre sous celui de persuifure (le fer. Le premier agit sur le barreau aimanté et se présente en une masse cristalline couleur de bronze -, le second affecte des formes plus ou moins régulières : tantôt il est cristallisé en cubes , en dodécaèdres , ou en aiguilles disposées en rayons; il a une couleur jaune de laiton avec éclat métallique.

Le protosulfure n'est point décomposé par la chaleur, tandis que le persuifure abandonne une partie de son soufre et se transforme en protosulfure fixe. Les acides liydrochlorique et sulfurique affaiblis dissolvent promptement le protosulfure avec dégagement de gaz hydrosulfurique, ce qui n'a pas lieu avec le persuifure, qui est inattaquable par ces acides. Ce dernier accompagne souvent le protosulfure.

D'après les analyses de M. Hatchett , ces sulfures sont; composés, savoir :

Protosulfure de fer. Persuifure de fer.

Fer. . . . 100 Fer . . . 100

Soufre.. . 58,7 Soufre. . n3,4

D'où l'on Yoit que les quantités de soufre dans ces deux composés sont : : 1:2.

La première proportion de soufre correspond seulement au protoxide ; la seconde n'est point en rapport simple avec loxigène des deux autres oxides de fer.

4G4 ABRÉGÉ ÉLÉMEÏrtPiïRE

On prépare artificiellement ces deux sulfures en précipitant les sels à base de protoxidc ou de tritoxide de fer par une solution de protosulfure de potassium.

Dans les laboratoires on obtient ordinairement le protosulfure en projetant dans un creuset porté au rouge un mélange de deux parties de limaille de fer et d'une partie de soufre, et chauffant jusqu'à fusion à l'abri de l'air; lorsque la combinaison est fondue, on la coule en plaques plus ou moins épaisses qu'on brise ensuite en morceaux. C'est avec le sulfure ainsi préparé qu'on obtient le gaz bydrosulfurique dans les laboratoires , en le traitant par l'acide sulfurique faible. Mais ce gaz contient toujours une certaine quantité d'hydrogène libre. (F'oy. Acide bydrosulfurique, page 259. )

Le soufre combiné au fer , en petite quantité, diminue sa ductilité et sa malléabilité. Deux à trois centièmes de ce corps fondu avec du fer pur de Suède donnent de la dureté à ce métal et le rendent peu propre à être martelé à froid et à chaud. Lorsque sa proportion s'élève à 5 -J, elle lui donne une texture fibreuse et la propriété de se casser avec la plus grande facilité, même à froid.

Fer et sélénium. ( Séléniure de fer. )

Lorsqu'on fait passer du sélénium en vapeur sur du fer réduit en limaille et chauffé, la combinaison, a lieu avec production de lumière. On peut lafaire en mettant une petite quantité de sélénium au fond d'un tube, et plaçant pardessus de la limaille de fer. Dès que la chaleur est suffisante pour volatiliser le sélénium, toute la masse devient en ignition; le séléniure de fer produit est d'une couleur grise avec éclat métallique; il se ramollit sans se fondre à une chaleur rouge. Calciné à l'air, il perd une portion de sélénium qui brûle , et se transforme en séléniate de fer de couleur noire.

La facilité avec laquelle ce séléniure est décomposé par

DË CHIMIE. 465

les acides hydrochlorique et sulfurique affaiblis le reud propre à l'extraction du gaz hydrosélénique.

On ne connaît pas d'autres composés de sélénium et de fer; mais il est probable que ces deux corps peuvent se combiner en d'autres proportions. Le séléniure que nous avons décrit paraît correspondre au protoxide de fer (Berzélius ).

Bore et fer. (Borure de fer. )

Cette combinaison du bore avec le fer a été préparée pour la première fois par MM. Descotils et Gmelin , en exposant à une haute température, dans un creuset bras* que, un mélange de limaille de fer, d'acide borique fondu et de noir de fumée, rendu pâteux par une certaine quantité d'huile. L'affinité du fer pour le bore, celle du carbone pour l'oxigène , décomposent dans cette opéraion l'acide borique , qui ne le serait pas par ces corps séparément.

Le borure qu'on obtient ainsi se présente en une masse globuliforme , très-cassante , d'une couleur blanche argentine , attirable à l'aimant, et peu attaquable à froid par les acides. Ce borure , d'après son mode de préparation, contient du carbure de fer, comme nous l'avons constaté.

INous avons remarqué qu'on pouvait le préparer et l'avoir pur , en faisant passer un courant de gaz hydrogène sec sur du perborate de fer, placé dans un tube de porcelaine, et chauffé au rouge blanc.

Le borure de fer que fournit ce procédé est blanc argentin, un peu ductile avant de se briser, et attirable à l'aimant. Les acides agissent lentement sur lui , en mettant à nu un peu de bore.

Il paraît composé , d'après l'analyse qui en a été faite ( .Tournai de chimie médicale, année 1828), des proportions suivantes :

406 ABRÉG& ÊX^MEHTÀIRB

Fer .... 77,43 Bore. . . . 22,57

Cesiiombrefrcorrespondent a peu près à un atomedechacmi de ces corps.

Les essais tentés pour former avec le bore et le fer 1111 composé analogue à l'acier ont été infructueux. Le bore, uni au fer dans le 1 afcj)ort où le carbone est au fer dans l1 acier, n*a pu être fondu à une température irèsélevée.

Fer et phosphore, ( Phosphure de fer. )

L union du phosphore peut être produite directement en faisant passer du phosphoreen vapeur sur du fer porté au rouge obscur, ou en chauffant fortement dans un creuset un mélange d'acide phosphorique vitrifié ou de phosphate acide de chaux et de limaille de fer à parties égales. Une portion de l'acide phosphorique est décomposée par le fer, qui 6'empare de son oxigène, tandis que le phosphore s'unit à une autre partie du fer pour constituer le phosphure de fer. /

Ce phosphure est blanc, très-brillant, d'une grande dureté et d'une structure grenue 5 il est plus fusible que le fer et cristallise avec la plus grande facilité par un refroidissement Lent. Calciné au contact.de l'air, il passe, par l'action de l'oxigènè , à l'état de phosphate de fer. Sa composition parait très-variable suivant la température à laquelle il a été formé.

Aucun composé de phosphore et de fer ne se rencontre dans la nature, mais il s'en forme toutes les fois qu'on réduit, dans les hauts fourneaux, les mines de fer qui contiennent du phosphate de fer. C'està la présence d'une certaine quantité de ce phosphure que Ton doit attribuer les mauvaises qualités de certains fers , surtout de ceux

gui sont répétés çassans à froid ex qui pat élp obtenus pyec des fontes renfermant elles-mêmes une quantité assez grande de phosphure de fer. Il parait néanmoins que dans Taffinage de ces fontes, la plus grande partie 4e ce phosphure est brûlée , surtout lorsque cette opération a Jieu dans les fours â puddler. ( Voyez Tableau du puddlage d une fonte française , page 439- )

Des expériences directes, entreprises à la fonderie de Charentou, dans le laboratoire particulier de M. Wjlspn, fc ont fait connaître que le meilleur fer oV? Suède, fonfdu «vec une quantité de phosphure représentant o»oo5et jO,oo.i5 de phosphore, devenait dur, très-cassant et apte à cristalliser en belles lames brillantes par son refroidis-

sèment.

Fer et silicium. ( Siliciure de fer. )

D'après les expériences de MM. Berzélius et Stromeyer, le fer peut se combiner avec le silicium. Ils ob* tinrent ce composé en exposant à uné tempérarure trèsélevée un mélange de trois parties de fer en limaille, une partie et dèmie de silice et une demi-partie de noir

de fumée. \ . " '*

Le siliciure de fer ainsi préparé contient toujours rine certaine quantité de carbone. Il est blanc , un peu ductile, se dissout dans les acides affaiblis, en produisant une plus grande quanti té d'hydrogène que le même poids de fer pur, ce qui annonce indubitablement la présence dd silicium dans ce composé. Le résidu laissé par les acides est formé d'oxide de silicium , de fér et de carbone. Ce siliciure est composé de :

Fer 85,3

Silicium. . .

A.rWe-.:. M

ioo,o

Dans les mêmes circonstances , il se forme un siliciurô qui ne renferme que a, s de silicium, et qui est souvent môle avec le premier.

Ces résultats ne permettraient plus de douter dans quel état se trouve la silice dans les fontes, si l'expérience n'était venue le prouver directement. Des analyses de fontes très-silicées ont démontré que le volume de gaz hydrogène qu'on obtenait par leur dissolution dans les acides sulfurique et hydrochlorique affaiblis était plus considérable que celui fourni parle fer qu'elles renfermaient, et que l'excès de ce gaz était proportionnel à la quantité de silice qu'on en relirait, et par conséquent au silicium qui s y trouvait combiné au fer.

Fer et aluminium. ( Alliage. )

Cette combinaison de fer avec l'aluminium a été obtenue par M. Faraday , en exposant à une température très-élevée un mélange de fer fortement carburé et d'alumine pure. Cet alliage a une couleur blanche, une texture serrée et grenue -, il est très-cassant et plus fusible .que le fer. Il donne à l'analyse 6,4 pour cent d'alumine , ce qui correspond à 3,4 d'aluminium.

. Une partie de cet alliage, fondue avec dix-huit parties d'acier de bonne qualité , produit un acier fondu parfaitement malléable , et susceptible de recevoir un beau poli et de se damasser très-bien par l'action des acides , comme le véritable Wootz.

Une combinaison faite avec 1 3 parties de cet alliage*et 87 d'acier se rapprochait davantage par ses propriétés de cet acier indien , tant par sa malléabilité que par le damassé qu'on développait à sa surface.

Alliage de fer et d'étain. ( Fer-blanc. )

Cet alliage, connu vulgairement sous le nom de ferblanc, se prépare en combinant directement le fer et

rétain. On commence par bien décaper les feuilles de tôle en les frottant avec du grès et de l'acide sulfurique affaibli , pour dissoudre l'oxide qui s'y trouve à la surface; puis , après les avoir lavées, on les conserve sous l'eau bouillie pour empêcher leur oxidation.

Lorsqu'on veut les combiner à l'étain, on les tient pendant une heure dans du suif fondu , puis on les porte dans une chaudière contenant de l'étain en fusion , recouvert d'une couche de graisse, pour empêcher son oxidation. Les feuilles de tôle sont maintenues verticalement dans ce bain d'é tain pendant une heure et demie, et ensuite portées dans une chaudière remplie de suif fondu. C'est dans celle-ci qu elles sont nettoyées de l'excès d etain qui se trouve à leur surface et sur leurs bords , eu les frottant avec une brosse de chanvre. Enfin on les passe rapidement dans un bain d'étain pour faire disparaître les raies produites par la brosse.

Le fer-blanc est un alliage fort employé dans les arts. Il est moins oxidable que le fer ; et sert , à cause de cela , pour la confection d'une infinité de vases et d'ustensiles.

L'étain , appliqué à la surface du fer-blanc , présent une cristallisation bien prononcée, qu'on rend surtout visible par l'action des acides, qui dissolvent la couche extérieure , solidifiée par le refroidissement. C'est ainsi qu'on met à nu ces ramifications sur le fer-blanc, qu'on connaît alors sous le nom de moiré.

47O abrégé ÉtÉMENTAiM

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