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CHAPITRE XXII

Plomb.

Ses combinaisons avec Yoxigène, le chlore , le soufre, le sélénium et le phosphore.

Le plomb est un des métaux qui ont été connus dans les premiers siècles ; il se* trouve dans la nature sous quatre états : i° à l'état de combinaison avec l'oxigène et le chlore ; mais ces deux composés sont très-rares ) a° à l'état de sulfure } 3° à 1 état de sels , carbonate , phosphate , arséniate , chromate de plomb.

Le sulfure de plomb est la mine de plomb la plus abondante ; c'est de celle-ci qu'on extrait ordinairement ce métal. Ce sulfure se trouve dans presque tous lès pays.

Après l'avoir bocardé et lavé pour le séparer de la gangue dont il est enveloppé , on le grille , soit dans un fourneau à réverbère , soit en en formant avec un peu d'argile délayée de petites mottes qu'on place sur un lit

5o6 Abrégé élémentaire

de bois allumé. Le sulfure est en partie décomposé et converti peu à peu en sulfate de plomb , en oxide de plomb, qui restent mêlés avec la portion de sulfure de plomb qui n a pas été brûlée.

On peut obtenir immédiatement du plomb du produit de cette calcination, en l'exposant à une température plus élevée dans le fourneau où le grillage a été fait et mêlant bien par l'agitation toutes les parties ensemble. Le soufre du sulfure réduit l'oxide de plomb du sulfate et fait passer cet acide à l'état d'acide sulfureux qui se dégage , de manière que la portion de plomb qui est séparée provient de la décomposition réciproque du sulfure et du sulfate de plomb.

Le plus ordinairement on traite le sulfure grillé dans le fourneau à manche par le charbon , après l'avoir mêlé avec une certaine quantité de grenaille de fonte, de vieille ferraille, ou de scories de forge. L'addition de ces dernières substances a pour objet de décomposer les portions de sulfure de plomb échappées au grillage qui ne le seraient pas par le charbon seul. Par ce moyen l'oxide de plomb et le sulfure sont tous les deux réduits , le premier par le charbon, et le second par le fer qui s'empare du soufre et forme un sulfure qui surnage le plomb et peut en être isolé en faisant passer ce métal du premier bassin de réception dans le second.

Le plomb ainsi obtenu est désigné sous le nom de plomb d > œuvre \ il renferme quelquefois , suivant la qualité du minerai , de petites quantités de cuivre , d'antimoine et même d'argent. Souvent ce dernier métal est en proportion assez grande pour qu'on puisse l'extraire avec avantage ( voyez Extraction de l'argent ).

Propriétés. Le plomb est un métal d'une couleur blanche brillante , avec une teinte bleuâtre très-prononcée. 11 est tendre , flexible et si mou qu'il se laisse plier en tous les sens sans se rompre, et rayer par tous les corps,

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même par l'ongle. Lorsqu'on le frotte entre les mains il les tache en gris et leur communique une odeur sensible. Ce métal est plus ductile au laminoir qu'à la filière ; il s'étend avec la plus grande facilité sous la pression du marteau, même à la température ordinaire > et se réduit en lames minces. Sa densité est de n,35a.

Il entre en fusion à 2600 et reste fixe à l'abri de l'air. Suivant M. Mongez, on peut l'obtenir cristallisé en pyramides quadrangulaires.

Le plomb n'éprouve pas d'altération à l'air sec ; mais lorsqu'il est humide , sa surface perd son brillant et devient terne par suite de la formation d'une légère couche d'oxide qui n'augmente pas sensiblement d'épaisseur par le temps. Cette légère oxidation se produit aussi quand ce métal est plongé sous l'eau aérée \ mais elle est si superficielle que les parties qui se trouvent au-dessous, à une très-petite épaisseur , conservent long- temps leur éclat et leurs propriétés. C'est en raison de ce peu d'inaltérabilité que ce métal est employé pour doubler les réservoirs , les bassins , et pour la confection de tuyaux destinés à la conduite et à la distribution des eaux potables.

L'air et l'oxigène, à une température élevée , agissent sur le plomb avec assez de rapidité et le convertissent en oxide. A quelques degrés au-dessus de la température de la fusion de ce métal , cette oxidation commence -, il en résulte une pellicule grise , qui est un mélange d'oxide et de plomb.

Plomb et oxigene.

On connaît trois oxides de plomb dans lesquels ces deux corps sont unis en proportions définies.

Le protoxide et le deutoxide de plomb peuvent s'obtenir directement. Le tritoxide se forme par décomposition partielle du deutoxide.

5o8 abrégé élémehtàirk

Protoxide de plomb*

Cet oxide existe tout formé dans le règne minéral , mai* il est combiné aux acides.

On le prépare en calcinant le plomb à l'air. Il se forme d'abord des pellicules grisâtres qui , par l'action prolongée de la chaleur, se convertissent en poussière jaunâtre. L'oxide ainsi préparé est connu sous le nom de massicot.

Dans les laboratoires, on l'obtient en dissolvant le plomb dans l'acide nitrique faible à l'aide d'une douce chaleur. Ce métal est oxidé par une portion d'acide nitrique, d'où résulte du deutoxide d'azote et du protonitrate de plomb qu'on peut recueillir par évaporation et cristallisation.

En chauffant dans une cornue de verre une partie de ce nitrate, il est décomposé en acide ni treux, en gaz oxi- * gène et en protoxide de plomb anhydre qui reste au fond de la cornue. On peut aussi ioler ce protoxide en dissolvant le nitrate de plomb dans dix fois son poids d eau et versant de l'ammoniaque en excès. Il se précipite en fio- • cons blancs hydratés qui deviennent jaunes à une douce chaleur, en perdant l'eau combinée.

Propriétés. Le protoxide de plomb anhydre est jaunâtre , insipide , insoluble dans l'eau. Il entre en fusion un peu au-dessus du rouge brun. Cette fusion ne peut s'opérer que dans des vases de platine, car il attaque ceux qui sont en terre , et les perce à une chaleur rouge en se combinant avec la silice qu'ils contiennent. Cet oxide est sans action sur l'oxîgène à la température ordinaire 5 il l'absorbe seulement à une douce chaleur et devient rouge en passant à l'état de deutoxide. Il se comporte de la même manière avec l'air , si ce n'est qu'il en attire peu à peu l'acide carbonique à froid et qu'il l'abandonne par uue légère calcination.

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Lorsque le protoxide de plomb a été fonda, il est susceptible de cristalliser , eu refroidissant lentement à l'air, en écailles rougeâ très micacées. Il est alors désigné dans le commerce sous le nom de litharge. Cette litharge provient tout entière de la calcination des plombs argentifères pour l'extraction de ce dernier métal ( voyez Extraction de l'argent ).

L'aspect blanc argentin ou jaune doré qu'offre la litharge à sa surface, lui a fait donner par les commer-

çans le nom impropre de îitharge d'argent ou d'or , sans doute aussi parce qu'on la retirait de l'exploitation des mines de ces deux métaux.

Le protoxide de plomb est réduit facilement à une chaleur rouge brunjpar le carbone et toutes les substances organiques.

Il est formé , d'après M. Berzélius , de :

Plomb . . . too Oxigène ... 7,7

Les usages de cet oxide sont nombreux : il entre nonseulement dans la confection des emplâtres et de certains sels très-employés en médecine et dans les arts , mais il sert encore pour rendre les huiles siccatives , pour la composition des couvertes ou émaux sur la faïence, etc.

Deutoxide de plomb.

Cet oxide s'obtient en plaçant le protoxide de plomb massicot en couches peu épaisses dans un fourneau à réverbère, et l'exposant pendant deux ou trois jours à une chaleur au-dessous du rouge brun. L'opération étant terminée , on retire Toxide , qui est alors transformé en une belle poudre rouge.

Le deutoxide de plomb ainsi préparé renferme toujours une petite quantité de protoxide qui a échappé à l'action de l'air. Souvent lorsque le plomb employé con-

tenait du cuivre, il contient une certaine quantité de deutoxide de cuivre , dont il est facile de le priver en le traitant, à une douce chaleur , par de l'acide acétique étendu d'eau qui le dissout sans attaquer le deutoxide de plomb.

Propriétés. Le deutoxide de plomb se présente toujours en poudre insipide , pesante, d'une belle couleur rouge coquelicot ou orangé. Chauffé au rouge brun , il se décompose en donnant une certaine quantité de gaz oxigèneet se transforme en protoxide de plomb qui entre en fusion. Cet oxide , séparé des matières étrangères avec lesquelles il peut se trouver mélangé accidentellement , est composé , d'après M. Berzélius , de :

Plomb ioo •

Oxigene •••• 1 1 ,5

d'où l'on voit qu'il renferme une fois et demie autant d'oxigène que le protoxide.

Bien que la composition de ce deutoxide soit d'accord avec la loi des proportions multiples , quelques chimistes le regardent comme résultant de la combinaison d'une proportion de protoxide et d'une proportion de tritoxide de plomb. Ce qui appuyerait cette dernière opinion, c'est la composition variable qu'il peut offrir dans certains cas. Le deutoxide de plomb est connu dans le commerce sous les noms de minium , mine orange , oxide rouge . de plomb. On en fait usage comme fondant pour les émaux de la faïence ; il entre dans la composition du cristal , mais alors il est nécessaire qu'il soit très-pur et surtout dépourvu d'oxide de cuivre qui colorerait le verre* Il s'emploie aussi en assez grande quantité comme couleur dans la peinture à l'huile. En pharmacie , il est seulement usité dans la préparation de l'emplâtre de Nu-

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Tritoxide de plomb.

Cet oxide se prépare en traitant le deutoxide de plomb à une douce chaleur, par six fois son poids d acide ni-« trique étendu d égale quantité d'eau' distillée \ l'expérience se fait facilement dans un matras de verre. Le deutoxide se partage en deux portions , Tune cède une partie de son gxigène à l'autre et la fait passer à l'état de tritoxide qui se précipite , tandis que la première , Tamené à lëtat de protoxide , se combine avec l'acide nitrique et forme du protonitrate de plomb soluble*

Dans l'hypothèse où le deutoxide est un mélange ou une combinaison de protoxide et de tritoxide , l'acide nitrique se borne à dissoudre le protoxide qui y est tout formé.

Toutefois, après l'action de l'acide nitrique, on décante la liqueur et on lave à l'eau bouillante le tritoxide obtenu pour enlever le nitrate de plomb , puis on le dessèche à une douce chaleur.

Propriétés. Le tritoxide de plomb est en poudre trèsfine, de couleur puce, sans saveur. Exposé à une chaleur obscure, il abandonne le quart de l'oxigène qu'il contient et passe à l'état de deutoxide (minium) \ à une chaleur rouge cerise, il en laise dégager une nouvelle quantité et se transforme en protoxide qui se fond et qui est indécomposable au feu.

Cet oxide n'exerce point d'action sur l'oxigène ni sur Tair \ il est insoluble dans les acides oxigénésj? mais il est décomposé par ceux qui n'en sont pas saturés et ramené à l'état de protoxide. L'acide hydrochlorique le décompose, en le transformant en protochlorure de plomb avec dégagement de chlore.

Sa composition , d'après les recherches de M. Berzélius , est de :

Plomb ioo

Oxigène. • . . 1 5,4

5 13 ÀBKÉGE ÉLÉMENTAIRE

Le tritoxide de plomb est sans usages. II a été découvert par Schèelc el examiné depuis par M. Bcrzélius.

Plomb et chlore. ( Chlorure de plomb. )

On ne connaît qu'une combinaison de chlore et de plomb correspondant au protoxide de ce métal.

Ce composé se forme directement en mettant le plomb en fusion dans le gaz chlore sec \ la combinaison s'effectue avec dégagement de calorique , mais sans lumière.

On obtient le chlorure, par la réaction à chaud, de l'acide hydrochlorique étendu d'eau sur le protoxide de plomb, ou en précipitant le nitrate de plomb par un chlorure soluble. Dans ce dernier cas, il se précipite en flocons blancs, qui deviennent cristallins par la dessiccation.

Propriétés. Le protochlorure de plomb est blanc , d'une saveur un peu 6ucrée et astringente. Il se dissout dans a5 à 3o fois son poids d'eau froide et dans une moins grande quantité d'eau bouillante. Il cristallise, par le refroidissement de cette dernière solution, en petites aiguilles blanches nacrées, de forme prismatique. Eu chauffant ces crislaux, ils se fondent promptement en un liquide transparent qui se solidifie ensuite en une masse blanche grisâtre et demi- transparente. Ce chlorure fondu était désigné autrefois sous le nom de plomb corné.

Exposé en fusion au contact de l'air , il se vaporise en partie sous forme de fumées blanches 5 mais dans les vases fermés , il reste fixe , même à une chaleur rouge.

D'après M. John Davy , ce chlorure est composé de :

Plomb. .... 100

Chlore 28,7

Le chlorure de plomb existe , mais en très-petite quantité, dans la nature. Celui qui est artificiel, uni à une certaine pr oportion de protoxide, forme une couleur jaune

M CHIMIE. 5l3

fixe , employée en peinture sous le nom de jaune mi" néral , jaune de Naples.

Plomb et iode, ( Iodure de plomb. )

L'iode et le plomb peuvent s'unir en les exposant ensemble à une douce chaleur. 11 se prépare facilement en précipitant un sel de plomb soluble par l'acide hydriodique ou un iodure. Il est d une belle couleur jaune , inaltérable à l'air , peu soluble dans l'eau.

Plomb et soufre. ( Sulfure de plomb. )

Le sulfure de plomb se trouve abondamment dans la nature. On le rencontre dans la plupart des pays , en niasse ou en filons; il est alors cristallisé en larges lames brillantes» ou en cubes, ou à petites facettes. On le connaît vulgairement sous le nom de galène. L'espèce à petites facettes contient souvent assez d'argent pour qu'on puisse 1 extraire^avec avantage.

C'est de ce sulfure naturel qu'on retire le plomb pour les besoins des arts.

Le sulfure artificiel s'obtient en chauffant dans un creuset ou dans un matras trois parties de plomb en limaille et une partie de fleurs de soufre. Lorsque la combinaison a lieu dans des vases transparens, on remarque qu'elle s'effectue avec un dégagement si grand de lumière, que la masse paraît en ignition.jCe sulfure se forme également par l'action de l'acide hydrosulfurique sur un sel soluble de protoxide de plomb \ il se précipite en flocons noirs , insolubles dans l'eau et tout-à-fait identiques sous le rapport des proportions avec celui produit directement.

Propriétés. Le protosulfurc de plomb est noir, trèsbrillant en masse et même en poudre si elle n'est pas trop fine 5 il est insipide, moins fusible que le plomb,

5l4 ÀBKÉGÊ ÉLÉMENTAIRE

fixe au feu 9 mais décomposé , à laide de la chaleur , par Fair et l'oxigène qui le transforment en acide sulfureux, en protoxide et eu sulfate de .plomb.

Le fer décompose avec la plus grande facilité le protosulfure de plomb à l'aide de la chaleur. C'est sur cette propriété qu'est fondée l'analyse de cette mine par la voie sèche. On mêle dans les laboratoires le sulfure de plomb avec le tiers- de son poids de limaille de fer, et on expose ce mélange'à la forge dans un creuset. Lorsque la fusion est opérée , on laisse refroidir, et on trouve le plomb au fond du creuset, recouvert par le protosulfure de fer.

L'acide nitrique faible agit aussi peu à peu sur le sulfure de plomb à l'aide d'une douce chaleur ; il isole la plus grande partie du soufre, en oxidant et dissolvant le plomb. Cependant une petite portion de ce dernier est précipitée à l'état de sulfate par une partie de soufre con. vertie en acide sulfurique.

Le protosulfure de plomb est composé de :

Plomb. . . . 100 Soufre. . . . i5s3

Indépendamment des usages du protosulfure pour l'extraction du plomb, on l'emploie, sous le nom à'alquifoux 9 pour vernir la surface des poteries communes. Cette opération se pratique en saupoudrant les vases cuits avec une certaine quantité de sulfure de plomb, et les exposant ensuite au four. Le soufre est brûlé , et le plomb oxidé s'unit avec la silice de la terre et se vitrifie. Cet i émail est très-tendre et peu solide. Il est facilement atta- I qué par les acides faibles et même le vinaigre , qui dissolvent une certaine quantité d'oxide de plomb, ce qui rend ces poteries ainsi vernissées peu propres à la conservation des alimens acides , qui contractent alors des qua- I lités nuisibles à la santé.

DE CHTJllJÎ. 5l5

Plomb et Sélénium. ( Séléniure de plomb. )

Le plomb , uni au sélénium par une douce chaleur , fournit une masse poreuse , grise, infusible à une chaleur rouge, susceptible de se laisser comprimer, et de prendre par le froltement un poli analogue à l'argent. Sa composition n'a pas été déterminée.

JHpmb et posphore. ( Phosphure de plomb. )

La combinaison du pbosphore et du plomb peut s'obtenir directement par la calcination d'un mélange à parties égales de limaille de plomb et de phosphate acide de chaux.

Ce phosphure est blanc argentin avec une teinte bleuâtre 5 il s'aplatit sous le marteau et se sépare en lames 5 sa fusibilité est moins grande que celle du plomb. Exposé à Pair, il se ternit, même à la température ordinaire; chauffé, il se transforme en acide phosphorique et en phosphate de plomb. Une température élevée le décompose en partie, même à l'abri de lair, en volatilisant une partie du phosphore qu'il contient.

Il est composé, suivant Pelletier père, de :

Plomb 100

Phosphore. . . i3,6

Usages du Plomb.

Ce métal est très-employé dans les arts , à cause de la facilité avec laquelle il reçoit toutes les formes qu'on dé^ sire. Il sert à la confection d'un grs^nd nombre d'objets usuels, tels que tuyaux- pour la conduite des eaux, gouttières, chaudières, etc., etc. Plusieurs de ses alliages ne sont pas moins utiles. Tels sont les suivans.

A Uiage de Plomb et éÛÉtain, Cet alliage , connu sous le nom de soudure des plom-

5i6 Abrégé élémentaire

biers, est formé de deux parties de plomb et une partie d'étain. Il est d'un blanc gris, malléable, plus fusible que l'un et l'autre des métaux séparément, et c'est par cette raison qu'il est employé comme soudure par les plombiers. Calciné au rouge obscur , en contact avec . l'air , il brûle comme du pyrophore , et se transforme en une poudre blanche, composée de deutoxide d'étain et de protoxide de plomb. C'est cette poudre que Ton désignait autrefois sous le nom de potée détain, et qu'on employait pour polir les glaces et les verres d'optique.

Alliage de Plomb et d'Antimoine.

Cet alliage, formé dans les proportions de quatre parties de plomb et une partie d'antimoine, constitue le métal propre à la confection des caractères d'imprimerie. 11 est solide, gris bleuâtre, beaucoup plus dur que le plomb, et jouit encore d'une certaine malléabilité. Une plus grande quantité d'antimoine rend l'alliage cassant.

Alliage de Plomb, d'Étain et de Bismuth.

Cet alliage ternaire, composé de huit parties de bismuth , cinq parties de plomb et trois parties d'étain , s'obtient par la fusion, dans un creuset, des trois métaux ensemble. Il est gris de plomb, fusible à + 90, et par conséquent dans l'eau bouillante j sa texture est grenue comme celle de l'acier. On s'en sert dans les arts pour clicher les médailles.

En combinant neuf parties de cet alliage avec une partie de mercure, ou forme un alliage quaternaire, fusible à 53°, qu'on emploie pour produire des injections anatomiques et pour plomber les dents cariées. Une plus grande quantité de mercure augmente sa fusibilité en diminuant sa solidité. /

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