‹ Abrégé élémentaire de chimieChapitre 87 sur 96 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

Chrome. *

Son Qtat naturel. — Son extraction. — Ses combinai*

sons avec Voxigene.

M. Vaequelin découvrit ce métal en 1797, en faisant l*ai:alysc d'un minerai de plomb , connu des minéralogistes sous le nom de plomb rouge de Sibérie. 11 constata que ce minerai était composé d'oxide de plomb et d'un acide métallique , dont le radical était un métal nouveau. En conséquence des propriétés qu'il reconnut à ce corps , il le désigna sous le nom de chrome, de^wpa, couleur, à cause des colorations qu'affectent ses combinaisons.

Depuis, la présence de ce métal a été observée dans d'autres minéraux. On Ta rencontré dans lemeraude du Pérou, dont la belle couleur verte est due à l'oxide de ce métal 5 le rubis spinelle parait aussi devoir sa. couleur rouge à une des combinaisons de ce corps métallique.

Le chrome uni à l'oxigènc et à Foxidc de fer se trouve abondamment en France , dans une mine du département du Var , près Grenoble. Il est en masses irrégulières ou cristallisées. C'est du traitement de ce minerai qu'on obtient tous les autres composés de chrôme. . Après en avoir pulvérisé une partie , on la mêle in- • timement avec un poids de nitrate de potasse égal au sien, et on calcine au rouge ce mélange dans nn'ereuset de terre , pendant trois quarts d'heure. Le nitrate de potasse se trouve alors décomposé -, une portion de son oxigène

DE CHIMIK. 58g

se porte sur l'oxide de chrome et le fait passer à l'état d'acide chrômique , d'où résulte du chrômate de potasse, qui reste mêlé à l'oxide de fer et a une combinaison de potasse, de silice et d'alumine, provenant en partie de ces oxides que contenait la mine , et de ceux qui composaient les parois du creuset de terre.

En traitant par l'eau bouillante la masse calcinée, on dissout le chrômate de potasse 5 une portion du silicate et aluminate de potasse, et l'oxide de fer re§te insoluble. L'évaporalion fournit le chrômate de potasse qu'on purifie par plusieurs cristallisations. Ce sel est principalement employé pour obtenir les autres composés de ce métal.

Le chrôme s'extrait en calcinant à une tempéra turé très-élevée un mélange de protoxide de chrôme et de noir de fumée. Ce métal est blanc gris et très - cassant 5 il n'a pu être encore obtenu qu'en masse poreuse plus ou moins cristalline , 'ce qui prouve combien il est réfrac taire.

L'oxigène se combine en deux proportions avec le chrôme et forme un oxideet un acide. Un composé intermédiaire à ceux-ci a été anuoncé , njuiis il parait n'être qu'un mélange des deux.

Le protoxide dethrôme s'obtient en calcinant le chrômate de potasse avec la moitié de son poids de soufre. 11 résulte de celte calcination du protoxide de chrôme, ' du sulfure dcpolassium et du sulfate de potasse ; ces deux derniers composes sont dissous»par l'eau, et le protoxide de chrôme reste insoluble. Après l'avoir bien lavé et séché , on doit le regarder comme pur, si ou a fait usage de chrômate de potasse à l'état de pureté. s

On peut encore retirer cet oxide de la calcination du chrômate de mercure. Ce sel est décomposé par la qha-, leur en gaz oxigène , en mercure métallique et en protoxide de chrôme. Le protoxide de chrôme est sous la

* forme d'une poudre verte ^>lus ou moins foncée ; il est inodore , insipide , insoluble dans l'eau et dans les acides lorsqu'il a été ainsi calciné. Le fou le plus violent ne lui fait éprouver aucune altération. Cet oxide, ajouté en petite quantité au yerre ou aux émaux en fusion , les colore en beau vert fixe aux températures les plus élevées. C'est en raison de cette propriété qu'il est employé pour faire les fonds verts sur la porcelaine.

Le second composé d'oxigène et de chrome (l'acide chrômique ) se retire du chrômate de barite en traitant ce sel par l'acide sulfuri que, ou en décomposant le chr6-w mate d'argent par l'acide hydrochlorique. Cet acide est rouge foncé en masse , orangé rougeâtre lorsqu'il est divisé 5 il est incfistallisable , et décomposé par une chaleur au-dessous du rouge en oxigène et eh protoxide de chrome. L'eau et l'alcool le dissolvent aVec facilité.

Les autres composés du chrôme avec les corps que nous avons étudiés présentent moins- d'intérêt. Nous, indiquerons les propriétés des chromâtes usités , lorsque nous traiterons de ce genre de sels.

Le tungstèpe, lé molybdène, le colombium, sont des métaux qui ont beaucoup de ressemblance avec le chrôme par les acides particuliers qu ils forment en s unissant à l'oxigène. Leurs composés n'ont encore reçu aucune application.

A l'état de pureté, ces métaux sont^ris, très-durs, très-cassans et difficiles t fondre-, ils n'ont encore été obtenus qu'en masse poreuse plus ou moins agglutinée.

Le tungstène se rencontre dans la nature à l'état d'àcide uni à l'oxide de calcium et au peroxide de fer. Cet acidë a été isolé du premier minéral en 1781 , par Schéele. et désigné sous le nom d1 acide tungstique , dérivé du mot allemand lungsten, donné à ce minéral à cause de sa pesanteur.

Î>E CHIMIE. Sgt

Le molybdène aété aussi découvërtpar Scbéele en 1 778 ; il a élé trotivé dans un minéral qu'on avait confondu • pendant long-temps avec la plombagine. Ce inétal existe4 en combinaison avec le soufre. 11 lui donna le nom de moly bdène i mot dérivé du grec , par lequel on distinguait ces diverses espèces minérales.

Le colombium est un métal particulier qui a été découvert en 1801 par M. Hatcbett. Il a été trouvé dans un minéral venant d'Amérique, et désigné à cause de cela sous le nom de colombium , en l'honneur de Christopbe Colomb , qui découvrit ce nouveau continent. On l'a rencontré- depuis dans plusieurs minéraux de Suède uni à d antres oxides métalliques; Il existe en combinaison avec l 'oxigène ou à l'état d'acide colombique.

Pour compléter l'histoire des substances métalliques, il nous resterait à décrire le tellure , le titane, le cé*> rium, Yurane, hfiickel et le cobalt. Mais comme, * l'exception des deux derniers , ces métaux n'ont aucun1 usage dans les arts ni dans la médecine , nous ne ferons qu'indiquée ici leurs propriétés physiques.

Le tellure a été trouvé dans une mine d'or de Transylvanie, en 1 78a, par Muller -, mais ses propriétés dis ti actives n'ont été bien établies qu'en 1798 par Klaproth, cbimiste prussien.

Ce métal est blanc bleuâtre, très-cassant, d'une texture lamelleuse comme celle de l'antimoine; sa densité est de 6, 1 15. Il est fusible au-dessous de la chaleur rouge et se volatilise aisément en augmentant la température. Chauffé au contact de l'air, il brûle avec, une flamme bleue verdàtre en répandant une odeur de raifort. Ce métal s'unit à l'oxigène et forme un seul composé non acide; avec l'hydrogène, il produit un composé gazeux qui a beaucoup des propriétés des gaz hydrosulfurique et sélénrque.

Le titane a été trouvé en 1791 et 179$ par Grégor et

Du

Klaproth dans deux minéraux différons. Le premier de ces chimistes Ta rencontré dans un minéral du comté de Cornouailles, et le second dans un minéral désigné parles * minéralogistes sous le nom de schrol rouge.

Les propriétés du titane, à l'état de pureté , n'ont été que peu étudiées ; comme il est très-infusiblc , on n'a pu l'obtenir réuni en une seule masse. On sait qu'il a une couleur rouge analogue à celle du cuivre , qu'il est cassant et qu'il s'oxide lorsqu'on le chauffe à l'air. Il est susceptible de se combiner en deux proportions avec l'oxigène; le peroxide de ce métal joue Je rôle d'un acide, ce qui lui a fait donner le nom d'acide titanique. Il se rencontre dans la nature uni à plusieurs autres oxides.

Le ceridm a été trouvé dans un minéral particulier de Suède qu'on confondait avec le tungstène. Sa découverte a été faite en 1804 par MM. BeAélius et Hisingcr. Comme il n'a été obtenu qu'en poudre brunâtre, on ignore ses principales propriétés physiques; on sait seulement qu'il est infusible au plus violent feu qu'on puisse produire dans les forges ordinaires et qu'il est très-oxidable en le chauffant à l'air.

Vurane jl été distingué comme métal particulier en 1789, par Klaproth. Sa mine a été regardée pendant long-temps comme une mine de fer, de zinc ou de tungstène.

Ce métal est blanc grisâtre, en masse lamelleuse trèscassante; il est si difficile à fondre, qu'on n'a pu encore le réunir pour en former un culot h\cn homogène. Exposé à l'air lorsqu'il est 'chaud , il brûle en s'oxidant et se convertit en une poudre noirâtre. L'bxigène se combine en deux proportions avec ce métal.

Nickel.

Le nickel et le cobalt sont deux métaux qui , comme le

DE CHIMIE* 5g$

fer, jouissent de la propriété magnétique , c'est-à-dire d'être attirés par l'aimant et d'en acquérir les propriétés.

Le premier a été rencontré dans un minéral qu'on regarda pendant long-temps comme une mine de cuivre , et à laquelle les mineurs allemands donnèrent le nom de kupfer nickel ( faux cuivre ) , parce que les essais qu'ils entreprirent pour en extraire ce métal furent infructueux.

Ce ne fut qu'en 1754 qne Cronstadt annonça qu'il existait dans cette mine un métal nouveau auquel il donna le nom de nickel.

Ce métal se trouve dans cette mine uni au soufre, à l'arsenic , au fer et au cobalt 5 ce n'est que par des grillages et des dissolutions dans les acides qu'on peut le séparer de ces différentes substances. Le nickel , à l'état de pureté , est un métal d'une couleur blanche argentine ^il est très-ductile et malléable. Sa densité , lorsqu'il est fondu, est de 8,3^4* Sa fusion est difficile à opérer ; elle exige une température très- élevée. .

L'air et l'oxigène secs n'ont point d'action sur lui à la température ordinaire; à une température rouge, ce métal absorbe rapidement le gaz oxigène et se convertit ^n un oxide brun-verdàtre.

Le nickel s'unit en deux proportions avec l'oxigène , et forme un protoxide et un deutoxide dans lesquels les quantités d'oxigène sont entre elles : : 1 : 2.

Ce métal ni aucun de ses composés n'ont reçu encore d'application : s'il était plus facile à obtenir pur et en assez grande quantité , on pourrait en fabriquer des aiguilles aimantées ; car il conserve aussi bien que l'acier le magnétisme qu'on lui communique.

Il paraît qu'uni au cuivré et au fer, le nickel fait partie constituante de certains alliages blancs , qu'on employait autrefois pour la confection de vases dornemens.

kBVLtGÎ, ÉLÉMENTAIRE

Cobalt.

L'usage des mines de ce métal pour la coloration du verre en bleu parait avoir été connu long-temps avant qu'on eût appris que cette propriété était due à un métal particulier. Ce fut Brandt, en 1 7?» 3 , qui le distingua des autres métaux par le nom de cobalt.

Ce métal existe dans la nature combiné à Voxigène et à certains acides ; mais il se trouve plus abondamment uni au soufre , à l'arsenic , au fer et au nickel. C'est sous ce dernier état qu'on le rencontre à Tunaberg en Suède, à fylodumcn Norwège, à Giern en Silésie, et dans plusieurs parties de l'Allemagne. Cette mine se présente en masse grise plus ou moins éclatante, sous diverses formes, et cristallisée en cubes ou en octaèdres.

L'extraction de ce métal , à l'état de pureté , exige des grillages prolongés pour la séparation de la plus grande partie du soufre et de l'arsenic qui s'y trouvent, et ensuite un traitement particulier de la dissolution dans les acides de la mine grillée.

Ces moyens de purification du cobalt ne sont usités que dans les laboratoires-, ils sont dus aux recbereb** de M. Laugier , qui est parvenu le premier à obtenir ce métal dans le plus grand état de pureté.

Propriétés. Le cobalt est d'une couleur grise avec une nuancé un peu rosée; il est magnétique , comme le fer; dur et cassant à froid , un peu ductile à ebaud. Sa denfcïtéestdè 8,602. Il est très-difficile à fondre. L'air et Voxigène secs n'ont point d'action sur lui à froid, ils l'oxidcnt à une température élevée , et le convertissent en oxide noirâtre.

L'oxigène se combine en deux proportions avec le cotait et forme deuxoxides *, le premier s'obtient en dissol- -rvsjn^egtnétal dans l'acide nitrique et précipitant la dis-

DES MATIÈRES

Séléniure d'étain. .

Phosphure d'étain.

Page*.

. Id.

chapitré *vm.

fcbh ëtat naturel, son

extraction 43 1

Fotote. ^34 Composition dés différentes .

fontes 4 35

Affinage de la fonte. • • 436 Analyse des produits de rafli-

hage. .' 439

Propriétés du f< r Id.

Variété» des fers du commerce . • 44 1

Action de l'air et de Peau sur

Je fer • 4^2

Protoxide lie fer. . . . . 443

Sa composition. . .... 444

Dteutoxidè de fer (Ethiops martial)

peroxide de fer. . . . .

8'eS propriétés, sa composition. 446 Saft an de mars astringent. .447 Safran de mars apéritif. . . Fer et carbone. .. » . .

Plombagine

Variétés des fondes. . . • Différences dans leur composition.

Àcier

Acier naturel, de cémentation, fondu.

CHAPlTfcE XÏX.

Arthioikz. Son état naturel,

ïâ

Id Jd.

Id.

ArValysc de divers aciers. .

Acier \V00tz ou indien. . .

Sa composition , ses différen-

ces.

Propriétés de l'acier, sa trempe, son recuit

Alliages de l'acier avec l'argent, le platine, le chtômc. 4r>9

Acier damas

Protochforure de fer. . .

Deutochlorure de fer. . .

Iodures de fer

Sulfures de fer

Séîëniure de fer. ....

Borure de fer. .....

phoaphure de fer. ....

Siliciure de fer. . . . •

A lliace de fer et d'aluminium.

Alliage de fer et d'étain (Ferblanc). • » « • • , •

Moire. "> •

Id

son extraction; Ses propriétés. . . . . .473

Oxides d'àhtIthoifYc. . . . 47S

Protoxide , Sa préparation, sa composition. . . . . . Id.

Déutoxide d'antimoine (Àcidê antirhonieux) ....

Tfitoxide d^ntirîloïné (Acldë

iantimoninue) 475

Chlorures cràhtiihoine. . . Jd.

Protocliltthire ( Beurre danv

timoine). : . . • . . 476 Sa préparation, ses propriétés.

Oxichlornre d'antirnoihk , Deutochlorure d'antimOine. .

Bromure d'aniimbirie. . .

lodure d'aniimoirie. . . .

Protosttlïurc d'antimoine. ..

neutosulfure d'ântimoinfc .

Vè»rc d'antimoine.

Safran d'abtirhoihc.

Foie d'antimoine 4^2

Kermès et soufre doré. . . Jd.

Leur préparâtioH. . . «... . 483 Théorie de cette opération. 484 Opinion différente sur leur

composition. 485 Falsification du kermès. •. . iflà Antimoine diapU'otéli^ue non

lavé. . v ..... /ïf, AntimOitrediaphorétiqnehvé. Id.

Séléniure d'antimoine. ; . 487 Phosphurc d'antimoine. . . Id.

Alliages d'antimoinè ayet le fer et l'étain. ....

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