CHAPITRE IL
Après avoir suivi dans cette galerie enflammée les traces de l’incendie qui consume notre planète, nous allons jeter un coup d’œil sur l’histoire des principaux événements qui ont signalé ses dévastations. De tous ces événements, les plus redoutables sont les treiqble- , ments de terre, parce qu’on ne peut ni les prévoir ni s’y soustraire. Nous disons qu’on ne peut les prévoir, parce qu’on ne sait jamais combien de surface ils agiteront , et parce qu’ils suivent leurs indices de si près, qu’on n’a pas le temps de fuir; et quand même on en aurait le temps, où fuir, et dans quelle direction? Ces tremblements sont annoncés quelques heures auparavant par divers présages. Un point noir se formant à l’horizon , s’étend et couvre le ciel; souvent la chaleur
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de la terre est telle, que ses vapeurs raréfiant l’air, occasionent un vent impétueux; une autre fois le calme le plus profond règne sur la nature. C’est un silence comme celui du néant : on dirait que la terre, suspeudaut toutes ses facultés, attend avec inquiétude ce qu’il va être ordonné de son sort. Les êtres animés éprouvent une inquiétude, un mouvement indéfinissable d’irritation nerveuse, qu’il faut peut-être attribuer à. l’électricité miseen action par les vapeurs métalliques que le feu intérieur produit. Les chevaux hennissent avec des marques d’effroi, les chiens hurlent et les oiseaux viennent se réfugier dans les maisons ; car le danger imminent suspend la défiance dans les faibles , et la férocité dans les forts.
Les mêmes indices se reproduisent dans les ouragans: les chiens hurlent pareillement, et les oiseaux de mer se réfugient à terre avec de grands cris; ils ne fuient plus les habitations des hommes. Mais dans les ouragans comme dans les tremblements de terre, il est un phénomène bien remarquable ; c’est que dans le calme , dans le silence perfide qui précède la catastrophe , les feuilles des arbres éprouvent un frémissement qui les agite, malgré le repos de l’atmosphère, comme si le danger les animait et leur inspirait un sentiment d’épouvante.
Les tremblements de terre des premiers âges sont peu connus; on doit se tenir en garde contre tout ce qui nous vient des temps antérieurs à l'histoire écrite, quand il s’agit des faits positifs ou donnés pour tels.
On n’a aucune donnée certaine sur l’ancienne Atlantide. Cette île a disparu; l’opinion la plus vraisem-
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blable est qu’elle a fait naufrage, qu’elle a légué son nom h l'océan Atlantique, et qu’il se pourrait bien faire que les Canaries, Madère, les îles du cap Vert et les Açores en eussent fait autrefois partie. Notre opinion personnelle n’adniet aucun doute sur cette question.
Un tremblement de .terre a séparé le mont Ossa du mont Olympe (en Grèce), et la Sicile de l’Italie; c’est Strabon qui nous l’apprend, et on peut voir dans le meme auteur , les bouleversements de l’Eubée, l’écroulement du promontoire Cénéum, et la destruction d’Orobiés.
Pline attribue la formation du détroit de Gibraltar à un rupture occasionnée par un tremblement de terre *. Nous l’avons déjà dit, pages 45, g3, etc.
Dans un tremblement de Phénicie, une ville entière disparut, et Sidon fut aux deux tiers détruite; la Syrie fut ébranlée; ce qui n’est pas étonnant, puisqu’elle est limitrophe; et dans cet événement nous trouvons une particularité remarquable, parce quelle confirme la théorie des galeries souterraines : c’est que Délos et les autres Cyclades ressentirent la commotion qui s’étendit jusqu’en Eubée, aujourd’hui Négrepont.
Trasimène, aujourd’hui Pérouse, éprouva un violent tremblement de terre, le jour de la bataille du même nom. Le lac de Trasimène , aujourd’hui lac de Pérouse, exhala des flammes; ce lac a aujourd’hui deux lieues de diamètre, et renferme trois îles; plusieurs villes furent détruites ; la terre eut 5y secousses. Nous allons commencer à avoir des dates.
Modène ( Vêtus Mutina ), éprouva un violent trem-
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bleinent de terre 9a ans avant J.-C. 1 Deux, montagnes furent portées l’une vers l’autre, s’entre-choquèrent avec un grand bruit, et se séparèrent ensuite. Le lecteur dont les études ne se sont pas dirigées vers cette partie, prendra ce récit pour un conte fait à plaisir. Cependant Pline est positif, et le phénomène eut beaucoup de témoins ( spectante è via Æ milia , magna equitum Romanorum , jam iliaru m que et viatorum multitudine ). Au surplus, le géographe physicien qui voit les îles s’élancer du fond des mers , se familiarise avec le choc de deux montagnes. La nature nous cache ses ressorts et nous fait voir des opérations si vastes, que, tout bien considéré, il est aussi téméraire de rejeter des faits merveilleux que de croire aveuglement à des traditions. Ce dernier fait n’est pas isolé : Pline à bien dit, en tête de ce chapitre : portenta terrarum semel visa; mais depuis lui , cet exemple s’est renouvelé deux fois; nous allons les faire connaître de suite.
En qSo , un tremblement de terre ouvrit en Mésopotamie un gouffre de deux milles d’étendue, et deux collines portant des villages furent transportées.
Le second exemple est constaté a. «Le 17 février « 1571 , la terre s’ouvrit à Rinan-Stone dans le comté « d’Héréford en Angleterre. Plusieurs rochers s’avancè- «rent avec le terrain sur lequel ils étaient assis, et fai- «santun bruit terrible, ils continuèrent de se mouvoir «depuis six heures du soir jusqu’à la matinée du lcnde- & main, ils avaient alors parcouru 40 pas. L’ouverture a qui s’était faite d’abord resta profonde de 3o pieds sur
* Piin. Hist. Nat. lib. a, cb. 83.
* Collection académique, tom. 6.
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«une largeur de 160 yards ou 3c)0 pieds anglais, et « sur une longueur de 4<>o yards ou 97$ pieds anglais » (le yard anglais a a pieds 5 pouces 3 lignes). «Tout le « district, qui contenait aG acres, fut entièrement boule- « versé. I>a masse des rochers poussa le terrain devant « soi et forma un monticule de a/j yards de hau- « teur. »
Après ce dernier exemple, on peut croire aux deux, autres.
Il y eut sous Tibère un violent tremblement de terre; Sardes, Éphèse, Césaréq, Magnésie, furent ruinées dans rAsie-Mineure avec huit autres villes ( ces villes sont en Natolie ). Ce tremblement se fit sentir en Sicile, en Calabre; fait qui prouve ce que nous avons dit .à l’occasion de la filiation des montagnes, que Candie et Chypre sont la continuation de la chaîne qui lie l’Apennin à l’Asie. La mer Noire sentit en même temps ses rivages s’agiter. Le royaume de Pont, qui s’étend sur la côte méridionale de cette mer en Asie , jusqu’aux frontières de la Mingrelie ( Velus ColchlÜe), vit son sol s’enfr’ouvrir, et révéla à l’histoire naturelle l’existence antérieure d’êtres à stature colossale; car dans les fissures que cette secousse volcanique produisit dans ce royaume, on trouva des squelettes de proportions extraordinaires.
L’an n4 après J.-C., Antioche fut détruite de fond en comble; l’empereur Trajan y fut blessé et se sauva par une fenêtre. Cette ville s’est familiarisée avec de pareils accidents. (Voyez la fin de ce chapitre.)
En 358 , un violent tremblement de terre, qui paraissait venir du Bosphore ( détroit de Constant i-
î64 GÉOGRAPHIE PHYSIQUE. (
nople ), sc fit sentir en Europe et en Asie. Dans une heure i5o villes éprouvèrent des désastres; Nicomé- ' die fut engloutie presque en totalité ; la terre s’ouvrit sous cette ville; il en sortit des flammes qui la ravagèrent pendant cinquante jours; au bout de ce temps l’incendie s’éteignit.
En 36o, Candie vit s’écrouler sept cents villes, villages, et le tombeau de Jupiter. Ce nombre nous paraît bien fort.
Saint Augustin (évêque d’Hippone) rapporte qu’un tremblement de terre renvérsa cent villes dans la Libye : ce nombre de villes paraît bien considérable pour la Libye; mais il faut toujours en conclure que lé tremblement fut très-violent.
Sous Valentinien Ier, 1 tout le monde connu ressentit un tremblement universel. Si l’auteur a dit vrai-; ce fait doit rendre moins hasardée notre opinion sur le naufrage des deux océans Pacifiques; elle paraîtrâ moins extraordinaire.
Ên , l’Égypte et l’Orient furent ravagés. Le foyer était sous la mer, ou du moins on peut le supposer, car plusieurs vaisseaux furent engloutis.
Dans Je 8e siècle, un tremblement de terre ravagea les côtes du nord de la Bretagne Armorique; la côté se rompit et s’affaissa auprès de Saint-Malo ; l’endroit de la césure3 a conservé le nom de Cézembre. C?est aujourd’hui une île à deux lieues ea mer. Tout l’intervalle entre cette île et la ville fut englouti: Quelques années après, un nouveau tremblement de terre
1 Ammien MarcHlin, lib. 26, c. 14* <■ .
1 Ogée.
- Di
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fit disparaître une forêt et mit un lac à sa place; ce lac est placé non loin de la baie de Cancale, entre Châteauneuf et Dol; on l’a nommé mer sans écoulement, d’où est Tenu par corruption mare sanscoulment, d’où l’pn a bientôt fait saint coulman. Les arbres y sont parfaitement conservés ; les feuilles de chêne agglomérées dans la vase sont encore reconnaissables, et on en retire journellement du bois de chêne noir comme du jayet. Nous en avons transmis des exemplaires au Muséum d’Histoire Naturelle à Paris.
Nous ne mettons pas ici au rang des tremblements de terre constatés, celui dont bien antérieurement la tradition nous a conservé le souvenir; ce fut celui qui fit une île de la montagne des Druidesses dédiée à Belenus , et que la religion chrétienne, se faisant jour dans ces , régions, dédia à Saint-Michel. Le nom dç tun-belène ( mot celtique qui veut dire montagne de Belenus ) est resté à un rocher voisin, que par corruption on nomme Tombelène ou Tombelaine. Cette montagne s’élevait au milieu d’une forêt qu’on nommait Chisey ; elle s’étendait jusqu’à la mer, où son nom subsiste encore aux îles qui formaient alors sa frontière et qu’on nomme Chosey: la mer se précipita sur le lieu où la forêt fut enfouie ; elle le couvrit de ses sables, et forma ce qu’on nomme aujourd’hui la baie de Cancale.
Un phénomène semblable se reproduisit en 860: un tremblement de terre engloutit la plaine où se trouve aujourd’hui le Zuyderzée, et ferma une des bouches du Rhin ; la direction de ce tremblement traversant l’Europe, alla se faire sentir en Asie. Voilà nos galeries de communication.
l66 GÉOGRAPHIE PHYSIQUE.
En il 46, 1426 et iSoq, les tremblements furent presque universels en Europe.
En 1626, le 3o juillet à midi, Smyrne en Natolie, Raguse en Dalmatie , et plus de soixante lieues de pays en Italie furent désolés par un tremblement de terre, dans lequel on vit disparaître des lacs, et des rochers se fendre.
En 1627, Manille, dans Pile de Luçon aux Philippines, éprouva un tremblement qui aplanit entièrement les deux monts Carvallos.
En 1667, le port Royal à la Jamaïque fut culbuté par un tremblement de terre.
En 1675, Mindoro aux Moluques éprouva un tremblement de terre si -violent, qu’une montagne de la côte se divisa, la mer se précipita par cette ouverture et envahit une plaine considérable qu’elle couvre encore aujourd’hui. Voilà en petit la rupture deGibraltar.
L’année 1 680 , si fameuse dans l’histoire du volcanisme par le tremblement de Malaga, vit se reproduire les violents symptômes qui accompagnent ces catastrophes; des montagnes s’écroulèrent dans le voisinage de Malaga. Le foyer de cette commotion était sous l’Espagne; mais les communications souterraines la firent sentir en Suisse, en Italie, en Pologne j et jusque dans l’Iceland.
En 1690, les galeries de communication se manifestèrent par des tremblements qui agitèrent ensemble l’Amérique et l’Europe. Au Pérou , Lima éprouva trois violentes secousses ; une partie de l’Europe ressentit la même commotion. En Angleterre, Bedfort; en Carniole, Laubac, furent ébranlés. Toute l’Allemagne fut
agitée, et parmi les particularités qui accompagnèrent cet évènement, on remarqua que deux veines volcaniques se trouvaient placées très-voisines l’une de l’autre ; car deux maisons dans la même rue ressentaient des commotions à des moments différents, c’est-à-dire que l’une tremblait quand l’autre était immobile, et vice versa.
En 169a , l’Europe etl’Amériquedonnèrent une nouvelle preuve de leur communication sous-marine ; car tandis qu’un tremblement de terre abîmait des villes au Pérou, renversait les édifices de Kingston à la Jamaïque et se faisait sentir aux Antilles; la même secousse se prolongeant en Europe, séparait deux montagnes en Angleterre près de Clarendon. Les vapeurs que la terre exhala par les crevasses que forma le tremblement à Kingston , tuèrent des milliers de personnes. Cet effet a lieu souvent dans les mines, sous les fortifications : par la déflagration du salpêtre , lorsqu’on n’y fait pas circuler l’air, il y reste méphitique et tue instantanément ceux qui s’y exposent.
En 1703 , Jedo , capitale du Japon, ressentit les secousses qui culbutaient quatre-vingt-dix villages, bourgs et villes en Italie. Ce fait est un des plus frappants.
En 1730, Saint-Yago au Chili se bouleversait, tandis que Méaco au Japon éprouvait le même sort. Ces deux derniers faits prouvent évidemment nos galeries.
L’année 1755 fut et sera sans doute long-temps fameuse par le désastre de Lisbonne; toute l’Europe s’ébranla à la fois, et l’on put croire qu’on allait voir renouveler une de ces effroyables catastrophes qui ont changé entièrement la surface du globe.
l68 » GBOGBA.PH1K PHYSIQUE.
Cette épouvantable commotion avait été annoncée par l’Etna et le Vésuve, qui l’un et l’autre avaient semblé vouloir diminuer la violence du tremblement , en exhalant une partie de l’effort de l’incendie. I/Asie avait donné des signes d’un travail souterrain. A Cachan (dans l’irac, 11 lieues nord d’ispahanj , il s’ouvrit un gouffre qui engloutit plusieurs centaines d’édifices; et l’Amérique enfin, manifestant son union avec l’Ancien- Monde, vit renverser de fond en comble la ville de Quito au pied du Pichinca.
Après tous ces préludes, le 1er novembre, l’explosion se fit sous l’Europe avec un fracas épouvantable. Lisbonne, principal théâtre de cette scène d’horreur , vit croula: douze mille édifices dans une secousse. La terre s’entrouvrit dans le lit même du Tage, qui dût peut-être cette préférence à ses filtrations; lo fleuve s’engloutit, et la même secousse refermant l’abîme, lança les eaux du fleuve à une hauteur prodigieuse. La mer se gonfla et atteignit un niveau de neuf pieds au-dessus des plus hautes marées : ce phénomène est<, selon nous, un des moindres , et dans notre opinion elle eût dû s’élever bien davantage. Pendant ce même moment, un gouffre s’ouvrant inopinément sous le sol de Sétuval , dévora cette ville, et dans un rayon de vingt lieues tout fut renversé. L’Espagne limitrophe partagea ces désastres ; les pays deNiébla et de Haelva en Andalousie, se couvrirent de ruines. Guebijar se précipita dans un- gouffre. Grenade, Cordoue, Malaga, Madrid, éprouvèrent de violentes secousses. •
La France n’éprouva point de désastres; mais Bordeaux et Angoulême furent ébranlés. La veine volca»
TREMBLEMENTS DE TERRE.» l6f)
nique s’avançant dans le continent, fit sentir ses commotions à Lyon, entra en Suisse, fit gonfler tous les lacs ; le Rhône bouillonna , Bâle dut craindre de s’écrouler; la chaîne de Lauterbroun s’agita au point de faire déserter les oiseaux de proie. Le filon volcanique, se prolongeant en Italie, fit éprouver au lac Majeur une oscillation qui ressemblait au flux et reflux. Le canal de Milan au Tessin remonta vers sa source. La traînée se divisant à la chaîne de Lauterbroun, entra en Allemagne , secoua la Franconie et la Bavière : Donawert fut ébranlé sur le Danube. Les galeries de communication transmirent l’ébranlement en Hollande, en Angleterre, en Suède, en Norvège; l’iceland fut en convulsion et ne dut peut-être sou salut qu’à ses volcans. Le Groenland lui-même ne put trouver sous les glaces du Nord un asile contre le feu; il partagea l’ébranlement général. Il a peut-être tenu à bien peu de chose que l’Europe ne disparut et n’occasionnât un nouvel abaissement dans le niveau de l’Océan.
Pendant que l’incendie propageant ses symptômes vers le nord, agitait tout le continent et les îles de l’Europe, une branche se dirigeait vers le sud, traversait le détroit de Gibraltar, jetait bas une partie de Maroc et détruisait toute la ville de Méquinez. Sa fureur ne s’amortit qu’en faisant ouverture à deux montagnes qui, parmi des flammes, vomirent des torrents de fange. L’Océan partagea la commotion de tout ce parage; il porta ses oscillations vers Madère, menaça successivement de submerger Funchal et de l’abandonner.
Cette esquisse très-sommaire fait voir que nous n’a-
Dk
vons pas entendu faire l’histoire de tous les tremblements connus, ni celle des particularités remarquables qui les ont accompagnés. Nous n’avons cité que ce qui intéresse la théorie que nous avons annoncée: c’est l’existence des cavernes de communication volcanique tout autour de la terre, c’est-à-dire des galeries enflammées qui propagent l’incendie général sous l’enveloppe que nous habitons, et sur laquelle nous sommes dans la situation d’un soldat marchant sur un glacis contreminé. ,
Nous allons achever la liste succincte des principaux tremblements jusqu’en i8a:fc
En 1769, un tremblement de terre culbuta Bagdad.
En 1770, le Port-au-Prince, à Saint-Domingue, éprouva un fort tremblement; il y est habitué, et les maisons sont construites en conséquence.
En 1773, Guatimala au Mexique fut ravagé.
En 1778, Smyrne vit renverser un grand nombre de ses édifices par un très - violent tremblement de terre.
En 1782, l’île Formose fut ravagée; il en coula la vie à un million d’hommes. L’île fut sur le point de disparaître pour toujours , elle fut presque toute entière sous l’eau. Les phénomènes qui accompagnèrent ce désastre furent comme partout, et, de plus, le tremblement fut escorté d’un affreux ouragan qui dura douze heures ; le vent partit avec fureur des quatre points principaux de l’horizon à la fois. Cette effroyable confusion dans l’atmosphère était l’image dn chaos où l’île paraissait prête à rentrer; quatre-vingts vaisseaux furent engloutis dans le port même.
Il y avait long - temps que ce parage était dévoué aux flammes et que son intérieur subissait son sort; car depuis l’arrivée des premiers Européens dans les mers de Chine , ils étaient soumis à la violence du typhon, sorte d’ouragan de mer souvent sans vent, et dont les vagues faisaient tous les frais. Le ressort qui les soulevait partait apparemment du fond des abîmes incendiés; car depuis la catastrophe deFormose, l’effort de l’embrasement se trouve tellement affaibli, que le typhon ne reparaît plus. Peut-être n’est-ce pas sans retour, lorsque le^feu aura eu le temps de préparer de nouvelles destructions.
En 1783, toute la Calabre s’agita violemment.
En 1797, Quito au Pérou fut presque détruit par un tremblement de terre, qui bouleversa quarante lieues de pays dans le sens des méridiens.
En 1801 , Édimbourg, Glascow, Perth en Écosse, ont vu renverser quantité de leurs édifices par les commotions volcaniques ; et cette même année, la France, l’Italie et la Hongrie éprouvèrent des agitations. *■
En 1802, 'Constantinople a été si violemment secouée, qu’on craignit sa destruction complète.
En 1822, i3 août,AIep et Antioche devinrent, dans un tremblement de terre, un monceau de décombres.
Voilà en abrégé le tableau du feu comprimé; nous allons le voir s’élancer par les cratères qu’il s’est ouverts au travers de la voûte dont nous habitons la superficie.