LUNE
Nons avons vu que la lune gravite vers la terre, dont elle est le satellite; mais nous avons dit aussi que la gravité suivait le rapport direct des masses et le rapport inverse du carré des distances. Or la distance de la lune à la terre variant sans cesse , le mouvement de la lune est soumis à des inégalités d’autant plus variables que les deux astres n’étant pas fort éloignés, gravitent avec plus de force. On a long-temps cru impossible de les assujettir au -palcul , c’est-à-dire à une loi constante; mais depuis la démonstration de la gravitation par Newton, on sait que la vraie théorie des satellites dépend de la combinaison de la pesanteur réciproque du soleil , de la planète et de son satellite.
La lune a moins de densité que la terre : les derniers calculs de Lalande la fixent dans le rapport de
7 à 10; Newton l’avait fixée :: 9 * 5
La grosseur de la lune est à celle de la terre :: t : 49 La masse de la lune est à celle de la terre :: i : no Newton l’avait supposée :: i : 26.
Les observations de la parallaxe de la lune ont fait estimer sa plus petite distance à la terre, égale à 55 Li rayons de l’équateur terrestre. Sa plus grande 64 — id. Par conséquent, distance moyenne 60— jj.
ASTRONOMIE
Et suivant les dernières observations de la parallaxe du soleil, cette distance moyenne 60 — rayons d’équateur terrestre est la Sgo™6 partie de la distance du soleil à la terre. Le rayon de la terre est =3, 281,01 3 toises. Ce rayon est celui de l’équateur [V oyez £ article Terre).
Le mouvement de la lune n’est point uniforme, et de ces différences de vitesse on a conclu que la terre 11’est pas au centre de l’orbite que décrit la lune, mais à quelque distance du centre dans la ligne des absides : c’est ce qu’on nomme excentricité.
Le plan de l’orbite de la lune coupe le plan de l’écliptique, sur lequel il est incliné, d’environ 5 degrés.. Cette inclinaison varie : elle est au maximum dans les quadratures, et au minimum dans les syzygies. Leur, intersection se nomme ligne des nœuds.
La lune gravite vers la terre et l’accompagne constamment. Elle tourne autour de notre globe tandis que celui-ci tourne autour, du soleil. 11 s’ensuit que tantôt, elle est entre le soleil et la terre , et tantôt la terre est entre la lune et le soleil. Or la lune est un corps qui 11’est ni lumineux ni diaphane; la lumière que nous lui voyons, est celle du soleil quelle nous réfléchit. D’où, nous pouvons conclure , d’après les règles de l’optique et la nature des corps sphériques, que, puisqu’on ne peut voir qu’environ la moitié de la surface d’un globe, le soleil n’éclaire sensiblement que la moitié de la surface de la lune; donc la lune a toujours un hémisphère éclairé et un hémisphère obscur; donc la surface delà lune est coupée par un grand cercle qui sépare les deux hémisphères. Le plan de ce cercle est perpendicu-
54 géographie: physique.
laire à une droite tirée du soleil à la lune, de centre
à centre. Ce cercle n’est pas toujours visible tout entier; on en voit plus ou moins, selon la position de la lune par rapport au soleil et à la terre. Ce sont ces différents aspects que l’on nomme phases ; on en compte huit, dont quatre principales et quatre secondaires.
Les quatre principales sont les deux syzygies et les deux quadratures.
Les quatre secondaires ou octants sont au milieu des intervalles qui séparent les- quatre phases principales.
Les syzygies sont :1a nouvelle lune, ou conjonction; et la pleine lune, ou opposition.
Les quadratures sont : le premier et le dernier quartier; donc les syzygies sont absides.
Les quadratures occupent le milieu entre les syzygies; les octahts sont au milieu des intervalles.
La nouvelle lune a lieu quand le soleil et la lune sont suivant une droite tirée du soleil à la terre. On nomme cette position conjonction. On ne la "voit pas alors, et on sent facilement pourquoi : l’hémisphère éclairé est tourné vers le soleil , et l’hémisphère obscur du côté de la terre. Dans cette conjonction , il y aura éclipse du soleil si la lune est dans l’écliptique, c’està-dire dans ses nœuds.
Le troisième jour après la phase de conjonction, on commence à voir une petite portion de l’hémisphère éclairé, sous la forme d’un croissant qui s’élargit à mesure que la lune s’éloigne du soleil; enfin quand elle en est à 45°, elle est dans son premier octant.
Elle est au quart de sa révolution au bout de sept
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jours, et on voit la moitié de son hémisphère éclairé. C’est la seconde phase, première quadrature, ou, en termes communs, premier quartier. La lune se lève à midi.
La lune, continuant son mouvement, arrive au second octant et montre les trois quarts de son disque.. ' Enfin à la moitié du temps d’une lunaison elle atteint la troisième phase principale , pleine lune ou opposition. La terre est entre elle et le soleil , et l’béfnisphère éclairé de la lune est tourné vers le soleil et vers la terre. Elle se lève au coucher du soleil. Dans cette phase, il y a éclipse de lune si elle est dans ses nœuds ou près de ses nœuds ; d’où l’on voit qu’il peut y avoir éclipse dans les syzygies, et que cela dépend de la latitude de la lune.
La lune continuant son cours, parcourt toutes ses phases et ses octants, comme nous venons de lui en voir parcourir la moitié. Elle décroît alors par les mêmes degrés par lesquels elle avait augmenté. Nous perdons de vue graduellement une portion de son hémisphère éclairé, et cette perte commence précisément par la partie que nous avions vue la première.
Dans le moment de sa conjonction , elle disparaît de nouveau : mais la terre lui réfléchit un peu de lumière qui nous rend sensible son hémisphère obscur; c’est ce qu’on nomme lumière cendrée.
Nous divisons donc les phases de la lune en 8, dont 4 principales et L\ octants : niais Hévéliüs , dans sa Sèlénogrüphie , les divise en 36 phases; il à vu là lune 4o heures après la conjonction, et 27 heures auparavant. •
Telle est la marche de ce satellite dans le cours d’une lunaison.
■ ' 1 Lunaison.
Une lunaison est une révolution svnodique de la lune ; c’est l’intervalle de temps que la lune emploie entre chaque retour au soleil. Un dit synodique, pour la distinguer des autres révolutions: elle en a 4-
1. La première est périodique; c’est un intervalle de 27 jours 7 heures 43' 5", pendant lequel elle fait une révolution entière par rapport à un point de l’écliptique. Dans cette révolution, son progrès diurne est de 1 3° 1 o' 35” vers l’orient.
2. Par rapport aux étoiles, sa révolution, qu’on nomme sidérale, est plus longue de quelques secondes, à cause de la précession des équinoxes. La lune rencontre une étoile plus tard que le dernier point équinoxial qu’elle aurait quitté en même temps. Cette révolution se fait en 27 jours 7 heures 43' 12".
3. La troisième révolution se nomme anomalistique; c’est son retour à son apogée. Elle est de 27 jours 1 3 heures 1 8' 34”.
U y a une seconde révolution anomalistique ; c’est son retour à un de ses nœuds; elle est de 27 jours 5 heures 5' 35”.
4- Enfin la quatrième révolution se nomme synodique ou lunaison; c’est le retour de la lune au soleil. Le soleil se meut dans le même sens que la lune. Or, quand cette dernière a achevé sa révolution périodique d’occident en orient, elle ne retrouve plus le soleil à la même place, puisque lui-même a marché vers l’orient
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de 09’ 8" — par jour: il lui faut environ deux jours de plus pour l’atteindre ; c’est ce qui complète la lunaison, pendant laquelle les progrès diurnes que nous venons de voir dans sa révolution périodique, égaux à 1 3° .1 o' 35", sont, par rapport au soleil, moindres de la quantité du mouvement diurne du soleil dans l’écliptique, mouvement que l’on compte en ascension droite, c’està-dire 5g' 8” — . Les progrès diurnes de la lune dans sa révolution synodique sont donc réduits à 12° 11' 27".
Pour trouver la durée d’une lunaison, on pose la proposition suivante :
Le mouvement diurne de la lunaison est au mouvement diurne périodique comme la révolution périodique est à la révolution synodique ou lunaison.
Opérant sur les nombres, - 1
Par une correspondance assez singulière, la lune fait son mouvement de rotation sur son axe, en 27 j. 7 h 43' 5", valeur d’une révolution périodique. Ainsi,
un de ses mouvements la tourne vers la terre à mesure
que l’autre la détourne; et l’on conclut que ce mouvement de rotation a lieu, parce qu’on voit toujours sa même face: car on conçoit facilement qu’un objet qui tourne autour d’un autre, en le regardant toujours, fait une révolution sur son axe à mesure qu’il en fait une autour de cet objet.