FLEUVES ET FONTAINES
petites flaques d’eau fangeuse. Ce phénomène a élé ob- , serve en Afrique. Le voyageur expérimenté se soustrait aux tourments de la soif en creusant dans le lit desséché de la rivière; il ne tarde pas à retrouver l’eau qui continue son cours à l’abri d’un soleil dévorant, à 5 pieds de profondeur ou à peu près, sous le sable et les cailloux l.
Les fontaines offrent plusieurs phénomènes dignes de remarque. Il y en a d’intermittentes, et elles ont été connues dans l’antiquité * ; leur cours se Suspend à diverses reprises et pour des temps divers: d’autres disparaissent et reparaissent. On a imaginé de les expliquer par les siphons.
D’autres bouillonnent sans chaleur, soit continuellement ou par intermittence : on les a expliquées par le voisinage du feu volcanique à grande distance. L’air raréfié se fait jour au travers de l’eau sans l'échauffer.
( Voyez Volcan de boue.)
Il y a d’autres fontaines qui sont salées, et dont on extrait du sel. Cette particularité s’explique par le contact d’une mine de sel.
Enfin on trouve des fontaines sur des îles très -petites : il y en a plusieurs sur la petite île Roben , île d’à peu près deux lieues de tour, située à l’entrée de la baie du cap de Bonne-Espérance. Ces sources sont au niveau de la mer, très-peu éloignées du rivage ; leur profondeur est considérable , et l’île est très-basse et plate.
Il y a une fontaine à l’ile Sainte-Hélène, assez abondante pour former un petit ruisseau, qui fournit aux
1 Barrow, I. I, p. 264.
* Pline, lib. 2.
l3a GÉOGRAPHIE PHYSIQUE.
besoins de la colonie et de la marine. Sainte-Hélène a tout au plus quatre lieues de tour, et la source est sur une montagne. Mais comment expliquer l’absence de toute eau dans certaines îles? 11 n’y en a point à l’Ascension, petite île de 7 à 8 lieues de tour dans l’Atlantique du sud, par 8 degrés de latitude méridionale, et qui n’est qu’un composé de cendres et de laves, de pierres ponces disposées en collines , en montagnes dont quelques-unes ont une très-grande hauteur. Si les évaporations étaient toujours restituées aux terres dans la proportion que nous avons vue au commencement de cet article, l’île de l’Ascension recevrait par an 21 pouces d’eau sur toute sa surface, et depuis le temps que ce tribut lui serait payé, il s’y serait formé des dépôts, ses cendres se seraient imbibées, le terrain aurait changé dte nature. Comment se fait-il que cette île soit aride et sans eau , quand à huit degrés de là, l’île Sainte-Hélène possède un ruisseau?
Enfin, pour achever le tableau des singularités qu’offrent les sources, il en est sur le rivage des mers et que le flux envahit; le reflux ne les a pas plus tôt quittées, quelles sont douces et potables.
EAU
Cet article ne sera traité ici que très-sommairement.
Nous avons vu , à l’article Fleuve , que nous devons l’eau à l'atmosphère , qui nous la verse de la seconde main. L’atmosphère l’emprunte sans doute à la mer pour nous en faire présent, mais il s’en forme de nouvelle par la réunion de certains gaz qui s’élèvent de la terre.
EAU
L’eau est composée d’oxigène et d’hydrogène; ainsi, partout où U se trouvera en combinaison de l’air pur et du gaz hydrogène en dose convenable, il se formera de l’eau nouvelle qui viendra sur notre terre s’ajouter à celle que nous recevons des évaporations de la mer, et contribuer à ralentir la diminution du fluide, dont grande partie s’absorbe et tourne au profit du concret.
Lavoisier fixe les proportions nécessaires pour former l’eau à 85 parties d’oxigène, et à i5 parties d’hydrogène; et M. Thénard, à 88-90 d’oxigène, et 1 1-10 d’hydrogène. On recompose l’eau en brûlant l’hydrogène:
L’eau est fluide par la présence du calorique qui se combine avec elle, sans cependant altérer sa température. Si ce calorique est augmenté d’un quart, l’eau 1 entre en ébullition ; c’est-à-dire que la quantité de calorique nécessaire pour tenir l’eau en état de fluidité \ est égale aux trois quarts de celle nécessaire pour la faire bouillir. /Si le calorique se dégage , l’eau devient glace, neige ou grêle ( Voyez ces mots.)
L’eau éteint le feu quand elle est en assez grande quantité pour l’envelopper et le priver d’air avant d’être brûlée; car dans ce cas elle s’évapore, et ses parties retournent dans l’atmosphère, susceptibles d’une nouvelle combinaison. ( Voyez Thermomètre, Atmosphère. )
L’eau, considérée chimiquement, est un protoxide d’hydrogène; il tient, dans la Chimie de M. Thénard, la première place parmi les corps brûlés binaires.
Les propriétés physÿjues de l’eau sont d’être transparente, sans couleur, sans odeur, sans saveur, com-
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pressible, élastique, véhicule du son, et de mouiller
la plupart des corps.
M. Dessaignes en a fait jaillir tout-à-coup une vive lumière, en la soumettant à un choc suhit et fort.
L’eau a la propriété de cristalliser. [Voyez le tableau des neiges du pôle. )
L’eau pure est un mauvais conducteur électrique; mais, à l’aide d’un peu de sel ou d’acide, elle devient bon conducteur. |
L’eau est plus réfringente que l’air, d’environ sept dixièmes.
Sçus la pression de o mètre 76 centimètres, elle entre en ébullition à ioo° (centigrade), et elle augmente jusqu’à 1700 fois son volume : elle forme alors un gaz , transparent et invisible, mis avec succès en usage dans les machines à vapeur. Mais cette tension ou pression de la vapeur dépend de la température. Sous une pression moindre, l’eau bouillirait au-dessous de ioo°, et sous une pression plus forte elle bouillirait au-dessus de ioo°. L’eau de mer demande une température de 107° pour bouillir.
M. Dalton a fait des expériences dont le tableau est publié dans l’ouvrage de M. Biot. Les degrés sont ceux du thermomètre centigrade, et la force élastique de la vapeur d’eau évaluée en millimètres est exprimée par la tension. Nous en citerons ici quelques articles :
Degrés, tension.
Degrés. tension.
Degrés.
tension.
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EAU
Dans divers pays., les eaux potables influent sur l’économie animale , et portent le germe de plusieurs maladies; on leur tittribue les goitres, le mal de Cochin, etc. Elles contiennent souvent des sels calcaires ou ferrugineux, du sulfate de magnésie, de l’acide carbonique , de l’hydrogène sulfuré. On les essaie en leur faisant dissoudre le savon : mais le meilleur moyen est de les faire évaporer jusqu’à siccité; alors, si elles sont potables sans inconvénient , elles ne laissent qu’un faible résidu.
M. Thénard donne un tableau de l’analyse des eaux de Paris, faite par une commission dont il était membre : nous n’en offrons que deux articles à nos lecteurs* pour montrer comment les eaux changent en raison des pays quelles arrosent. Quinze litres d’eau de la Seine, pris au-dessus de la rivière de Bièvre , et quinze autres, pris au-dessous de Paris, ont donné les résultats suivants : , ,
Att.
Au-dessus de la Bièv