FLEUVES ET FONTAINES. I
celles que leur envoie le pays adjacent dont elles reçoivent les égouts. Bientôt le cours d’eau acquiert de la force, et par la nature des fluides il se porte vers les lieux les plus bas. Le fleuve coule dans la vallée, et la direction des montagnes détermine celle de ses eaux. Si ces montagnes sont de petites ramifications, elles conduisent le jeune fleuve à un plus grand bassin , où il trouve un autre cours plus considérable qui le reçoit; si au contraire ces montagnes forment une chaîne principale, le fleuve reste en possession du fond de la vallée dans laquelle il continue son cours jusqu’à la mer, entraînant avec lui toutes les eaux qui lui sont apportées par les vallées voisines.
Les eaux ne restent pas toujours à la surface de la terre, surtout lorsque le sol où elles s’amassent est léger ou sablonneux, elles le traversent et vont se reposer sur des substances plus solides, telles que les glaises, les tufs, etc. C’est de là qu’elles partent pour former les fleuves, les rivières, les ruisseaux; ou bien si elles sont trop peu considérables, elles restent là sous le nom de fontaine ou de source. Quelquefois aussi elles ont un cours souterrain pour se rendre aux réservoirs que la terre leur accorde dans son sein; hospitalité bien récompensée par la fertilité quelles répandent ensuite à sa surface quand elles sortent de leur retraite.
Dès que les eaux ont pris un cours vers la mer, leur source serait bientôt tarie si elle n’était sans cesse alimentée par le ciel, qui leur envoie des pluies, des vapeurs, qu’il emprunte à la mer, des neiges qui se déposent sur les montagnes, où la fonte au retour du
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printemps leur fournit un accroissement subit. (Voyez clans les Transactions philosophiques , n° 192, l’opinion de Halley.) Suivant lui , '1er terres reçoivent du ciel la restitution des larcins qu’il a faits à la mar, en quantité suffisante pour fournir à la dépense de tous les. fleuves. '
Bufïon (t. I, P 356, Hist. Nat.') a calculé que les rivières portent à la mer, en fi 1 a ans, une quantité d’eau égale à l’Océan, ce qui suppose que, si les évaporations étaient perdues, l’Océan serait à sec dans 81a ans. Le même auteur estime que ces évaporations vont par jour à deux tiers d’une ligne, c’est-à-dire 8 points, ce. qui fait 21 pouces par an, ou i4at pieds dans les 8raans. D’après ce calcul, l’Océan n’aurait qu’une profondeur moyenne de i‘ir] toises, ou 284 brasses : il est vrai que c’est à partir des rivages où la profondeur est zéro dans beaucoup d’endroits; et si l’on objecte que la pluie est douce, que les fontaiues, les fleuves, sont d’eau douce, tandis que leurs eaux étaient salées à la mer, on répondra que le sel de la mer ne s’élève pas plus de la mer, dans l’évaporation que lui fait subir le ciel, que dans celle de l’alambic.
Nous craignons que l’estimation de ces évaporations ne soit une hypothèse, quoiqu’elle cadre assez bien avec les observations sur la pluie. ( Voyez Pluie. )
Il est sur les rivières une particularité bien extraordinaire, c’est qu’il en est qui s’enfouissent. Leur lit reste à sec : il se remplit dans la saison des pluies; mais dès que cette abondance passagère est épuisée, le lit n’offre plus que du sable, des cailloux, des pierres roulées, etc., et çà et là de rares et très-