‹ Abrege elementaire de geographie physiqueChapitre 5 sur 123 · ZODIAQUE · texte numérisé non relu

ZODIAQUE

Lé zodiaque est une bande, une ceinture au milieu de laquelle se trouve l’écliptique dont nous allons parler tout-à-l’heure. Le zodiaque est le terme de la plus grande latitude des astres, qui dans leur mouvement particulier s’écartent tantôt d’un côté, tantôt de l’autre côté de l’écliptique. Vénus, qui atteint la plus grande latitude, s’éloigne, dans une ligne perpendiculaire à l’écliptique, jusqu’à 90: d’où il suit que le zodiaque a 1 8° de largeur; plusieurs traités de géographie, se copiant les uns les autres, lui en donnent moins.

Le zodiaque est divisé en douze constellations qu’on nomme signes. Chaque signe vaut 3o°, et les douze valent ensemble 36o°, valeur du cercle. Trois de ces signes appartiennent à chaque saison. Par conséquent il y a trois signes ou 90° dans le quart de cercle compris entre l’équinoxe et le solstice , et réciproquement. Les signes commencent à se compter depuis l’équinoxe du printemps. Voici leurs noms, leur ordre et leur figure dans les calculs et les calendriers.

A STHOÎTOMIF.

Depuis l'équinoxe du printemps au solstice d'été. .

'Y' A ries. Le Bélier.

\eJ Taurus. Le Taureau.

R Geiniai. Les Gémeaux.

Depuis le solstice d’été à l'équinoxe tT automne.

£9 Cancer. Le Cancer.

$î Lco. Le Lion.

Virgo. La Vierge.

Depuis l’équinoxe d’automne au solstice d’hiver.

-A- Libra. La Balance,

rq Scorpio. Le Scorpion.

Sagûtarius. Le Sagittaire.

Depuis le solstice d’hiver à t équinoxe du printemps.

>-?Cnpricormis. I. «Capricorne .

Aqijarius. Le Verseau.

X Pisces. . Les Poissons.

ECLIPTIQUE. !

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; L’écliptique est un grand cercle de la splière, il se

trouve au milieu de b largeur du zodiaque. C’est dans l’écliptique que se fait le mouvement annuel de la terre-, son mouvement diurne se fait dans l’équateur. Dans, le bagage ordinaire, on: dit : c’est dans l’écliptique que se lait le mouvement annuel du soleil;, mais, de quelque façon qu’on s’explique, cela ne change rien à la théorie, de ce mouvement. Parlons le langage ordinaire.

Jour astronomique. * !

Un jour astronomique est l’intervalle de temps qui s’écoule entre l’instant auquel le soleil est dans le méridien et l’instant où il y revient. Mais pendant qu’il fait cette révolution1 diurne, d’orient en occident, il est emporté sur l’écliptique d’occident en orient par son mouvement annuel; c’est ainsi que tous les jours, tfai-

ÛO GÉOGRAPHIE PHYSIQUE,

sant des progrès vers l’orient , il parcourt tout l’écliptique dans un an.

La quantité de ce progrès diurne varie chaque jour : ce progrès est plus lent quand le soleil est plus éloigné de la terre; il est plus rapide quand le soleil est plüs près de la terre; mais comme cette irrégularité serait quelquefois gênante dans le calcul, et comme dans l’usage habituel la division du temps en parties égales est plus commode, on a pris un terme moyen. C’est le quotient du cercle divisé par la durée de l’année tropicale, c’est-à-dire que 36o degrés, valeur du cercle, divisés par 365 jours, 5 heures 48' 45", durée de cette année, donnent pour quotient 59' 8" — . Maintenant, si on réfléchit aux deux mouvements du soleil, on concevra que, lorsque la terre a fait une révolution sur son axe, le méridien qui était sous le soleil la veille, n’y est- pas encore arrivé ce jour- là, parce que le soleil a fait un mouvement à l’est. Il faut que la terre fasse encore un mouvement de plus vers l’est pour replacer le même méridien sous le soleil. Cependant ce méridien répondait la veille à un point quelconque de l’équateur; et pour que ce méridien fasse un mouvement de plus vers l’est pour rattraper le soleil, il lui faut parcourir un arc de l’équateur, c’est cet arc qui est égal à 5g' 8" —, terme moyen.

Mouvement en ascension droite moyenne.

Le jour astronomique est donc mesuré par les 36o° de l’équateur, plus un arc de l’équateur égal à 59' 8" — . On nomme ce mouvement , mouvement en ascension droite moyenne; et le mouvement sur l’écliptique se nomme mouvement en longitude moyenne, parce

ASTRONOMIE

ai

qu’on est convenu de nommer ascension droite du soleil , sa distance mesurée sur l’équateur depuis le pre-r mier point de l’équinoxe du printemps , et de nommer longitude du soleil , sa distance mesurée sur l’écliptique depuis le même point de l’équinoxe du printemps.

L’écliptique coupe l’équateur dans les deux points équinoxiaux. Nous verrons plus bas ce que c’est. Cet écliptique est lui-mèine coupé en quatre parties égales par deux méridiens qu’on nomme colures, dont un passe aux points équinoxiaux et l’autre aux solsticiaux : ce sont ces quatre points qui déterminent les saisons , nous l’avons dit à l’article zodiaque. Cet écliptique est incliné sur l’équateur. Les plans de ces deux cercles se coupent obliquement. L’angle aigu compris entre ces deux cercles se nomme l’angle de l’obliquité de l’écliptique, il est essentiel à connaître.

Obliquité de l'écliptique.

Supposons AB l’équateur (fig. i ), ED l’écliptique, FG l’axe, HE le tropique. Le point C sera l’équinoxe, et le point E sera le solstice. Le cercle AFBG représente un méridien, ou, si l’on veut, deux méridiens. Or, si le soleil est en E, l’arc EC étant de 90°, le soleil aura go° de longitude: ce sera le moment du solstice. Mais l’arc CB de l’équateur est aussi de 90° : donc le soleil a go° d’ascension droite. L^rc du méridien BE, que l’on nomme arc de la déclinaison, mesure l’angle C de l’obliquité de l’écliptique; cet arc BE est de 23° 28' 3o", suivant les observations de 1781. Nous verrons bientôt comment cela se détermine par l’observation. y oy. Tropique.

Mais cette obliquité n’est pas constante, die va' eu diminuant, et l’on peut évaluer cette diminution à 45v par siècle. D’où l’on peut conclure que, si elle était uniforme et sans interruption, il faudrait 187,755 ans pouf que le tropique fût dans l’équateur, c’est-à-dire pour que l’obliquité fût réduite à zéro.

Indépendamment delà diminution d’obliquité, l’é-r cliptique éprouve encore une autre variation alternative : c’est que, dans environ 19 ans, le plan de l’équateur s’écarte de celui de l’écliptique de 9” pendant la première moitié de ces 19 années, et il s’en rapproche d’antant pendant l’autre moitié de ces 19 années; effet d’un balancement perpétuel de notre globe. C’est un troisième mouvement , et nousen verrons encore d’autres.

Il se présente maintenant une difficulté dont la solution exige uneattention réfléchie de la part des étudiants* Nous avons dit que, pour la commodité de l’usage civil, on avait divisé le mouvement du soleil en parties égales, et que le terme moyen de ce mouvement est de 36o° 59' 8" ~ par jour; c’est-à-dire que son progrès moyen en ascension droite est de 5 9' 8" — . Cela est fort bien pour l’usage civil , parce qu’à la fin de l’année toutes les erreurs se sont alternativement compensées ; mais en astronomie il faut des résultats exacts, et il y a ici deux remarques à faire.

t° Le mouvement de la terré* dans son orbite n’est point uniforme, parce que, cette orbite étant une ellipse dont le soleil occupe un des foyers, la planète est tantôt plus- près , tantôt plus loin du soleil; et ! nous avons vu que, la gravitation entre les sphères étant eu raison inverse du carré de leurs distances, là terre

ASTRONOMIE

doit accélérer son mouvement quand dans son ellipse elle est plus près du soleil, et le ralentir quand elle en est plus éloignée. Le soleil décrit donc par son mouvement diurne des arcs inégaux dans l’écliptique; par conséquent les arcs de l’équateur qui leur répondent, sont inégaux entre eux ; donc le mouvement diurne en ascension droite est vraiment inégal.

a° L’écliptique coupe l’équateur obliquement, et c’est une vérité de démonstration bien palpable en trigonométrie, que, quand bien même les progrès du soleil sur l’écliptique seraient égaux et uniformes, les arcs qui leur répondraient sur l’équateur seraient inégaux. Il y a donc à considérer un progrès réel et un progrès moyen, c’est-à-dire un jour {astronomique vrai et un jour astronomique moyen. La somme des progrès moyens donne le temps moyen. La somme des progrès vrais donne le temps vrai.

Il ne faut pas confondre le temps vrai et le progrès vrai du soleil sur l’écliptique.

Temps vrai.

Le temps vrai exprime le vrai lieu du soleil, c’està-dire son progrès réel depuis un point donné.

Le progrès vrai diurne est l’intervalle entre deux passages réels au méridien.

Temps moyen.

Le temps moyen exprime le lieu où se trouverait le soleil, si, depuis un point donné, il avait eu, tous les jours, des mouvements égaux et uniformes.

Le progrès moyen diurne en ascension- droite est constamment de 59' 8" — La différence du temps

u/| GÉOGRAPHIE PHYSIQUE.

vrai uu temps moyen se nomme équation du temps.

Or, le mouvement vrai variant tous les jours, comme uous venons de le voir, il doit arriver que tantôt il est d’accord avec le mouvement moyen qui est constant, et que tantôt il en diffère plus ou moins ; et en effet, le temps vrai est égal au temps moyen , les a3 décembre, i4 avril, i5 juin et 3o août, parce qu’alors l’ascension droite vraie est égale à l’ascension droite moyenne. Observez que je ne dis pas le mouvement diurne vrai ; je dis le temps vrai : car le mouvement diurne vrai, ces jours-là, est bien différent du mouvement diurne moyen.

Le temps vrai diffère le plus du temps moyen , lorsque l’ascension droite vraie du soleil diffère le plus de son ascension droite moyenne ; cela arrive les i o février, i5mai,a6 juillet, a novembre. Cependant,malgré cette différence dans ces quatre jours-là même, il y a égalité entre le mouvement diurne vrai et le mouvement moyen : car, ces jours-là, le jour vrai est égal au jour moyen, c’est-à-dire égal à 36o° 59' 8" s— d’équateur, et cela, parce que, la différence entre l’ascension droite vraie du soleil et son ascension droite moyenne 11e croissant plus et ne diminuant pas encore, le progrès diurne vrai est égal au moyen. Il faut conclure que le jour vrai ne s’accorde avec le jour moyen que quand le temps vrai diffère le plus du temps moyen.

Une bonne montre bien réglée, divisant le temps en parties égales, marque le temps moyen : par conséquent elle est d’accord avec le soleil les a 3 décembre, 1 4 avril, i5 juin et 3o août; tous les autres jours, elle doit avancer ou retarder plus ou moins, parce que le

ASTRONOMIE

méridien d’un lieu arrive toujours sous le soleil plus tôt ou plus tard que la veille, suivant que le mouvement diurne vrai en ascension droite gagne ou perd sur le mouvement moyen.

Pour connaître la valeur en temps, du temps moyen, il suffit d’observer que le mouvement diurnemoyen entre deux midi, est de 36o° 5g' 8" — d’équateur. Ce mouvement se fait en i[\ heures qui valent 864oo", lesquelles divisées par ces 36o° 5g' 8"—, donnent, pour chaque seconde de temps, un arc d’équateur égal à 1 5" a'" 28'"'; donc, pendant chaque seconde de temps qui s’écoule, il passe sous le méridien un arc d’équateur égal à i5" a'" a 8"".

Pour connaître le temps employé par la terre, pour faire un mouvement complet sur son axe, c’est-à-dire pour parcourir 36o° d’équateur, on fera la proportion inverse, en disant:

36o° 5g' 8" — : 24 heures : : 36o° : a3 heures 56' 4" temps moyen ; d’où nous concilierons que l’arc de l’équateur qui mesure le mouvement diurne 5g' 8''—, en espace, est égal en temps à 3' 56".

On trouvera le jour vrai, si on connaît le lieu de la terre dans son ellipse, c’est-à-dire son progrès diurne moyen. Par exemple, le soleil dans son apogée a un mouvement vrai diurne en ascension droite, égal à i° 2' 6": ainsi le jour vrai est alors de 36i° 2’ 6" ; poulie réduire en temps, on dira :

36o° 5g 8” 24 heures : : 36i° 2' 6" : 24ho’ x 1" 5o'"

de temps; ainsi ce jour-là le jour astronomique vrai est de 1 1" 5o"' plus long que le jour moyen.

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