‹ Abrege elementaire de geographie physiqueChapitre 4 sur 123 · DURÉE DE LA RÉVOLUTION DE CES MÊMES PLA- NÈTES AUTOUR DU SOLEIL · texte numérisé non relu

DURÉE DE LA RÉVOLUTION DE CES MÊMES PLA- NÈTES AUTOUR DU SOLEIL

Mercure.

Années.

Jours.

Heures.

Minutes.

Secondes -

Vénus.

La Terre.

Mars.

Jupiter.

Saturne.

HercheH.

ASTRONOMIE

Après les planètes viennent les fixes, ainsi 110mt mées, parce qu’elles ne font pas de révolution annuelle autour du soleil; leur immobilité sert de point de comparaison pour détfer#liner le mouvement des planètes. Ces étoiles fixes ont de très-petits mouvements apparents, mais très-petite : le plus Sensible est celui qui proviertt de la précession des équinoxes. Leur éloignement est presque infini, il excède 2800 milliards de nos lieues. Leur nombre est si considérable que M. Herschell en a distingué 44)0°o dans un espace de 8 degrés de long sur 3 de large. La plupart de ces étoiles ne sont pas visibles à la vue simple, on les nomme de septième et de huitième grandeur. Les plus brillantes, visibles à la vue simple, se nomment de première grandeur; celles qui le sont un peu moins, sont de la seconde grandeur; aihsi de suite. Mais au lieu de s’attacher à les nommer toutes. On les a divisées par cantons du’ ciel ou par groupes. Sur chacun de ces groupes on a dessiné une figure , et le groupe en a pris le nom; c’est ce qu'on nomme constellation. Les principales étoiles dé ces constellations ont ensuite un nom particulier. De ces constellations douze sont dans le zodiaque, ce sont les signes : Voyez l'article Zodiaque.

Àu nord du zodiaque on a d’abord marqué les constellations suivantes :

La grande Ourse; là petite Ourse ; le Dragon; Céphée; Cassiopée; Andromède; Persée; Pégase; le petit Cheval; leTriangle boréal; le Cocher; la Chevelure de Bérénice; le Bouvier; la Couronne boréale ; le Serpentaire; le Serpent; Hercule; l’Aigle; Antinous; la Flèche; la Lyre; le Cvgne; le Dauphin.

Au sud du zodiaque on compta

Orion; la Baleine; l’Éridan; le Lièvre; le grand Chien; le petit Chien; l’Hydre; la Coupe; le Corbeau; le Centaure; le Loup; l’Autel; 1$ poisson austral; le Navire Argo ; la Couronne australe; le Paon ; la Grue; le Toucan; le Phénix; la Dorade; le Poisson volant; l’Hydre mâle; le Caméléon; la Mouche; l’Oiseau de paradis; le Triangle austral ; l’Indien.

Et comme ces constellations laissaient du vide entre elles, on en a imaginé de nouvelles dans l’hémisphère austral. Ce sont les suivantes :

L’Atelier du sculpteur; l’Octant; la Fournaise; le grand Nuage; le petit Nuage; l’Horloge; la Raquette; la Montagne de la table; le Chevalet; la Colombe.

Enfin dans la distribution de ces constellations, plusieurs étoiles n’étaient pas comprises , on les avait nommées informes. On en a réuni plusieurs dont on a fait cinq constellations dans l’hémisphère boréal; ce sont: le Compas; l’Équerre; Ophiucus; le Microscope ; le Télescope. Et quatre dans l’hémisphère austral, savoir: la Poix nautique; la Machine pneumatique; la Croix du sud; la Robe Apodis. En tout soixante- ' neuf.

Au surplus, il n’est pas hors de propos d’avertir quç les figures qu’on a données à ces constellations sont de fantaisie; mais celles qui ont été nommées par les Anciens, ont pris leur origine dans les cérémonies religieuses des Éthiopiens, des Égyptiens et des Chaldéens, et aussi dans les diverses circonstances des saisons de ce temps; et suivant un savant, l’histoire mythologique n’est qu’une allégorie perpétuelle de ces constellations.

ASTRONOMIE

Enfin, il y a dans le ciel des lueurs irrégulières tju’on nomme nébuleuses : dans quelques-unes on distingue des étoiles ; mais nous croyons qu’il en existe même dans celles où l’on n’en distingue pas , et que ees lueurs ne sont qu’une lumière émanée d’une multitude d’étoiles réunies, mais si éloignées de nous qu’elles échappent à notre vue. Nous en disons autant de la Voie Lactée.

Pour nous abstenir de tout esprit de système, nous ne dirons pas que l’empire de notre soleil est borné par d’autres soleils , que les fixes sont des soleils , et que le soleil lui-même est une étoile fixe. Nous dirons seulement que des corps célestes* de notre système solaire , le soleil -est le principal. Il est au milieu de ce système , et presque immobile, car ses deux mouvements de rotation et de translation sont très-lents. Son mouvement de rotation est de a5 jours, i !\ heures, 8 minutes. Quant à son mouvement de translation , on sait qu’il existe, et qu’en ce moment, cet astre est emporté vers la constellation d’Hercule. Nous en reparlerons ciaprès. .

C’est vers le soleil que gravitent les planètes. Qu’cstce que graviter ? cette question est la plus profonde, la plus intéressante du Système du Monde. Voici les lois de la gravitation, découvertes par Newton.

i° Les forces qui retiennent les planètes dans leurs orbites, sont en raison inverse du carré de leur distance au soleil de centre à centre.

20 Une sphère attire comme si toute sa masse était réunie à son centre.

3° Si une sphère en attire une autre, la force avec

laquelle elle l’attire est en raison inverse du carré de leur distance de centre à centre, et en raison directe de leur ni^s^e- ,

pr, on est géqéralerpent d’accprd sqt y» point: c’est que tqut mouvement est de lui-même rectiligne , et que s’il a Jieii d?ns une ligne courbe , p’est qu'il y est forcé par pne cause quelconque.

Les corps célestes ont un mouvement , il n’est pas reptiligne; ils sont donc animés de dçuy forces : la première, rectiligne; la seconde, celle delà gravitation, qui change la ligne de leur jnouvement en une courte.

Ce sont deux forces qui agissent avec une ppissance égajc, Si elles se balancent , elles ne se détruisent pas réciproquement, elles agissent continuellement; et c’est cette action qui force le corps qui gravite à décrire autour de celui qui l’attire1 une orbite dans laquelle la force rectiligne lui imprime le mouvement, et celle de la gravitation le retient et l’empêche de s’écarter davantage. Ainsi l’a voulu l’Etre Suprême. L’agent dont • il s’est servi, pourrait bien être le feu. Le reste de ce miracle est resté caché dans le mystère de sa volonté.

L’orbite des planètes n’est pas un cercle, non plus que celle tpus Jes corps célestes ; c’est une ellipse qui change sans cpsse de forme, p^pce que tous ces corps ont une force de gravitation mutuelle; leur mouvement est par conséquent dérangé par l’action dps uns sur les autres. Ainsi l’axe de ces ellipses n’est point

1 J’emploierai souvent le mot attirer en parlant de gravitation , parce qu’il est commode de «'exprimer ainsi; mais pour cela jp n’entends pas décider la question de savoir 91 la gravitation est une attraction , une impulsion ou toute autre chose.

ASTRONOMIE

fixe, et leur place change à chaque instant. Cela produit un mouvement réel dans l’apogée , dans les aphélies,et dans les nœuds; mais ce mouvement est très-lent.

Soleil.

On aperçoit, à la surface du soleil, des tache? noires d’une forme irrégulière, dont le nombre, la position et la grandeur sont très-variables. Souvent elles sont nombreuses et fort étendues, quelquefois aussi Ip soleil a paru pur et sans taches pendant des années entières. Ces taches, on les voit se former et disparaître; tout cela indique à la surface de cette énorme njasse de feu, de vives effervescences dont les volcans ne sont qu’une faible image. Ces taches nous ont fait connaître le mouvement de rotation de l’astre. On dénjple dp? mouvements réguliers qui sont les mêmes que ceqx de? points correspondants à la surface du solcjl. On en a conclu que cet astre avait qn mouvement de rotation dans le sens de son mouvement apparent. Ce mouvement de rotation se fait sur un axe incliné de S9 20' sur l’axe de l’écliptique, et s'accomplit dans jours i^ heures 8 minutes.

Le soleil est dans un tel état de liquéfaction par son incandescence, que sa densité est à celle de la terre comme à 1000.

Le soleil a, comme tous les corps du système planétaire , un mouvement par lequel il sie transporte (lentement, à la vérité) dans l’espace. Déjà il paraît sensible malgré sa lenteur. Des remarques plus exactes, des instruments plus parfaits, nous ont donné sur l’antiquité une grande supériorité en astronomie. Il résulte,

l6 GÉOGRAPHIE PHYSIQUE,

des observations faites depuis un long espace de temps <jue ce mouvement est sensible ; il paraît dirigé vers la constellation d’Hercule. Il serait donc animé des forces de la gravitation dans une orbite immense, peutêtre incommensurable, dans laquelle il ferait sa révolution avec une lenteur presque infime. Il obéirait donc à un autre soleil dont l’empire nous est inconnu, puisque Herschell, qui n’est pas même à la frontière de notre système solaire, est cependant éloigné de'notre soleil de 663,3 1 5,4a 5 lieues, distance moyenne. Qu’estce donc que l’univers! Au surplus, cette opinion, que bien des savants regardent comme une hypothèse, ne me paraîtrait pas très-hasardée , car c’est un bon moyen d’expliquer la disparition des comètes qui auraient dû reparaître; il serait probable que passant dans la sphère d’activité d’un soleil, assez puissant pour exercer sur elles sa force d’attraction , il les aurait forcées de graviter autour de lui , en convertissant leur parabole en une ellipse régulière.

Rentrons dans la théorie. Le soleil décrit aussi une petite ellipse variable autour du centre de gravité de tout le système planétaire. Ce centre n’est point dans le centre de gravité du soleil, il s’en trouve éloigné d’à peu près un rayon solaire ; mais ce point varie en raison de la position respective des planètes, dont la gravité, influant sur le soleil, le dérangeant sans cesse, dérange par conséquent le centre de gravité de tout le système.

La terre gravite vers le soleil, entraînant avec elle la lune qui est son satellite. Toutes les planètes ne sont que les satellites du soleil, et gravitent toutes autour

ASTRONOMIK. I J

de lui, de même que les satellites de Jupiter gravitent autour de cette planète, et l’anneau de Saturne gravite vers Saturne. Les mots lune et satellite expriment , eu astronomie, la même chose. Or, puisque toutes les parties d’un corps ou d’un tout gravitent l’une vers l’autre, bien des gens regardent une lune ou un satellite comme un corps émané de son astre principal, autour duquel il gravite comme partie d’un tout. Nous ne croyons pas devoir développer ici les raisons sur lesquelles on appuie ce système. J’ai dit ailleurs que le soleil est immobile; en effet, plusieurs de ses mouvements apparents ne sont pas réels. Celui en vertu duquel il se lève, monte sur l’horizon jusqu’à midi , redescend ensuite et se couche, est nommé mouvement diurne: il paraît se faire d’orient en occident; mais cette apparence est occasionée par la rotation de la terre sur son axe;et comme cette rotation se fait d’occident en orient, il est clair que tout' ce qui environne notre globe doit avoir l’apparence d’un mouvement contraire, de la même manière qu’un homme placé dans un bateau, abandonné au cours d’une rivière, se paraît à lui-même immobile, et croit voir les rives remonter le fleuve.

Le soleil paraît avoir un autre mouvement qu’on nomme annuel. U semble se faire d’occident en orient. Mais cette apparence de mouvement est encore produite par celui de la terre autour du soleil d’occident en orient. Car il est bien évident quelle ne peut avancer dans son orbite, sans que le soleil ne paraisse répondre à des points du ciel diamétralement opposés à ceux qu’elle occupe successivement. Mais comme l’ha-

|8 GÉOGRAPHIE PHTS1QÜE.

bitant de la terre ne peut avoir , par le témoignage de ses yeux , de ses sens , aucune connaissance du mouvement de la terre qui lui paraît immobile, il ne voit que le mouvement apparent du soleil, auquel il attribue celui de la terre qui est le réel. Les astronomes ont été forcés d’adopter le langage commun, pour se faire entendre; ils disent: le mouvement, le cours du soleil; mais c’est toujours de la terre qu’il faut l’entendre.

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