‹ Abrege elementaire de geographie physiqueChapitre 51 sur 123 · FOUDRE · texte numérisé non relu

FOUDRE

La foudre et le tonnerre sont des phénomènes électriques. Le tonnerre est un bruit éclatant dans les nuages , précédé d’un vif éclat de lumière qu’on nomme éclair. La foudre est la décharge électrique sur un corps quelconque.

On ne peut douter qu’il n’y ait beaucoup d’électricité dans la région de l’air: toutes les expériences du cerf-volant l’ont démontré. On peut consulter l’abbé Nollet, et les expériences de Bornas et autres. I.a nuée , dans le phénomène , est un conducteur qui transmet la matière électrique à la terre , dans certains cas. Par exemple , dans les grandes chaleurs , la terre exhale des vapeurs chargées d’électricité; dans ce cas, elle est électrisée en plus, et le nuage en moins1. La terre alors se décharge sur le nuage; mais lorsque ces vapeurs sont réunies dans les nuages, en quantités et en masses suffisantes , alors le nuage électrisé en plus, se décharge à son tour sur la terre, et l’orage a lieu.

Les orages ont lieu par tout le globe , même dans les plus hautes latitudes. Us sont fréquents en été, mais il y en a parfois en hiver ; c’est surtout dans la zone

1 Nous employons ici les anciennes expressions , pour être mieux entendus du plus grand nombre.

torride qu’ils sont communs. Ils sont souvent d’une violence extrême sous la ligne, et le tonnerre y a des détonations effrayantes qui occasionnent des commotions très -sensibles aux édifices, aux vaisseaux, aux hommes. .

La foudre, réduite en petit, est sensible dans l’expériense d’une machine et d’un appareil électrique. L’éclair est représenté par l'étincelle de l’expérience , et la foudre par la décharge d’une batterie de plusieurs bouteilles. On foudroie les animaux avec un appareil électrique, et on les prive de la vie. Une batterie d’une certaine quantité de bouteilles demande à être maniée avec adresse; car les accidents graves y sont possibles, ne sont pas très-rares, et peuvent foudroyer le physicien.

Du moment qu’on a reconnu dans le tonnerre un phénomène électrique, on lui a tout de suite appliqué les principes de l’électricité. Ainsi on a trouvé dans des expériences , faites avec autant de danger que de succès, qu’il avait une propension extrême pour les métaux , et qu’il était soumis au pouvoir des pointes. Alors on a compris la facilité de le soutirer avec des aiguilles qu’on a nommées paratonnerre. Quelques essais malheureux n’ont pu infirmer le principe , et on a tellement perfectionné l’opération, qu’on en est venu à placer des aiguilles sur les magasins à poudre. Mais il faut que le paratonnerre soit bien fait, et que son conducteur descende assez profondément en terre pour y trouver deM’eau ou de l’humidité; sans quoi on est exposé à ce qu’il y ait explosion au bout du conducteur.

D’après ce pouvoir des pointes, il est clair que les clochers armés de croix de métal doivent south’er la foudre. Les édifices isolés et élevés, même les arbres

MÉTÉORES ENFLAMMÉS. 1^1

isolés, peuvent solliciter et obtenir la préférence quand le nuage se décharge dans leurs environs. Enfin la confiance dans le pouvoir des pointes a fait placer des paratonnerres sur les mâts des grands vaisseaux qui vpyagent dans la zone torride, et leurs bons effets ont souvént été appréciés.

Le son des cloches , les coups de canon peuvent occasionner dans l’air une vibration , une commotion propre à décider la décharge électrique, quand les autres conditions s’y trouvent; et en effet, les exercices à feu dans l’été sont souvent suivis d’orages.

Les objetsfoudroyéspeuvents’enflammer,ets’enflamment souvent. Les effet» de la foudre paraissent souvent bizarres , et ses ravages sont incalculables d’avance.

Feu Saint-Elme.

Le feu Saint-Elme se nomme aussi Castor et Polhix : c’est surtout dans les tempêtes à la mer qu’il se manifeste. Ce phénomène affecte les pointes, et fait entendre une décrépitation. Il se montre sous la forme d’une forte étincelle d’un feu violet, errant sans se fixer, mobile à l’excès. C’est un véritable effet d’électricité sollicitée à se manifester par les goudrons et autres matières électrophores , dont les mâts et les vergues des vaisseaux sont enduits.

Feux follets.

On voit souvent dans les marais et dans les cimetières, des lueurs légères qui semblent voltiger; on les nomme feux follets. Us se montrent surtout en été, moment où les exhalaisons sont plus abondantes. Us

\r]X GÉOGRAPHIE PHYSIQUE,

suivent les corps en mouvement. Ces vapeurs sont un gaz hydrogène que l’électricité enflamme quand elle est assez abondante pour produire cet effet. Au surplus, il est à remarquer que ces feux follets ont été, dans la plus haute antiquité, l’objet d’une superstition bien extraordinaire. En certains endroits, ce feu follet, trèsinnocent quand on le respecte, s’irrite quand on le siffle , et s’approche aussitôt du siffleur indiscret , l’entraîne et l’égare; et si ce malheureux siffleur éprouve un accident, le feu follet rit aux éclats. Dans la Bretagne- Armorique cette superstition se retrouve, ou l’équivalent: le gauriket saisit le voyageur qui s’en approche, et qui suit alors une danse rapide, au milieu de laquelle il tombe, aux grands éclats de rire du gauriket. Et ce qu’il y a de plus étonnant, c’est que cette même superstition existe en Asie-Mineure. {Voyez Paul Lucas , second Voyage , chap. i y.) Tant il est vrai que l’esprit de l’homme!, dans ses égarements, a suivi partout la même marche. • nr.

Étoile tombante. Globe de feu. — Feux épars.

Nous avons dit que la région de. l’air, à une certaine hauteur, renfermait beaucoup de matière électrique. Cette matière n’est pas toujours assez réunie en masse pour former le tonnerre ; mais quoique disséminée, lorsqu’elle est abondante par un temps serein, elle se meut vers la partie inférieure de l’atmosphère qui est moins électrisée, selon les conducteurs qu’elle y rencontre. Quand cette électricité est encore plus abondante, alors elle forme quelquefois des globes de feu qui éclatent en disparaissant, avec un bruit égal à celui du tonnerre.

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