CHAPITRE IL
COUP d’oeil général sur la carte universelle GLOBE.
En regardant une carte de toute la terre, la première chose qui nous frappe, c’est un grand massif haché d’interstices et de pointes saillantes. Ce massif comprend l’Europe, l’Asie et l’Afrique , avec toutes les îles qui en dépendent; c’est ce qu’on appelle Y ancien monde. En examinant de plus près ce massif, on voit que les terres continentales forment une grande île, qui se dessine dans la forme la plus irrégulière; elle est hachée de profondes coupures, dans lesquelles
les mers s’introduisent. Le seul trait régulier que l’on puisse y apercevoir, c’est que les grandes protubérances, les grands enfoncements , se rapprochent sensiblement de la direction nord cl sud: si nous exceptons cependant la Méditerranée, depuis Gibraltar jusque la èôte d’Asie. Quant aux autres, nous remarquons qu’à commencer au nord de l’Europe, la Baltique, la mer Blanche , la mer Glaciale , le golfe d’Obi , sont à peu près dans la direction nord et sud, ainsi que toutes les hachures de la côte, jusqu’au détroit de Behring, qui lui-même est posé nord et sud. Passant ce détroit, on trouve que le golfe Anadir, le Kamtschatka, la mer d’Okotsk , la mer de Corée , la Corée , la mer Jaune, les presqu’îles de Camboje et de Malac, la baie de Bengale, la presqu'île de l’Inde, la mer Rouge, le golfe de Perse , l’Arabie et la masse entière de l’Afrique, se subordonnent très - sensiblement à cette direction.
Portant ensuite les yeux sur le nouveau monde, on voit un massif séparé et distinct, mais dont la formation paraît plus régulière? Il se projette du nord au sud, et cette direction très- prononcée n’est interrompue que par deux hachures principales , monuments de quelques violentes convulsions : l’une est le golfe du Mexique, l’autre conduit la mer jusqu’au centre de la partie du nord de ce continent. C’est cette hachure qui forme la baie de Baffin et celle de Hudson.
A l’inspection de ce massif, on se demande , si comme Yancien monde il est séparé du pôle par les eaux de la mer. Mais ici la nature oppose ses glaces aux recherches des géographes; il n’a pas encore été donné » à l’homme de pénétrer assez près du pôle , pour déter-