S.YSTÈME OSSEUX DU GLOBE
Les montagnes sont comme le squelette du globe, dont elles forment la oharpente. Les continents s’appuient sur celles dont les racines profondes les rendent capables de résister au temps et aux efforts du feu et de l’eau, c’est-à-dire aux révolutions que le globe a subies , et que nous suivrons bientôt à la trace.
Ces premières montagnes sont nommées primordiales : elles sont composées de granit. Les secondes montagnes, ou montagnes- de seconde classe, sont les calcaires; on les nomme aussi montagnes Ae seconde fdhnalim :-*oft n’y trouve point de granit, mais ides
pierres tendres, des grès, et même des marbres. Ces montagnes sont formées par la réunion d’alluvions , agglomérées par les eaux. Nous en verrons la formation.
Les troisièmes montagnes, ou montagnes de troisième formation , sont celles que le feu a organisées ; on les reconnaît à leurs lates, leurs ponces, leurs basaltes e tleurs scories.
Ainsi on range les montagnes en trois classes générales :
Montagnes granitiques. *
Montagnes calcaires.
Montagnes volcaniques.
Quant à la substance qui forme le noyau du globe, on ne la co ftnaî t pas. L’étude des produits volcaniques révèle l’existence de pierres inconnues à la surface du globe. On a nommé quelquefois ce noyau roche vive ; mais nous croyons plus sage, de convenir qu’on ne le connaît pas. Ce qu’on nomme roche vivp se trouve a la base des masses de granit. ( Voyez Montagnes primitives. )
Filiation.
Les montagnes forment un système général dont toutes les parties sont liées ensemble et se communiquent. Prenons pour point centra] le plateau de !» Tar tarie, que l’on peut regarder comme une moutagne mère, dont les ramifications s’étendent, sou» différents noms , dans toutes les parties du globe. Nous, vpypns d’abprd cette chaîne se répandre à l’ouest sous le nom ÿhpqpSi traverser la Perse, se joindre au Taurus, qui en est, une continuation ,.et , sous ce dernier nom , passer au rgidj de la Caspienne. De là passant entre la Gaspienae-et
jjun* <u. c Moite.. rut, dff Marais J' for.
*UW'l
yj# rfy c, pup-e j&c.
MOJÇTAGNEj. 4‘
la mer Noire, sops l>e nom de Caucase, elle se divise en deux. L’qne des deux divisions, remontant veys le nord jusqu’aux frontières de l’Europe, se divise encore en deux branches, dont l’une se replie à l’est et ya rejoindre le plateau ; tandis que l’autre, se recourbant vers l’ouest, enchaîne la Baltique, et donnapt en passant ses beaux grapits roses à la Finlande, va servir de fondement à la Aponie et à la Norwègç.
I>a seconde; branche qqi part du Caupase se jçtte à l’opest, et va traverser l’Europe, qu’elle couvre de $ey brapdies, etou npps ^ tarderons pas à veqir la retrouver.
Nous revenons au, Taprus, dont une des branches, venant à l’ouest former le fameux Ida sur les côtes de l’archipel de Grèce, se replie vers je sud,çouvrela Mésopotamie, et, sous lç nom de Montagne longue , va jeter les fondements de l’Arabje.
Cependant diverses ramifications, sc détachant du tronc principal, forment le ma.ss.if de la %rie sous les noms de Liban et d ' Antiliban ; tandis qu’un rameau de Xlnaüs, se prolongeant vers le,sud, vient formey la draine des Gates, qui seyt d’épine dorsale à la presqu'île de l’iqfcet paraît se terminer au cap Comoriq, d’où, plongeait sops Içs flot,s à des profondeurs inconnues, çette çlppnç se relève par intervalles, et montre les. pics, (je s,®8 montagnes émergées du lit de l’Océan qui çouyye Içpr base. Op voit ces sommités reparaîtra au-dessus, des flots , soqs le nom dç Maldives , spus ceint d ' Afchweld.el' ocèari^ Indien , à'ilesScchlelfe,feMc$ar gascar , de Bourbon, etc. Enfla, cette chaîne après. ayojjj enpore montré qpelquqsrups de ses pics les plus «levés, sous les noms des îles Ainstgrdpm , Saint- Paul ,
Marion ,' du P rince- Édouard , et de la Désolation ou Kerguelen , va se réunir au pôle, où elle se dérobe à nos recherches derrière les glaces impénétrables qui nous interdisent d’approcher plus près que le cercle
Tandis que cette branche de Ylmaüs suit la route que nous venons d’indiquer, une autre, sous le nom de montagnes du Thibet, passe au nord du Mogol, et se détachant vers le sud, va former la péninsule de Camboje et de Malac, où ses interstices laissant un passage libre aux eaux de l’Océan , forment l’archipel de la Sonde, dont les montagnes primitives, séparées par une multitude de détroits, vont se réunir pour former ce continent que les découvertes modernes nous ont fait connaître sous le nom de Nouvelle-Hollande. Remontant au nord par l’archipel des Philippines, cette chaîne se réunit aux montagnes de la Chine, passant près de l’intermédiaire volcanique de Formose qui s’appuie sur ses flancs. Tandis qu’une de ses branches, se détachant vers la droite , se dirige vers le Kamtschatka , forme, en passant, le Japon, les Kurdes, et, plongeant sous la mer d’Okotsk , reparaît sur les côtes de la Tatarie chinoise; un rameau de cette chaîne, se séparant aux Kurdes, élève le Kamtschatka, et revenant par le pays des Koriaques, forme d’une part la chaîne Altaïque, et de l’autre part, rejoint la branche qu’il avait quittée aux Kurdes. Ces deux ramifications se réunissent au tronc principal , qui les ramène au plateau de la Tatarie.
Noos reprenons ici la seconde branche du Caucase, qui vient jeter les racines de l’Europe , dont elle forme
MONTAGNES
le noyau. Dans sa route elle envoie le Dnieper, le Niester à la nier Noire; et de l’autre côté, elle détache la Dwina , la Vistule, l’Oder vers la Baltique, et l’Elbe vers la mer d’Allemagne. Courbant ensuite son cours plus vers le midi, elle vient séparer la France de l’Allemagne, envoie d’un côté le Danube h la mer Noire, et de l’autre, donne un lit au Rhin dans une vallée qui la sépare d’une branche collatérale qu’on nomme les Vosges. Ces deux branches se réunissent enfin aux Alpes : nouveau plateau, nouveau point central sur qui l’Europe s’appuie, où viennent aboutir et d’où se détachent une foule d'autres bras du squelette dont nous traçons l’esquise.
Cependant , tandis que le Caucase envoie ainsi une de ses principales branches organiser le nord de l’Europe, un autre rameau plus humble, prend un trajet plus court vers le centre de notre partie du monde. Il laisse un petit interstice peu profond par lequel la mer s’introduit dans le bassin qu’elle remplit, sous les noms synonimes de Palus Mâotides , mer d’Azof ou mer de Zabache. Se relevant ensuite en Crimée, il retient la mer Noire dans ses limites, et continuant sa route vers l’Occident, passe entre la Thrate et la Valachie, entre la Hongrie et la Pologne, sous le nom de monts Carpathiens , d’où il vient former les montagnes de la Carinthie , du Tyrol, et se réunir aux Alpes, massif principal d’Europe, comme nous l’avons dit , d’où jaillissent une infinité de courants d’eau , et qui renferme plusieurs méditerranées prisonnières entre ses bases primordiales, que leurs eaux n’ont encore pu vaincre. Deux fleuves principaux, partis presque du même en-
droit, prennent leurs cours en sens inverse : et tandis que l’un, sous le nom de Rhône , va se jeter au midi dans la Méditerranée, entraînant avec lui toutes les rivières secondaires dont les vallées adjacentes lui amènent le tribut; l’autre, sous le nom de Rhin , se grossissant d’une foule de rivières, porte toutes leurs eaux avec les siennes vers la Hollande, arrosant des pays étendus, où il se divise en plusieurs branches, prend des noms divers, et sous son nom propre va s’enfouir dans les sables du Zuiderzée.
Les Alpes, abaissant leur talutve rs le couchant pour étayer le sol de la France, ont permis à des chaînes calcaires de s’appuyer contre feurs rameaux ; ainsi se sont élevés les Jura , et une foule de volcans éteints , montrant leurs anciens cratères, leurs ponces et leurs prismes de basalte sur les sommités du Vivarais,du Vélay, du Dauph irié; et toutes ces masses laissent écouler les rivières qui fertilisent notre sol. C’est ainsi qiie naissent la Meuse, l’Escaut, la Seine, la Loire et autres rivières qui prennent leurs sources dans des montagnes du se: cond ordre , dans des chaînes subalternes.
D 'autres branches', partant des Alpes en diverses directions, vont, l’une sous le nom d ' Apennin j servir d’épine vertébrale à la péninsule d’Italie, et1 de réservoir aux sources de ses rivières, Pô, Arno, Tibre, etc. ; et, continuant son cours, va forniér Candie, Chypre, Rhodes, et rejoindre le Liban. Une autre branche prenant le nom de Cevennes , se dirige vers les frontières de France et d’Espagne , et vaformer ces célèbres Pyrénées , barrières historiques
• MONTAGNES. 45
qui préservèrent 4’Europe de l’invasion des Maures, et qui virent périr à Roncevaux , en 77 8 , le fameux Roland, un des plus dignes défenseurs de la France. C’est de cette belle chaîne que découle la Garonne, principal fleuve de France, dont le lit, recevant les plus gros vaisseaux, porte jusqu’.à Rordeaux les productions de tout l’uni vers , et fait de ce marché brillant le plus bel entrepôt de commerce qu’il y ait au monde. Recevant les tributs de l’industrie du Nord par l’embouchure du fleuve, et ceux du Midi et du Levant par ce superbe canal du Languedoc, chef-dœuvre incroyable du génie de l’homme, et qui , partaut de la ville de Cette, aboutit un peu au-dessous de Toulouse, réunissant ainsi la Méditerranée à l’Océan par un cours artificiel de quarante-cinq lieues, pendant lequel l’art a préparé son lit au travers des montagnes qu’il a fallu couper , et au-dessus des vallées , au-dessus même des autres rivières sur lesquelles on lui a construit des aquéducs.
Ces Pyrénées se répandent en mille directions, et couvrent l’Espagne entière de leurs rameaux , d’où partent, comme d’un centre, toutes les eaux qui vont dans tous les sens arroser cette belle péninsule , au bout de laquelle la nature offre au géographe physicien un monument mémorable d’une de ses anciennes convulsions. Une antique blessure, une déchirure profonde, une sorte de crevasse disloquée par l’explosion d’un incendie interne , dont le foyer était sous toute la Méterranée où il existe encore, et dont la montagne de Gibraltar était un des conduits par lesquels cet incendie s’exhalait; montagne isolée, conique, voisine de la mer.
Digifeed by (
àoogle
et qui remplit toutes les conditions d'un volcan 1 : cette déchirure est le détroit de Gibraltar, interstice de sept lieues par où l’Océan se précipite pour remplir l’énorme vallée dans laquelle il prend le nom de Méditerranée proprement dite 2.
C’est ce détroit qui sépare la chaîne non interrompue dont nous avons suivi les branches sur l’Asie et sur l’Europe. Mais elle se relève au-delà du détroit, immédiatement sur le rivage en face de Gibraltar. Cette même chaîne se continue en Afrique sous le nom éé Atlas, prolongeant toute la côte de Barbarie, et bordant le lit de cette mer qui la sépare des Alpes, de l’Apennin, du Ténare,et plus loin du Taurus, ou du moins d’une partie du Taurus.
Rendu vers la partie' orientale de l’Afrique, l’Atlas se replie au sud et va jeter les fondements de la Nubie, de l'Abyssinie dont il forme.les hautes montagnes que le lit étroit de la mer Rougesépare des montagnes longues de l’Yémen qui en sont une continuation et qui les marient auLiban et à l’Antiliban. Quant à l’intérieur de I A-
1 D’Herbelot veut que Gibraltar suit Gebel Tharek, montagne de Tharek. Ce Tharek était général, conquérant de l’Espagne sous le califat deValid. Je n’ajoute pas foi à cette origine : je préfère Gebel-tor, nom qne porte le mont Sinai; et quoiqu’on ne soit pas d’accord sur le mot for, j’oserais en faire la racine du mot latin torrerc , briller ; torquere, tourmenter, tordre; et tormentum : racine qui s’applique au tonnerre , au feu, an dieu Tor des Scandinaves, au Taran des Celtes; nom que l’on a donné an montSinaï, à cause du buisson ardent où Dieu se manifesta à Moïse , et qui signifie montagne de Jeu, Cette signification me parait d’autant plus juste, qu’anjourd’hui meme les Arabes nomment encore Gebel-tor , une petite île située dans la mer Ronge, et dont le milieu sert de base à une montagne conique qui est un volcan, dont les éruptions sont assez rares, mais qui jette contînnellement de la fumée. Ainsi je traduis Gibraltar : montagne de feu.
a Pî.fïf. Hist. Nat. lib. 3, cbap. i.
afoanwGsçs 47
frique, il est trop peu connu ppur qu’on puisse rien pranoucer sur le genre et j$ situation de ces montagnes. Mais la natujfe a une marche constante , et nous devons croire qu’çn Afrique çlfe a suivi lq tnême ordre dans la liaison des chaînes qui servent de carcasse à cette énorme péninsule. Déjà (a géographie sait quelle est traversée par une grande chaîne depuis le cap Gardafui jusqu’au cap Tagrm ; que cette ciiaîne , dont une partie se nomme montagnes de la lune , se mariç à l’Atlas par le cap Blanc et le cap Bojador d’unepté, et de l’autre par les montagnes de j’Abyssiqjp, rqpferinant un énorme Bassin que l’on a dit coqpé, pu deux dans le sens des parallèles, et presque sous |e tropiqqe , par les monts Amedède (Voyez Ph . Huache). Ce feassin renferme le Niger, fleuve entrevu dans l’antiquité, vérifié , exploré de nos jours par Mungo-Park , et sur lequel on n’avait jusqu’à ce jour aucune lumière bien positive; mais au moment ou nous allons publier cet .ouvrage, nous apprenons qqe MM. Denham ef Clapperton , .viennent de flébarquer à PortsmçUlh , arrivant de l'intérieur de l’ACriqi#}. Ils anpoortent de nouveaux reiiseigneuienlS SMf !c JN' iger , qui après avqip passé à Tamhouctou , doit (dit-oq ) vepir qe jqter dans le Bénin. géographie d’Afrique attend impudemment • ces nouvelles découvertes , popr ajouter auji, lumières qu’elle acquiert tous les jours.
Cette grande chaîne transversale qui réunit le Gardafui et le Tagrio, détache de son îmljeu upe cliaipe primordiale, qui, apurés avoir, dit-on, formé un se,eond plateau sous l’équatour, va terminer l’Afrique ap
/|8 ÉOGHAPHIE PHYSIQUE,
cap de Bonne-Espérancé , d’où elle court sous les eaux se réunir au pôle, montrant par intervalles le sommet de ses plus hautes montagnes sous les noms de Dîna , Marseven , et cap de la Circoncision.
Nous voici rendus à développer une partie de notre système que nous avons déjà fait pressentir à l’article Courants , et que l’on a regardé long-temps comme téméraire ; je veux parler de la communication sousmarine des .montagnes de l’ancien monde avec celles de l’Amérique.
On peut consulter le Mémoire de Ph. Buache sur la communication sous-marine des inontagiies. Cet ouvrage, plus détaillé que celui-ci , est imprimé sous le privilège de l’Académie des Sciences.
COMMUNICATION SOÜS-MARINE.
On ne peut pas s’imaginer que le fond du bassin des mers soit uni, sans élévations comme sans enfoncements. Les montagnes qui , surmontant les efforts de l’Océan , nous montreflt leurs sommets, nous font juger de l’existence de celles dont la hauteur n’est pas assez grande pour s’élever au-dessus des flots , ou pour saisir le fil de communication que leur jette la sonde. Il y a donc lieu de regarder comme certain que le fond des mers est sillonné par diverses chaînes de montagnes submergées , comme l’étaient autrefois celles qui couronnent aujourd’hui nos continênts. On a souvent écrit que ces nouvelles montagnes émergeraient un jour,
MONTAGNKS. /jq
t-t que l'Océan les découvrirait à leur tour, quand l'heure marquée parrÉternel aurait sonné. Alors, nos Alpes, affaissées et détruites par la main du temps, feraient place à nos humbles collines, devenues des pics élancés dans les nues; nos grosses masses calcaires, dispersées, exhausseraient des cavités actuelles; et les hommes qui peupleraient alors les abîmes desséchés dè la mer, ne pourraient soupçonner l’existence antérieure dcsTénériffe,des Pichinea, des Cimboraço.
La nature établit la communication dont nous parlons, d’abord par des montagnes primordiales dont elle se sert comme de point d’appui, pour étayer la construction des montagnes calcaires que l’Océan accumule sans cesse; et quand ce moyen lui manque, elle fait jaillir le fond de la mer par une commotion volcanique, lançant du sein de la terre les colonnes de ce nouvel édifice quelle bâtit au milieu des Ilots. Ainsi les archipels enflammés qui remplissent la mer Pacifique peuvent être tout à la fois les fondements d’un nouveau continent et les débris d’un ancien.
Si des côtes de I Europe, si de cet antique promontoire de Gobée, aujourd'hui pointe de la Bretagne Armorique, on regarde, sur une carte marine, l’espace qui s’étend vers l’ouest jusqu a Terre-Neuve et la côte orientale de l’Amérique du nord, on le verra rempli d’îlots, de vigies, de bancs, de sommités qui attestent la chaîne de communication. C était l’opinion de beaucoup d’anciens navigateurs, que la sonde pouvait presque toujours donner fond entre la Manche et le banc de Terre-Neuve.
D un autre côte, dans une ligne tirée du cap Saint- ‘ Augustin au Brésil, jusqu au cap Tagrin pointe occi-
SKCORDK r* RTI K .
5o GÉOGRAPHIE PHYSIQUE,
dentale d’Afrique, la chaîne est visiblement inarquée par la quantité de vigies et de petites îles qui se trouvent dant cette direction.
La communication est encore bien plus manifeste dans l’océan Pacifique, qu’on pourrait regarder comme un grand archipel. C’est ainsi que par les vingt degrés nord, le Mexique se lie à la Chine, par là multitude d’archipels particuliers, liés eux-mêmes par une infinité d’îles détachées dont les cartes nous' offrent letabléàu. La même communication a lieu au sud de l’équàteur, par une chaîne (plus considérable encore) diles si nombreuses, que la carte suffit à peiné à écrire le nom de celles que l’on connaît, et dont la continuité marie la côte du Pérou aux îles de la Nouvelle -Hollande et de la Nouvelle-Guinée. ' ! : .
Quant à l’Amérique, ce n’est qu’un seul massif, prolongé du nord au sud , exposé des deux côtés aux assauts de la mer, et dans son intérieur aux convulsions du feu, leur opposant la solidité de ses montagnes primordiales dont la masse a jusqu’à ce jour résisté aux efforts des deux éléments qui ont conjuré sa perte.
Si de ces grands exemples nous descendons aux plus petits, nous voyons sous nos yeux des preuves manifestes de la vérité de cette théorie. Ainsi la Sicile communique visiblement à l’Apennin et avec l’Afrique; c’est le ligament qui réunit en un faisceau les Alpes et l’Atlas. La Corse et la Sardaigne sont de nouveaux points de contact qui marient ces grandes chaînes par la base, et dont les Baléares sont des anneaux qui suivent une direction à peu près parallèle. En vain le feu s’est emparé de ces parages , et les ravage par ses volcans ; la
MONTAGNES
masse, liée par ses Fondements à la roche primordiale, résiste à sa base, et le feu s’éteint ou s’épuise en efforts superflus. Nons verrons ces éruptions en nous occupant des montagnes de ^troisième formation.
Comme les îles, que nous venons de nommer sont les cimes des chaînes qui rattachent l’Europe à l’Afrique, ainsi l’archipel de Grèce est un intermédiaire qui unit l’Europe à l’Asie. Ces îles de qet archipel , celles de Candie et de Chypre , par leur direction et celle des petites îles mitoyennes, sont les, chaînes dont nature enlace les montagnes de la Aforée>. de l’Épirer* et même celles de l’Italie avec celles de la Natolfe, de là Caramanie et le Liban. n np «n&fcnd
Nous qonclueroqSi uette esquisse, en disant : il m’y a qu’upe seule chaîne de montagnes sqrja terre, Qstte chaîne a pli^ieurs tropes principaux i, c,n; Sont les plateaux de L’Arque que nous avons indiqués-, celui de la Tatarie^ leç Alpes, et les grands plateaux d’Amérique dont nous, avpns parlé* Ses branches-mères sont, en Asie , l’Imaüs, le Taurus, le Caucase, la chaîne du Thibet, Iqs-, Gates, l’Oural, la chaîne Altaïqpe. En Europe, les monts Carpathiens, les Vosges, le Jura, les Çeyennfcs, les Pyrénées, l’Apennin. En Afrique, l’Atlas,’ les montagnes de Nubie , d’Abyssinie , celles de |a Lune,, et la, chaîne du cap de Bonne-Espérapçe. En Amérique» jlçs4iudgs, les Cordilières, les Apalaches. De toutes ces branches-mères s’élancent tous les rameaux qui v.onts’étendantsur tout le globe, dans tous les sens, et à des hauteurs diverses. Examinons-les selon leur ordre.
Les personnes instruites et qui désirent sur la géo-
'5a GÉOGHAPniE physique.
graphie physique des détails locaux et précis, sentiront bien que nous n’avons voulu donner ici qu’un coup d’œil général sur la manière de considérer en grand l’enchaînement des montagnes. Nous n’avons dit que ce qu’il fallait pour en tirer le principe , que les montagnes sont le squelette du globe: vérité physique, incontestable. Elles font partie d’un tout lié et coordonné, comme toutes les parties d’un squelette tiennent au système osseux du corps humain. Mais la géographie de détail examinera les diverses chaînes, et ■leurs hauteurs comparées; elle les divisera en chaînes et contre-forts, se rendra compte de leurs versants et des bassins quelles circonscrivent, des eaux qu’elles y tiennent captives, et de celles dont elles dirigent le cours. Elle s’assurera de leur organisation, de leurs strates, de leur influence sur le climat; elle pourra même les envisager comme limites politiques. Toutes ces précieuses lumières réunies formeront de très -nombreux volumes lorsque la science aura acquis toutes les richesses quelle peut désirer ; mais ce travail sera long. Et la face de notre planète change si rapidement ; le feu, l’eau, le temps, lui font subir de telles vicissitudes, que ce qui est vrai aujourd’hui ne le sera plus demain: Lancerote ne ressemble plus à ce quelle était il y a six mois; Oumnak aux Aleuticnnes n’est plus ce quelle était en 1819. Et si le travail dont nous venons de parler s’exécute, le commencement aura perdu sa ressemblance lorsque le tout sera parvenu à sa fin.
Digitiaed
■MONTAGNES