CONTRE LE CAPITAINE GROBBENDONC
au sujet de sa conduite et de sa tyrannie soi-disante* exercée au combat qui se donna le 5 février 1600 près de Bois-le-Duc, surnommé LECKERBETJE.
Que Grobbendonc w soU d'une racé xnlaine Coquin et méchante * (des sehets) * raque denier ^ N'ayant fait que combler son coffre et son grenier*, Sa cave et magasin, la chose est'certainie,
Vor T ayant annobli et rendu capitaine, QuHl soit rotturier, nul ne le peut nyer, Perfide, desloyal, exécrable meurtrier.
Le fait mesme '^ en parle et crie à bouche pUme.
Veu qu'ayant fait meurtrir par loche cruauté Ce brave chevalier, baron de Briauté, Contre lafoy donnée, et Tordre militaire
Autre qu'un assassin, on ne le peut nommer. Et ne peut nulle part autre se réclamer, Que de tout vertu ^ très cruel adversaire.
^ Dans Texemplaire insorit sous le N<> 15984, soi^isante mt ajoaié après coup.
* IdéchaniCy — Sordide, parcimonieux. /
* Des Sehets, — Gobbendonck était fils d'Antoine Sobetz.
* Raque denier, — racle-denier, rogne-denier. On dirait aujourd'hui grippe-sou.
* Allusion à la vente de Gertruydenberg au prince de Parme^ ran 1589. (Voir page 76, note 1.)
« Le fait mesme, — le fait lui-môme.
^ Que de tout vertu, — > Cette faute d'orthographe et de versification est répétée dans les deux copies que Ton conserve à la Bibliothèque de Bourgogne.
Iti ANNBXBS.
GrobUnianc si tu es tel, comme tu te tante, P(mrqmy difères-tu le combat accepter Que par deçà de France on te vient présenter '? Cela te fait-il or ' avoir telle espouvante?
Si ton espèce * n'est encore assez trenchante Tu pourra de Roland Durandal emprunter, Et pour à ce conflit sceurement fapprester.
Prendre cuirasse en dos de cent livres pesante.
Mais ce n'est pas cela, d'armes tu n'as pas faute, Cest qu'au ventre le cœur, de grand peur te tressaute^ Qui fait que tu ne Toze au combat hazarder.
Et comme un vray meurtrier, vilain, coilard et loche Pour n'entrer en duel, par excuse tu tache D'un affronté haJnl, ceste faute amender.
* Ce vers établit d*ane tsi/jon très nette un rapport direct entre ces sonnets et la démarche attribuée par De Meteren au sieur d'fiockincourt et par d*autres auteurs à Adrien de Breauté. .
i Or — du latin hora, heure, s^employait autrefois dans le sens de maintenant. — En Italien, on traduit maintenant par or/i.
s Espèce est très lisible dans les deux copies : il faut évidemment espée. — Bspèce ne peut être qu une licence poétique, à l'usage d*un soudard, poëte d'occasion, et plus apte à manier Xespée que le vers.
* Tressauter se dit pour tressaillir.