‹ Abrégé méthodique de la science des armoiries, suivi d'un glossaire des attributs héraldiquesChapitre 6 sur 65 · II. Depuis TEmpire · texte numérisé non relu

II. Depuis TEmpire

Chap. VII. Recherche des faux nobles 469

Index. 473

I. Les ARMES ou Armoiries sont des emblèmes donnés ou autorisés par un pouvoir souverain pour servir de signes distinctifs à des personnes, des familles, des villes, des corporations, des pay^.

On distingue ordinairement neuf espèces d'armoiries.

1® Les Armoiries de souveraineté ou de domaine, que Ton pourrait appeler signes de la terre, sont ceUes que portent les princes souverains : les lis de l'ancienne France appartenaient à cette classe.

2^ Les Armoiries de prétention sont celles des pays, villes ou domaines sur lesquels un prince a

OU prétend avoir des droits , quoique ces pays , villes ou domaines, soient sous la domination d*un autre prince. Ainsi, les rois d'Angleterre ont pris, jusqu'au dernier siècle, le titre de rois de France et joint à leurs armoiries celles de la monarchie française.

3» Les Armes de concession sont formées de la totalité ou d'une partie de celles d'un souverain qui, en autorisant à les porter, a voulu récompenser des services rendus. Telles étaient celles de Jeanne d'Arc et de Châteaubriant * . Telles encore les armoiries des grands ducs de Toscane de la maison des Médicis ^.

4® Les Armoiries de patronage se composent de

i. Primitivement, les Châteaubriant portaient : De gueules semé de pommes de pin et or; à Toccasion du courage déployé à la bataille de Mansourah (1250) par un de leurs membres, Geoffroy V de Châteaubriant, Louis IX les autorisa à remplacer les pommes de pin par des fleurs de lis. — Les armes des descendants de Jeanne d'Arc étaient : D'azur, à une épée d'argent en pal, croisée et pommetée d'or, et côtoyée de deux fleurs de lis du même. Elles avaient été octroyées par Charles VII « afin, disait ce prince , de rendre gloire à la haute et divine Sagesse des grâces nombreuses et éclatantes » dont il avait été comblé par « le célèbre ministère » de Théroïne.

2. îls portaient d'abord : Uor, à six tourteaux de gueules posés 1, 2, 2,1. Louis XII changea le tourteau du chef, et permit au grand- duc Pierre II d*en mettre un d'azur à trois fleurs de lis d'or à la place.

pièces ajoutées aux armes d'une famille, d'une ville ou d'une communauté, pour indiquer la protection accordée à cette famille, à cette ville, à cette communauté, par le prince au blason duquel elles ont été empruntées. A cette classe appartiennent les armoiries de Paris, qui portent en chef les armes des rois de France.

5° Les Armoiries de dignité sont destinées à faire connaître les charges et dignités dont leur propriétaire est revêtu. Elles consistent principalement en ornements qui accompagnent extérieurement les armes de famille. Nous citerons, comme exemple, la tiare et les clefs, qui sont les signes extérieurs de la dignité pontificale.

6^ Les Armoiries de ville sont celles que prirent les cités au moyen âge, à l'époque de leur afiBrancbissement.

7® On donne le nom d'Armoiries de commvr nautè à celles des chapitres, des cathédrales, des maisons religieuses, des corporations ouvrières, des universités, etc.

8® Les Armoiries de famille appartiennent à une famille et servent à la distinguer des autres familles. On les dit légitimes, pures, vraies ou pleines, quand elles ne sont accompagnées d'aucun »gne accessoire : les aînés les portent ainsi.

il NOTIONS PRÉLIMINAIRES.

On les appelle brisées, lorsque les cadets et les bâtards y introduisent quelque modification, afin qu'on ne puisse les confondre avec celles des aînés ou des fils légitimes (voy. ch. IV, 6® section). Les armes de famille sont parlantes, quand il existe quelque rapport entre le nom des signes qui les forment et celui de la maison à laquelle elles appartiennent. Ainsi, d'Ailly portait des branches d'aillier; Mailly, des maillets; Crëquy, un crèquier; Gastagna, une châtaigne; Santeuil, cent yeux; La Tour, une tour; Cornet, des cornets, etc. Les armoiries de cette classe sont souvent armoiries de choix, parce que ceux qui les portent les ont choisies à Fépoque de leur anoblissement*.

Les armes de famille peuvent encore être de succession, d'alliance, substituées, chargées ou symboliques.

Les armes de succession sont celles que les héritiers prennent en vertu de clauses testamentaires en devenant propriétaires des domaines du testateur.

Les armes d'alliance sont celles que les fa-

1. Les armes d'un grand nombre de TiUes présentent souvent cette particularité.

milles ajoutent à leurs armes propres pour indicpier les alliances qu'elles ont contractées par mariage.

Les armes substituées sont celles que Ton prend avec un nom étranger, et que Ton substitue aux siennes propres, en vertu d'un contrat de mariage ou d'un titre quelconque qui le prescrit ainsi.

Les armoiries symboliques, qui seraient mieux nommées commèmoralives, servent à rappeler le souvenir d'un événement historique. C'est ainsi que les seize alérions des Montmorency indiquent autant de drapeaux enlevés sur les champs de bataille par des membres de cette famille ; et que répée couronnée et accostée de deux fleurs de lis, que présente l'écusson des frères de Jeanne (J'Arc, signifie que l'épée de cette héroïne a sauvé la France.

Les armoiries sont dites chargées, quand on y en ajoute d'autres, quel qu'en soit le motif, succession, héritage, etc.

On trouve encore, mais très-rarement, des armoiries diffamées, déchargées ou abaissées, c'està-dire offrant un ou plusieurs signes destinés à perpétuer le souvenir d'une faute ou d'un crime.

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