‹ Abscès Du Poumon Et Pathogénie EmboliqueChapitre 27 sur 58 · INFECTION PAR VOIE EMBOLIQUE ET INFECTION PAR VOIE BRONCHIQUE · texte numérisé non relu

INFECTION PAR VOIE EMBOLIQUE ET INFECTION PAR VOIE BRONCHIQUE

Nous allons maintenant essayer de différencier la part qui revient à chacune de ces deux théories principales.

La disposition de la bronche droite favorisant la localisation de l’abcès du côté droit n’est point un argument différentiel qui permette de départager les deux théories. En effet, les partisans de la théorie sanguine invoquent de leur côté une disposition anatomique absolument superposable : la disposition différente des artères pulmonaires des deux côtés, disposition parallèle en quelque sorte à celle des bronches qui explique anatomatiquement elle aussi la plus grande fréquence des abcès au lobe inférieur droit : l’artère pulmonaire chez l’homme a un trajet plus direct et un calibre plus large à droite qu’à gauche. On conçoit donc que le matériel infectant (particule septique ou embolie septique) empruntant des conduits (bronches ou artères pulmonaires) de répartition et de calibre absolument comparables, doive, quelle que soit celle des deux voies empruntée, aboutir à une localisation identique. Les expériences de Lemon, à la Clinique Mayo, ont cependant montré que la répartition dans l’arbre bronchique du mucus buccal aspiré au cours d’anesthésie générale n’avait pas lieu forcément suivant les lois de la pesanteur et qu’au contraire, même en position déclive, les corps les plus denses étaient attirés vers le haut dans les bronches, en sens inverse de l’action de la pesanteur.

La fréquence chez les malades observés de lésions naso-

Po

bucco-pharyngées ou de rhumes tenaces n'implique pas forcément une plus grande sensibilité de l’arbre respiratoire. Tout au plus pourrait-on voir là, avec les partisans de l’origine embolique sanguine, une preuve d’une plus grande septicité de cette région naso-bucco-pharyngée et en déduire que ces infections, peu graves mais à répétition, sont tout à fait propices pour déterminer chez le sujet un état de résistance particulier aux germes en cause par une sorte d’auto-vaccination naturelle. Ainsi, une intervention, sous anesthésie générale, pratiquée sur cette région naso-bucco-pharyngée septique (amygdalectomie, intervention sur la cloison, alvusion dentaire, etc.) ou même une simple fracture, non opérée, de la mâchoire (Greer) pourra se compliquer ultérieurement d’abcès pulmonaire s’expliquant tout aussi bien par la théorie de l’embolie vasculaire septique que par l'infection descendante par voie bronchique appuyée seulement sur le commémoratif d'infection rhino-pharyngée antérieure et manifeste du malade.

L’argument bactériologique fondé sur l'identité ou la ressemblance des spirilles (ou de l’association fuso-spirillaire) constatés dans les abcès pulmonaires fétides et dans la bouche des malades est certainement un argument beaucoup plus important en faveur de la théorie de l'infection par la voie bronchique descendante. Il a été en effet possible de déterminer quelques abcès du poumon par injections intra-bronchiques de grattages de dents, contenant des spirochètes et des bacilles fusiformes (Klin, Smith...) alors que les recherches expérimentales faites par la même voie avec les cultures de microbespyogènes n'avaient pas réussi. Cet échec expérimental avait été une des plus grosses objections opposées aux partisans de cette voie d’abord bronchique. Il est vrai que la proportion des abcès fétides obtenus expérimentalement par Klin, Smith et les autres partisans de la théorie bronchique est bien faible, surtout si on la compare aux 90% de résultats positifs des belles expériences de Holman, Weidlein et Schlueter sur les abcès emboliques vasculaires.

Kourilsky admet que pour les abcès non fétides, l’origine abdomino-pelvienne de l’abcès est d'importance égale à l’origine rhino-pharyngée et il place au premier rang les lésions utérines.

Un autre argument a été opposé à la théorie de l'infection

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