‹ Abscès Du Poumon Et Pathogénie EmboliqueChapitre 28 sur 58 · PRET RES · texte numérisé non relu

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par voie bronchique. C’est le temps relativement long de latence séparant, dans la majorité des cas, la date de l’anesthésie du moment d'apparition des manifestations pulmonaires. En effet, dans les abcès pulmonaires post-opératoires, le début des accidents pulmonaires apparaît en moyenne 10 à 15 jours après l'intervention. La statistique de la Clinique Mayo montre que sur 48 cas d’abcès post-opératoires, le début des manifestations pulmonaires se répartit comme suit :

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Il semble étonnant que dans la plupart des cas, l'infection pulmonaire arrivée dès le premier jour, selon la théorie bronchique, ne se manifeste pas dans des délais plus courts. Et un assez grand nombre d’opérés sont déjà rentrés chez eux en parfaite santé et ont même parfois déjà repris leurs occupations lorsque l'infection pulmonaire vient, on ne peut plus, les surprendre.

Or, l'apparition fréquente du début de ces manifestations pulmonaires survenant en grande partie après le 102 jour est un argument de plus invoqué par les partisans de la théorie vasculaire embolique, car c’est précisément du 10€ au 15€ jour que les embolies pulmonaires typiques sont le plus fréquemment observées, et les chirurgiens redoutent particulièrement à ce moment, et pendant quelque temps encore, le danger d’une embolie pulmonaire, après les opérations difficiles sur une région fréquemment septique telles les hystérectomies ou les interventions sur l’utérus et ses annexes.

En faveur de l’embolie pulmonaire, de Quervain a fait de nombreuses recherches pour trouver, à l’autopsie, les petites embolies vasculaires responsables. Il est arrivé de plus en plus facilement à découvrir les petites embolies et à mettre en évidence cette cause pathologique post-opératoire. Featherstone

ERRTAIEE

signale de nombreux cas d’abcès pulmonaires après les formes graves de mastoïdite et il les attribue à une embolie par la voie du sinus latéral. Hedblom a rapporté un cas embolique précoce en 2 jours : l’autopsie révéla de nombreuses thromboses des veines du cou, des infarctus hémorragiques multiples des deux poumons et des foyers infectieux.

En faveur de la théorie embolique et du peu de rôle joué par l’anesthésie, ses partisans font remarquer le petit nombre de complications pulmonaires après les opérations sur des régions anatomiques aseptiques, par exemple après les cures radicales de hernie. Cette notion du peu d'importance du rôle joué par l’anesthésie avait déjà été développée en 1900 dansle rapporttrès détaillé de Mikulicz et Kausch concluant que les chirurgiens devaient abandonner l’idée de l’anesthésie responsable des complications pulmonaires. En 1908, Ranzi, du service de Von Eiselberg, établit que beaucoup de complications pulmonaires pourraient être dues à des embolies détachées du champ opératoire. Cutler et ses collaborateurs ont constaté ultérieurement à leurs recherches expérimentales, que les complications pulmonaires sont plus fréquentes pour les chirurgiens qui ne soignent pas l’hémostase et qui traitent les tissus sans ménagements ; elles sont plus fréquentes aussi quand la plaie opératoire siège dans une partie mobile du corps, elles sont rares en chirurgie cranienne et dans les cas orthopédiques où la partie opérée est immobilisée dans un plâtré ; elles sont plus fréquentes au voisinage du diaphragme où chaque mouvement respiratoire peut faire mouvoir la plaie.

Nous rapporterons l'observation suivante de Cutler d’abcès pulmonaire d’origine embolique au 6° jour d’une opération du petit bassin.

OBsErRvATION IT (Cutler).

Mme K..., âgée de 40 ans,subit une opération pour tumeur de la matrice, la plaie fut fermée sans drainage. Le 6e jour la malade éprouve une douleur dans la poitrine à droite et se mit à tousser, elle pense même qu’elle expectore un peu de sang. Les chirurgiens examinèrent la plaie opératoire et ne trouvèrent rien pour expliquer son état. Six ou sept jours plus tard, la plaie s’ouvrait et suppura abondamment. Les médecins soi-

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gnèrent sa plaie avec beaucoup d'intérêt et celle-ci guérit en trois semaines. Cependant la toux persistait, mais comme la plaie avait bien guéri, la malade fut renvoyée chez elle. Il s’était écoulé environ 5 semaines depuis l’opération, Une semaine plus tard, la malade eut un violent accès de toux et elle expectora une grande quantité de pus malodorant. La malade vint alors au Lakeside hopital et on découvrit qu’elle avait un abcès du lobe inférieur droit. Le traitement médical (position favorable au drainage, Salvarsan) fut inefficace. La malade fut transférée en chirurgie ; l’abcès fut ouvert et drainé. Malgré une fistule bronchique, la malade guérit en deux mois.

« Dans ce cas, conclut Cutler, les raisons pour lesquelles il se produit un abcès plutôt qu’une pneumonie, sont probablement le nombre peu élevé de bactéries présentes dans l’embole et aussi l’immunité qui s'était établie par l'infection du petit bassin. »

Nous en avons nous-même chservé cet hiver, dans le Service de notre maître le professeur Carnot, un cas typique. Il s’agissait d’un abcès pulmonaire du lobe supérieur droit par embolie pulmonaire, survenue au douzième jour d’une appendicectomie pour appendicite chronique. La vomique fractionnée est apparue 28 jours après l’appendicectomie et 16 jours après le début embolique. La guérison a été obtenue presque spontanément après du sérum antigangréneux (240 cmc.) jusqu’à réaction cutanée sérique.

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