CE TRE
état général septicémique. Cela n’a rien de surprenant lorsque l'affection pulmonaire débute par une septicémie clinique, mais la septicémie, révélée alors par hémoculture, existe également dans les abcès ayant débuté par une affection pulmonaire aiguë brusque, telle qu’une pneumonie ou bronchopneumonie, sans signes cliniques de septicémie. La mort, résultat de l’état septicémique ou d’une complication précoce telle qu'hémoptysie, survient entre le 8° et le 152 jour.
La forme chronique n’a pas de caractères ni cliniques, ni bactériologiques, ni étiologiques, qui permettent au début de la présager ; elle évolue à ce moment comme les abcès aigus. Une atteinte pulmonaire antérieure n’est pas non plus un élément qui puisse permettre de craindre une évolution vers la chronicité et il est fréquent par ailleurs de voir des abcès chroniques chez des individus indemnes antérieurement de toute atteinte respiratoire. Cette forme chronique est surtout caractérisée anatomiquement par l'extension de la sclérose qui devient une sclérose pulmonaire, bronchique et pleurale et que rien ne peut faire présager. L'évolution se fait par poussées successives, souvent très espacées et séparées par des périodes de rémission parfois si complètes que l’on songe à une guérison inespérée. La flore microbienne est généralement multiple dans les crachats et le plus souvent très fétide. Nous avons vu qu'il s’agit souvent de germes développés secondairement dans les bronches, de sorte qu’un abcès primitivement non fétide, s’il passe à la chronicité aura tôt ou tard une allure fétide. Cela, nous l’avons vu, ne veut pas dire que les germes pathogènes de la cavité abcédée soient devenus différents ou plus nombreux. Kourilsky a ce sujet cite le cas d’un malade qu'il a observé et chez lequel, bien que l’expectoration fût fétide depuis très longtemps, la ponction directe de la poche donna, quatre ans après le début, du pus monomicrobien uniquement streptococcique, alors que l’expectoration contenait depuis longtemps déjà des germes multiples. La cavité de l’abcès n’avait donc pas été envahie par les autres germes pourtant si proches.
A côté de ces formes, Kourilsky distingue également des formes compliquées spéciales aux abcès putrides et assez différentes du tableau clinique habituel des abcès du poumon. Ce