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II. — FORMES ÉTIOLOGIQUES

Nous serons très brefs sur les formes étiologiques. Nous nous sommes suffisamment étendu lors de la discussion étiologique et pathogénique, pour maintenant ne faire que citer les principales formes étiologiques. Fétides ou non, les abcès du poumon se divisent, au point de vue étiologique, en abcès secondaires et en abcès primitifs.

À. Abcès secondaires. — Ce sont les moins fréquents, car l’étiologie des abcès du poumon est très difficile à saisir.

1° Les abcès emboliques, à notre avis, sont beaucoup plus fréquents qu’on ne le croit en France. Ils surviennent au cours de suppurations à distance, souvent même sans qu'il y ait eu intervention chirurgicale sur la région. On les observe notamment au cours de mastoïdites et d’appendicites surtout chez les enfants, après l’ablation d’amygdales si fréquemment pratiquées en Amérique, à la suite également d'interventions gastro-duodénales et génitales chez la femme.

2° Les abcès septicémiques ou mieux septico-pyohémiques, dans lesquels les germes pathogènes ont été charriés dans le torrent circulatoire et amenés ainsi au poumon, ne s’accompagnent pas forcément d’un état général septicémique.

30 Les abcès consécutifs à une infection propagée par voie lymphatique, telle l'observation de Coquelet rapportée plus haut.

40 Les abcès consécutifs aux infections bucco-rhino-pharingées propagées par voie bronchique descendante ne sont certainement pas aussi nombreux que Sergent le soutient. Leur existence a même été mise en doute par certains auteurs. Ces abcès ne forment certainement pas, à notre avis, la plus grande partie des cas d’abcès post-opératoires observés. Cette forme étiologique a certainement une plus grande fréquence dans les abcès putrides ou gangréneux que dans les abcès non fétides.

50 Les abcès post-pneumoniques ou post-bronchopneumoniques, que certains auteurs font entrer dans la catégorie précédente et pour lesquels on peut parfois parler d’abcès primitifs, en ce sens qu'ils peuvent être alors considérés comme survenant au cours d’une infection primitive du poumon.

60 Enfin les abcès secondaires à une dilatation bronchique primitive, à un cancer ou à une médiastinite sont assez fréquents.

7° Nous ne citerons que pour mémoire les abcès pulmonaires survenant au cours des maladiesinfectieuses et les abcès accidentels par plaies septique, corps étrangers ou intoxications par gaz.

B. À bcès primitifs. — Ce sont les plus nombreux, mais l’affection pulmonaire initiale n’est souvent primitive qu’en apparence et la véritable étiologie reste alors ignorée. Il existe cependant des cas où le poumon est néanmoins atteint primitivement, telles certaines pneumonies ou bronchopneumonies où l'atteinte pulmonaire paraît de toute évidence primitive. Il s’agit d’autres fois d’affections pulmonaires traînantes, mal définies, survenant chez des sujets pas toujours exempts de tares antérieures alcool, diabète, tuberculose, ce qui rend encore plus malaisée la recherche du début et des causes déterminantes.

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