POUCES TANT E
Totaux et moy. . . 148 29,2 20.0 0.7
Les faits qui précèdent nous montrent avec la plus grande évidence que l’azote du liquide qui baigne les racines a été attiré par les plantes; sous quelle forme s’y trouve-t-il, c’est ce qu'il reste maintenant à chercher.
Les observations de MM. Berthelot et André, de M. Dehérain, et de bien d’autres auteurs, nous enseignent que les plantes peuvent accumuler dans leurs tissus de grandes quantités de nitrates en nature ainsi qu’il a été dit plus haut; il doit en ètre de même dans nos expériences, mais il est vraisemblable aussi qu’une portion de l’azote nitrique absorbé est utilisée à la forma tion des organes du végétal. Il était donc bon de rechercher si une partie de l’azote nitrique absorbé persistait encore dans les plantes à son état primitif. S'il en était ainsi, on pourrait affirmer que
l'absorption est provoquée par une immobilisation particulière de l’azote nitrique dans la plante, et qu'elle ne doit pas être uniquement attribuée à l’insolubilisation de l’azote sous forme non diffusible telle que celle d’albuminoïde.
On a procédé au dosage de l'azote dans quelques-unes des cultures. On a déterminé:
1° L’azote nitrique, en épuisant par de l’eau chaude les plantes préalablement séchées, puis en dégageant l'azote à l’état de bioxyde d'azote;
2° L'azote organique par le procédé Kjeldahl, après élimination de l'azote nitrique.
Quelquefois on déterminait l’azote ammoniacal en faisant bouillir la matière avec de l’eau et de la magnésie calcinée, et en recueillant l’ammoniaque dans de l’acide sulfurique titré; il convient de remarquer toutefois que cette ammoniaque peut aussi provenir de certaines amides régénérant facilement le sel ammoniacal dont elles dérivent,
La somme de ces trois nombres représente l’azote contenu dans la récolte.
On déterminait d'autre part l'azote albuminoïde contenu dans un nombre de graines non germées égal à celui qui avait été mis en expérience (dans les graines il n’y a jamais que des traces d'azote nitrique); el enfin on connaissait, par la mesure et l’analyse du liquide restant, le poids d'azote nitrique absorbé pendant la vie des plantes.
La comparaison entre ces deux sommes montrait l’exaclitude des opérations.
Analyse des pois de l'expérience I.
gr.
Poids de 63 graines de pois sèches. . . . . . . . . .. 9 70 Poids de G3Éplantes seche TP PE 5 64 Peñterde !matièreiseche EI AMAR RE SE PEN 4 06 Perte de matière organique (perte brute + poids de ni-
trate de potasse absorbé), 4.06 + 0.33... . . . . . . 4 39 Azote organique des graines . . . . . . . . .. 0 410 , AZOeMIETLqUE A DEOL DE PER RRNEEEE 0 046 ee Azote organique de la récolle . . . . . ... .. 0 408 ) Azoteammoniacal (ou des amides) dans la récolte. 0 015 0 446 Azote nitrique dans la récolte . . : . . .. .. 0 023
I y a une légère perte qui peut tenir à ce que les graines mises en expérience n'étaient pas rigoureusement identiques à celles
soumises à l'analyse au début. Mais il est intéressant de voir que l’azote retrouvé n'excède pas l’azote des graines et l'azote nitrique absorbé ; il n’y a pas eu assimilation d’azote atmosphérique ; les racines étaient d’ailleurs dépourvues de nodosités. Par conséquent, comme nous l’avons signalé précédemment à propos de cetle culture, si les pois ont absorbé moins de nitrate que les maïs, cela peut être attribuable à ce que plus tard ces légumineuses étaient capables d'acquérir la facullé d’assimiler l'azote de l'air, mais certainement pas à ce qu’elles ont exercé celte fonction pendant la durée de cette expérience.
Nous constatons ensuite que la moitié de l’azote nitrique absorbé existe encore en nature dans les plantes ; notre hypothèse se trouve donc justifiée. Il y a lieu de remarquer aussi que la majeure partie de l'azote nitrique transformé n’est pas à l’état albuminoïde, mais se trouve à l'état d'ammoniaque ou d’amide, c'est-à-dire sous une forme relativement simple, et qui n’est vraisemblablement qu'une transition entre la forme initiale d’acide azotique et la forme finale d’albuminoïde, comme l'ont du reste montré les recherches de Loew.
Il y a eu perte d'environ 50 p. 100 de la matière sèche, fait qui est conforme à ce que nous savons sur la combustion énergique qui a lieu pendant la germination.
De pareilles conclusions peuvent se déduire de l'analyse de colzas d’une expérience semblable à l'expérience IV et dont les détails n’ont pas été donnés, les observations n'ayant eu lieu qu'à de longs intervalles.
gr.
Poids de 200 graines de colza (moins les enveloppes). . 0 741 Poids de la récolte{200 plantes)... 280 2. À 177 Gaintde matière seche Sn... ST SE ee 0 436 Gain de matière organique (gain de matière sèche —poids de nitrate de potasse absorbé) : 0.436 — 0.346 . . . . 0 090 Azote organique. des graines . . . . . . . . . . 0.018 Dvece AZOLe DITIQUE aDSOTDÉ. 2 1-1 Ut. un. 0.048 Azote-organique: de la-récolte”. .": 11: . 0.032 Azote ammoniacal ou.amidé. . . . . . . . . . 0.005 0 063 Azote nitrique dans la récolte. . . . . . . . . . 0.026
Ici, une notable fraction de l’azote nitrique est passée à l’état organique; ceci est naturel, car les graines de colza ne contiennent que peu d'azote, et il devait y avoir augmentation de la matière albuminoïde puisqu'il y a eu un léger gain de matière
sèche, ce qui n’a pas eu lieu ‘dans l'expérience T avec les pois. Pour les sarrasins de l'expérience V, on a obtenu les chiffres suivants :
gr.
Poids de 195 graines sèches (moins les enveloppes) .. 3 629 Poids des 195 plantes sèches de la récolte. . . . . . . 1 810 Perte TormatiIÈre (SÉCRC PRE : 1 819 Perte de matière organique (perte brute + poids de
nitrate de potasse absorbé : 1.819 + 0.218 . , , . . 21057 Azote organique des graines (moins celui des enve-
JODDES) ARS SE EEE 0.032 | 0.062 AZOGEMITTIQUES)SOTDÈS. CPAM NAN ENS 0.030 Azotesorcamiquesde la récOHeN SNMP 0.036 0:062 Arzotenitrique: dela récolte. L Su 0.027 1
À très peu près, l'azote de la récolte est égal à la somme de l'azote des graines ct de l’azote nitrique absorbé.
Sur 30 mg. 2 d'azote nitrique que les plantes ont pris, on en retrouve 27 non modifiés ; une faible fraction a été transformée ; ceci s'accorde bien avec ce fait qu'il n’y a pas eu de gain de matière sèche, puisqu'au contraire il y à une perte de plus de 50 p. 100. Les plantes n'étant pas à la période d'élaboration n’ont pas formé de matières albuminoïdes.