HISTORIQUE
tantes sur la pression qui existe à l’intérieur d’une cellule végétalet.
En somme, ces faits confirment et développent l'observation de Nägeli, mais ne nous renseignent pas encore sur le phénomène de l’absorption. Ce n’est qu’en 1886 que Pfeffer ? jeta une nouvelle lumière sur ce point par la publication de son travail sur l'absorption des couleurs d’aniline par les plantes, travail qui a été le point de départ de recherches de divers auteurs.
Reprenant Pexpérience de Nägeli, Pfeffer fit usage de solutions très étendues d’un grand nombre de couleurs d’aniline qu’il partagea en deux groupes distincts : celles du premier sont incapables de traverser la membrane protoplasmique; les autres, au contraire, pénètrent et arrivent au suc cellulaire; ainsi, le bleu de méthyl et le bleu d’aniline ne sont pas absorbés, tandis que le bleu de méthylène traverse le protoplasma. Presque toutes les couleurs qui pénètrent s'accumulent dans le suc cellulaire ; l’acide rosolique seul fait exception. Le protoplasma lui-même absorbe de la matière colorante et se teint; seul, le bleu de méthylène ne le colore pas. Il est à remarquer que le noyau reste incolore tant qu'il est vivant; lorsqu'il est mort, il fixe la couleur.
Pfeffer dit que l’accumulation peut avoir lieu sous trois formes : 1° la matière colorante arrivée dans le suc cellulaire se dépose sous forme de précipité; 2° elle reste en solution; 3° elle se fixe sur des corps préexistants. Ceci paraît signifier qu’il y a accumulation parce que la matière prend à l’intérieur du sac protoplasmique un état non diffusible, soit que ses propriétés physiques soient modifiées par la présence de certains corps, soit qu’elle contracte avec d’autres une combinaison colloïde. Si, par exemple, le suc cellulaire contient de l’acide tannique à l’état vésiculaire, la couleur y persiste à l’élat de tannate. En effet, les tannates de matières colprantes ne peuvent pas traverser la membrane protoplasmique; d’autres sels, le gallate, le citrate, peuvent pénétrer jusqu'au suc cellulaire.
Ce qui montre bien que l'accumulation est causée par la formation d’une combinaison non diffusible, c'est que lorsqu'on place dans de l’eau très faiblement acidulée des cellules ayant
1. Pfeffer. Physiologie, t. I, p. 54, Van’t Hoff, Archives néerlandaises, t. XX (1886), p. 245.
2, Botan. Institut zu Tübingen, 1886, t, Il, p. 119 et Physiologie.
absorbé de la matière colorante, l’acide pénètre peu à peu et provoque la diffusion externe de la couleur. La cause de la rétention existe loujours, car, une fois l'acide éliminé, de la matière colorante peut s'accumuler de nouveau à l'intérieur du sac protoplasmique.
Ces phénomènes s’observent encore lorsque la vie de la cellule est ralentie par une température de 0°, par l’absence d’oxygène, par la présence d’anesthésiques; même la mort du protoplasma ne les empêche pas d’avoir lieu, à la condition qu'il conserve ses propriétés osmoliques. (Comme, d’après De Vries, la mort du protoplasma modifie toujours ses propriétés osmotiques, l'accumulation par le protoplasma mori ne doit jamais se produire, Il est probable qu’il faut voir là un véritable phénomène de teinture.)
Si on place dans l’eau pure des cellules chargées de matière colorante, celle-ci persiste quelquefois dans le suc cellulaire; souvent elle diffuse lentement au dehors. Il nous semble assez difficile de faire accorder cette expérience avec les précédentes sur l'accumulation de la couleur.
L'intérêt qui s'attache à ces recherches est considérable; on voit de suite les conséquences que l’on peut en déduire au point de vue de l’absorption des matières nutritives par les végétaux. Cependant, on est en droit de se demander s’il est permis d’assimiler des sels minéraux à des malières colorantes, qui sont des corps très condensés, à poids moléculaire très élevé, et que l’on est habitué en teinture à voir se fixer sur des substrala inertes.
Les observations de Pfeffer furent bienlôt suivies d’autres dont l'application est plus immédiate, et la perméabilité du protoplasma, que De Vries n'avait pas observée au début, ne tarda pas à être démontrée.
C'est ce que les expériences de plasmolyse permirent de voir à Klebs' pour la glycérine, à De Vries lui-même? pour la glycérine et pour l’urée, à Janse* pour le salpêtre et le sel marin. Une des expériences les plus typiques fut donnée par Famitzin, qui plaça des spirogyres dans une solution de nitrate de polasse à