ABSORPTION DU BROMURE ET DE L'IODURE DE POTASSIUM
Si l’on rencontre toujours des chlorures en plus ou moins fortes quantités chez les plantes terrestres, il n’en est pas de même des
bromures et des iodures.
Etant donné que les chlorures sont aisément pris par les plantes, il était curieux de voir comment se comporteraient le bromure et l'iodure de potassium.
TABLEAU XXIV. — Absorption du Bromure de Potassium par des Colzas.
265 plantes, 100 cc. de solution contenant 25 milligr. de chlore.
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les colzas ont pris le bromure de potassium de façon à appauvrir la solution ; les poids de brome absorbés sont constamment supérieurs à ceux qui l’auraient élé si la solution était entrée sans modification dans les plantes; comme les nombres sont plus forts que la réalité à cause de l’évaporation par la surface libre du liquide, les différences sont encore plus grandes que ne l’indiquent les chiffres du tableau.
Les plantes n’ont nullement souffert de cet aliment anormal. En vingt-sept jours elles ont pris 18 mg. 6 de brome, soit un peu moins que les colzas du tableau XXIT n'ont pris de chlore dans le mème temps, 24 mg. 1.
Iodure de potassium. — Ce sel a eu au contraire des effets fâcheux pour la culture XXV. Les poids d’iode absorbés sont faibles et voisins de ceux qui correspondent à l’évaporation, inférieurs même à partir du 9° jour. Plus tard, l'absorption a cessé, les plantes ont perdu leurs feuilles et sont mortes en peu de temps.
Tandis que le bromure de potassium se comporte comme le chlorure, est bien absorbé, et, à la dose offerte, ne s’est pas montré toxique, l’iodure de potassium, au contraire, ne pénètre que difficilement dans les plantes et ne tarde pas à se montrer nuisible. Il y a là une distinction à faire entre les végétaux terrestres
et les végétaux marins : nous savons, en effet, que les fucus renferment toujours de petites quantités d’iode, qui d’ailleurs n’y est pas à l’état d’iodure, mais est assimilé et entre comme constituant d'une substance organique stable de la plante ‘.
TABLEAU XXV. — Absorption de l'Iodure de Potassium par des Colzas.
265 plantes, 100 cc. de solution renfermant 20 milligr. d’iode.
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Le degré de concentration a, au reste, une grande influence. Ainsi, Knop* a montré que des plantes végètent bien dans des solutions nutritives renfermant de faibles doses de bromure ou d’iodure. Si les proportions s'élèvent, l’iodure ne tarde pas à devenir nuisible, mais pour arriver au même résultat avec le bromure il faut accroître notablement la proportion de ce sel.
1. M. A. Gautier vient de démontrer que dans l’eau de mer, du moins vers la surface, l’iode est à l’état de composés organiques ; il n’est donc pas licite de comparer l’action des iodures sur les plantes terrestres à celle de l'iode sur les plantes marines. C. R.,t. CXXVIIIL, p. 1069 et t. CXXIX, p. 9.