CONCLUSIONS A
Si les mélaux non toxiques sont absorbés aussi bien les uns que les autres, le sodium comme le potassium, et si les chlorures sont pris aussi rapidement que les nitrates, comment s'expliquer la composition des plantes terrestres, qui renferment infiniment plus de potasse que de soude et beaucoup moins de chlore que d'azote nitrique? La composition du milieu où vivent les racines a une influence considérable, mais ne suffit pas pour élucider ce point d’une façon satisfaisante.
L’explication cherchée se trouve dans ce fait que les végétaux sont capables d'exercer un choix parmi les substances qu'elles ont à leur disposition : dans un mélange de chlorure et de nitrate elles prennent plus d’azote nitrique que de chlore, et tandis que le liquide s’appauvrit en nitrate, il s'enrichit en chlorure; entre le potassium et le calcium, le choix porte sur le premier métal; enfin, chose remarquable, en présence du potassium, le sodium peut être complètement laissé de côté, tandis que le calcium n’empêche pas l'absorption de sodium.
Il me reste, en terminant, à exprimer à mon cher maître, M. Dehérain, ma profonde reconnaissance pour les conseils et les encouragements qu’il m'a prodigués au cours de ce travail. C’est à lui que je dois de pouvoir ajouter quelques points à ce sujet de la nutrition minérale des plantes, sujet qu’il avait si magistralement traité il y a maintenant plus de trente ans.
Vu et approuvé :
Paris, 26 juillet 1899.
Le doyen de la Faculté des sciences, DARBOUX.
Vu et permis d'imprimer, Le vice-recleur de l'Académie de Paris, GRÉARD.