CONCLUSIONS
L'abondance des nitrates dans les végétaux à certaines époques de leur existence s'explique par la rapidité avec laquelle ces sels sont saisis même dans des solutions très étendues. Les nitrates ainsi absorbés sont retenus par la plante et soustraits à l’action des dissolvants extérieurs; mais celte propriété est liée à la vie de la plante : lorsque celle-ci est tuée, elle laisse immédiatement diffuser au dehors les nitrates qu’elle renferme.
Lorsque le métal avec lequel l’azote nitrique est uni n’est pas : toxique, sa nature n’a pas d'influence sur l’absorption; à la condition d’être présenté isolé, le nitrate de sodium est aussi bien absorbé que celui de potassium, les nitrates de calcium et de magnésium sont pris aussi aisément que ceux de potassium el de sodium. Au contraire, les nitrates de lithium, de strontium et de baryum ne sont absorbés qu’en très faible quantité et font rapidement sentir leurs effets nuisibles.
De ce que les plantes absorbent aisément l’azote nitrique et que celui-ci est nécessaire à la formation de leurs albuminoïdes, faut-il conclure qu'il y a là quelque chose de particulier et que cetle absorption est due à une propriélé spéciale du protoplasma vivant, accumulant en quelque sorte les matériaux nécessaires à l'évolution de la plante, ou bien celte propriété d’accumulation s’observe-t-elle non seulement sur des sels utilisables, mais aussi sur des composés inutiles?
Il est facile de constater que les chlorures se comportent absolument comme les nitrates; ils sont absorbés de la même facon par les plantes, et retenus de même par les propriétés du protoplasma vivant. Et cependant, le rôle que joue le chlore dans le développement des végétaux, si toutefois il existe, est loin d’avoir limportance qu’exerce l’azote nitrique.