‹ Absorption par les plantes de quelques sels solublesChapitre 8 sur 59 · NITRATE DE POTASSIUM · texte numérisé non relu

NITRATE DE POTASSIUM

Pois. — Le tableau I renferme les résultats relatifs à une culture de pois dont les racines baignaïent dans une solution de nitrate de potassium ; il donne les quantités d'azote nitrique contenues dans 50 c.c. de liquide à diverses époques.

TABLEAU I. — Absorption du Nitrate de potassium par des Pois. 63 plantes, 250 c.c. de liquide renfermant 58 milligr. d’azote,

AZOTE NITRIQUE contenu dans 50 c.c. de liquide.

milligr.

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Dès le début, la teneur du liquide en azote diminue et l’abaissement de la concentration se manifeste d’une facon continue; le sel est pris en plus grande raison que l’eau. Les variations sont sensibles mais assez faibles ; l’absorption de nitrate se fait lentement. Il est possible que les pois ne soient pas très avides de nitrate; appartenant à la famille des légumineuses et pouvant à un certain moment assimiler l’azote atmosphérique, ils n'ont pas besoin d’accumuler l'azote nitrique, quoique, comme nous le verrons plus loin, il n’y ait pas eu assimilation d'azote libre pendant la durée de cette expérience.

Le vase, avec la culture qu’il portait, n’a été pesé que lorsqu'on a mis fin aux observations; nous ne pouvons donc connaître que le poids total d'azote absorbé. L'évaporation a été de 165 grammes pendant ces cinquante-six jours; les 80 c.c. de liquide restant contiennent encore 12 mg. 2 d’azole ; l'absorption a donc été de 45 mg. 8. Or, si la solution pénétrait dans les plantes sans aucun changement, si le poids de sel absorbé dépendait uniquement de la transpiration, notre culture n’aurail pris que ce qui est con-

tenu dans 165 grammes de solulion, c’est-à-dire 38 mg.3 d'azote, sensiblement moins que ce qui a été pris en réalité. Dans ce cas même, cette absorption calculée est trop forte; cette première expérience est la seule pour laquelle le liquide présentait une surface libre non négligeable et a dû par suite cote passablement à l'évaporalion.

Il ya donc bien indépendance entre le dissolvant et le corps dissous, comme l’avait vu De Saussure, mais en sens inverse. Ainsi que l'avaient signalé Wolf puis M. Dehérain, dans certains cas le sel pénètre dans les plantes plus rapidement que l’eau.

Maïs. — Le tableau n° II donne des chiffres qui se rapportent à une culture de maïs dans du nitrate de polassium. Ici le vase a été pesé chaque fois que le liquide à été analysé; on peut donc calculer le poids d’azote absorbé dans l'intervalle des observations ; ces nombres se trouvent dans la cinquième colonne. L’avantdernière colonne indique l'absorption moyenne par jour dans l'intervalle des analyses. En outre, on a calculé les poids d'azote nilrique qui auraient élé pris par les plantes si la transpiration avail seule été en jeu (quatrième colonne). Ces nombres ne sont que très légèrement trop forts, le liquide lui-même n'a évaporé que très peu d’eau. On peut ainsi comparer ces nombres à ceux qui représentent réellement Pazote absorbé.

TABLEAU II. — Absorption du Nitrate de Potassium par des Maïs.

300 c.c. de liquide renfermant 70 milligr. d'azote.

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Nous constatons d’abord que, comme dans l'expérience précé-

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dente, la concentration diminue, mais plus rapidement; mème il arrive un moment où le liquide est absolument privé de nitrate, la diphénylamine n’y produit plus de coloration. Il est possible que cet épuisement ait eu lieu avant le 41° jour.

D'autre part, en comparant l'absorption réelle à l’absorption qui correspondrait à l’évaporalion seule, on voit quelle disproportion existe entre les deux séries de chiffres : les poids d'azote absorbés sont bien supérieurs à ceux qui seraient entrés dans les plantes si la transpiration avait seule causé celte absorption. Dans la dernière colonne du tableau, nous donnons le rapport du poids d'azote réellement absorbé à celui qui serait pris si l'évaporation avait seule été en jeu. Ce rapport est ici toujours supérieur à l'unité el atteint quelquefois des valeurs considérables, mais extrèmement variables. Cette variabilité doit tenir à ce que l’absorption, comme nous le verrons, dépend de plusieurs facteurs : transpira- Uion, concentration du liquide, dimensions du sac protoplasmique, et proportion de sel déjà contenu dans le suc cellulaire. La transpiration augmente à mesure que les plantes avancent en âge, les dimensions des cellules croissent aussi, ainsi que leur nombre; d'autre part, le suc cellulaire est de plus en plus riche en nitrate, et la concentration du liquide diminue. Les deux premières causes tendent à augmenter l’absorption, les deux dernières à la diminuer ; il est donc normal que les nombres en question soient très variables; dans l'expérience résumée au tableau IT ils présentent un maximum le 25° jour.

Au total, 70 mg. d'azote ont été absorbés; 15,7 seulement auraient été pris si le nitrate n’avait pas été indépendant du dissolvant; dans ce cas il devrait rester encore 54 mg. 3 d'azote dans le liquide, tandis qu'il a complètement disparu.

Il existe donc entre le nitrate de potassium et les tissus des plantes une attraction, de quelque nature qu’elle soit, assez puissante pour que le sel soit pris jusqu’à la dernière trace sans que l’eau le suive dans son mouvement.

Une autre expérience sur les maïs a été suivie de beaucoup plus près ; les résullats en sont rapportés dans le tableau IL.

Pour le simplifier un peu, on a omis quelques observations en tous points semblables à celles qui y sont consignées. Très souvent le liquide était complètement renouvelé après l'analyse ; on fournissait alors 450 c. c. de solulion renfermant 30 milligr. d'azote ; une

73 plantes. — 150 c.c. de liquide renfermant 30 milligr. d’azote nitrique.

Liquide renouvelé É

Liquide renouvelé. db:

Liquide renouvelé. : :

Substitué solution de concentration double

La cage vitrée est enlevée. .

Cage remise ; liquide renou-

Mis en plus 50 c.c. même liquide

Mis en plus 50 cc. même liquide

La cage vitrée est enlevée. .

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